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Membre

CHAUVEAU Auguste

Membre étranger honoraire

6e Section

Lieu de naissance : Villeneuve-le-Guyard (France)
Date de naissance : 21/11/1827
Lieu de décès : Paris (France)
Date de décès : 04/01/1917
  • Affiliation principale : Docteur en médecine vétérinaire
  • Election membre : 26/10/1867
  • Honorariat : 27/10/1877
Notice biographique :

(Jean-Baptiste Auguste)

extrait du (Du Jardin au Muséum en 516 biographies de Philippe Jaussaud et Édouard-Raoul Brygoo (dir.), Publications scientifiques du Muséum 2004)

Fils d’un maréchal-ferrant de l’Yonne, Auguste Chauveau étudia à l’école primaire de son village, puis au petit séminaire d’Auxerre. Il n’alla pas jusqu’au baccalauréat, car il intégra en 1844, dès la fin de sa classe de troisième, l’école vétérinaire d’Alfort, dont il sortit major et diplômé quatre ans plus tard. Nommé en 1848 chef du service d’anatomie de l’école vétérinaire de Lyon, Chauveau devint dans le même établissement professeur titulaire de la chaire d’Anatomie et physiologie en 1863. Il noua, au cours de cette période, des liens étroits avec le milieu médical lyonnais et établit une fructueuse collaboration avec Étienne-Jules Marey. Sa renommée s’accrut ensuite au sein de la communauté scientifique nationale ou internationale. Durant le conflit franco-prussien de 1870, Chauveau s’engagea comme volontaire dans l’ambulance de son ami le chirurgien Léopold Ollier. Il fut nommé directeur de l’école vétérinaire de Lyon en 1875 puis, sa chaire au sein de l’établissement ayant été dédoublée un an après, il conserva la physiologie, son collègue Saturnin Arloing prenant l’anatomie. En 1877, Chauveau soutint sa thèse de docteur en médecine, ce qui lui permit de devenir la même année professeur titulaire de la chaire de Médecine expérimentale et comparée de la nouvelle faculté de médecine et pharmacie de Lyon. Il dut faire face au printemps 1881 à une mutinerie des étudiants vétérinaires dirigée contre lui, mais le conflit fut heureusement réglé par le ministre de l’Agriculture de l’époque.

En 1886, Chauveau succéda à Henri Bouley décédé comme inspecteur général des écoles vétérinaires, membre de l’Académie des sciences et professeur titulaire de la chaire de Pathologie comparée au Muséum. Il dut donc quitter Lyon pour la capitale, entamant avec ardeur la seconde phase de sa carrière. Au cours de l’année 1891, il fut nommé membre d’une commission chargée de faire au ministre un rapport sur le Muséum. La mort de sa femme, survenue en 1893, écarta Chauveau de son laboratoire pendant plus d’un an, mais il surmonta le choc et se remit au travail. Devant normalement prendre sa retraite du Muséum à l’automne 1902, il obtint une prolongation de son poste jusqu’en 1914. Ses derniers jours dans l’établissement furent marqués par des difficultés matérielles, ainsi que des conflits avec ses collègues. Ceux-ci reprochaient à Chauveau une négligeance des devoirs de sa charge et des absences – assorties de demandes de suppléances – répétées. Edmond Perrier*, alors directeur du Muséum, dut même le défendre en 1908 devant une commission sénatoriale. Chauveau poursuivit sa fréquentation des sociétés scientifiques jusqu’en 1916, puis s’achemina doucement vers sa fin. C’est en pleine première guerre mondiale qu’il mourut des suites d’une infection urinaire, dans sa quatre-vingt-dixième année. Son corps, momentanément déposé à Notre-Dame, fut transféré après la fin du conflit à Lyon, où eurent lieu des funérailles solennelles. Le vétérinaire se trouva être le dernier titulaire de la chaire de Pathologie comparée du Muséum, supprimée après son décès.

Chauveau, qui portait une longue moustache gauloise, impressionnait par sa haute taille. Travailleur infatigable, habile expérimentateur, il fut toujours, selon ses biographes, un chercheur et un chef plus qu’un enseignant. Les étudiants de l’école vétérinaire de Lyon se plaignirent de sa dureté, ainsi que de son dédain des charges pédagogiques. Chauveau fut pourtant un homme sensible, attaché à ses disciples, et dans la seconde partie de sa vie il prit le goût des discours publics. Ajoutons que cet homme pieux entretenait sa robuste santé grâce à une pratique régulière du sport. De son union avec la veuve du chirurgien lyonnais Bertholus étaient nés plusieurs enfants.

L'œuvre scientifique de Chauveau, d’une grande valeur, donna naissance à plus de deux cent cinquante publications et trois ouvrages. Elle concerna l’anatomie, la physiologie, ainsi que la pathologie infectieuse. Il publia un Traité d’anatomie comparée des animaux domestiques (1855) qui connut cinq éditions, Saturnin Arloing et François-Xavier Lesbre ayant collaboré aux dernières. En physiologie, Chauveau inventa la plupart du temps les instruments nécessaires à ses investigations, comme son hémodromomètre. Il élucida chez le cheval, d’abord avec Joseph Faivre puis avec Étienne-Jules Marey, la mécanique circulatoire du cœur, précisant les différentes phases de la révolution cardiaque. Il démontra également le mécanisme des bruits de souffles cardio-vasculaires ou respiratoires, étudia la circulation artérielle, les fonctions de la moelle épinière, l’origine réelle des nerfs crâniens, la vitesse de l’influx nerveux, la physiologie de la vision, le rôle du sucre dans la vie animale et l’énergétique musculaire. Ce dernier thème, qui fit de Chauveau le fondateur de la bioénergétique, occupa les trente dernières années de la carrière du vétérinaire - donc sa “période Muséum”.

36En pathologie infectieuse, Chauveau fut de ceux qui annoncèrent l’œuvre de Louis Pasteur : adepte de la non-spontanéité des maladies virulentes, il démontra la nature corpusculaire des agents de la contagion. Chauveau s’intéressa par ailleurs aux mécanismes de l’immunité et à l’atténuation des germes, mettant au point un vaccin anticharbonneux. Il fit des recherches sur de nombreuses maladies, comme la vaccine, la peste bovine, la septicémie puerpérale, la pyohémie, la gangrène gazeuse ou la tuberculose. Dans ce dernier cas, le vétérinaire démontra l’identité des affections humaine et bovine, ainsi que la possibilité de contagion par voie digestive. Enfin, le laboratoire de Pathologie comparée étant inexistant au Muséum lors de son arrivée, Chauveau fit construire sur ses indications un nouveau bâtiment.
Sources

Dossier personnel (Archives nationales, AJ15, no 555).
Bibliographie

Arsonval (Arsène d’), [s.t.], Comptes Rendus hebdomadaires des Séances de l’Académie des Sciences, vol. 164, no 2, 1917, pp. 65-67.

Lesbre (François), Notice sur la vie et les travaux de J.-B.-A. Chauveau, Lyon : Rey, 1917, 36 p.

Mc Cusick (V), “Chauveau, Jean-Baptiste Auguste”, in Gillispie (Charles) (sous la dir.), Dictionary of Scientific Biography, New York : Charles Scribner’s Sons, 1971, vol. 3, pp. 219-220.

Magne (Henry), “L'Œuvre scientifique de Chauveau”, Recueil de Médecine vétérinaire, vol. 93, no 5, 1917, pp. 101-121.

Monod (Hugues), “J.-B. A. Chauveau, biologiste (1827-1917)”, Communication présentée à la séance du 13 décembre 1986 à la Société française d’histoire de la médecine, pp. 461-473.

Legée (Georgette), “La Chaire de Pathologie comparée du Muséum national d’histoire naturelle et l’œuvre de A. Chauveau”, Histoire et Nature, no 8, 1976, pp. 53-88.

Pitois (Claire), Chauveau : sa vie, son œuvre anatomique et physiologique, thèse de doctorat vétérinaire, Lyon : université Claude Bernard Lyon I, 1998, 227 p.

PJ

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