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Membre

WELSCH Maurice

Membre belge titulaire

4e Section

Lieu de naissance : Liège
Date de naissance : 20/12/1910
Lieu de décès : Liège
Date de décès : 11/02/1986
  • Spécialité : microbiologie
  • Affiliation principale : Professeur à l'université de Liège, Recteur de la même institution;
  • Election membre : 27/06/1959
  • Titularisation : 30/06/1962
  • Fonction académique : Président-e / Année : 1977

Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire manuscrit soumis à l'Académie par M. M. Welsch, de Liège, sous le titre : "Recherches sur l'origine de la résistance microbienne à la streptomycine"

La Commission était composée de MM. R. Bruynoghe, rapporteur, et E. Renaux, Membres titulaires.

            Le travail de M. M. Welsch a pour objet l’origine de la résistance microbienne à la streptomycine. En réalité, ses recherches portent exclusivement sur la résistance des staphylocoques à cet antibiotique.

            Ses résultats, en confirmation de ceux enregistrés par d’autres auteurs établissent que la culture pure d’un microbe donné n’est pas constituée d’éléments tous identiques entre eux, mais qu’elle contient ou du moins peut contenir des germes plus ou moins différenciés au point de vue de la résistance vis-à-vis de l’antibiotique en question. En d’autres termes, l’auteur se déclare partisan convaincu de la résistance acquise par sélection : toute culture contient, par l’effet des mutations survenant au cours du développement microbien, quelques rares éléments résistants qui, en présence de l’antibiotique, continuent à se multiplier pour fournir finalement des cultures résistantes, les éléments non résistants ayant été progressivement éliminés dans les cultures développées en présence de streptomycine.

            Les expériences de l’auteur établissent de façon évidente que ce mécanisme intervient dans la genèse des souches résistantes et, par des numérations soigneusement exécutées, il détermine le nombre d’éléments résistants dans les cultures du départ.

            Sans nier l’influence éventuelle de l’adaptation dans la genèse des souches résistantes, l’auteur ne l’envisage pas. Nous pensons qu’il est difficile d’établir une intervention comme il est impossible de l’exclure.

            L’adaptation est une propriété que tous les êtres vivants possèdent et il serait assez inattendu que les microbes ne l’aient pas.

            Dans la deuxième partie de son mémoire, M. M. Welsch étudie les propriétés des cultures résistantes à la streptomycine et il constate qu’elles sont homogènes, c’est-à-dire exclusivement constituées de germes résistants. Il est toutefois parfaitement possible – et l’auteur l’admet d’ailleurs aussi – que ces cultures développées en milieu ordinaire (sans antibiotique) contiennent quelques mutants redevenus sensibles, éléments que les méthodes de culture ne permettent pas de mettre en évidence.

            L’auteur signale aussi qu’en milieu de culture ordinaire, les germes résistants se développent sensiblement à la même vitesse que les éléments non résistants. Chose curieuse, quand on mélange la culture résistante et la culture sensible et que l’on repique ce mélange en série dans des milieux ordinaires, c’est-à-dire sans streptomycine, on obtient à la longue des cultures qui ne possèdent plus, comme les cultures originelles, que de très rares coques résistantes.

            Il n’en est évidemment pas de même quand les repiquages de ce mélange se font dans des milieux additionnés de streptomycine : dans ce cas, les germes sensibles disparaissent et seuls les germes résistants se développent.

            On ne comprend pas comment le mélange de cultures résistantes et de cultures ordinaires finissent par fournir dans les subcultures en milieu ordinaire des cultures constituées quasi exclusivement de germes non résistants.

            Des recherches faites par Voureka dans le laboratoire de Flemming semblent indiquer que les cultures résistantes sont telles parce qu’elles ont perdu leurs récepteurs pour l’antibiotique en question et qu’en culture avec les germes ordinaires pourvus des dits récepteurs, elles peuvent de nouveau s’en munir et devenir de ce chef réceptives.

            On est assez tenté d’invoquer un phénomène plus ou moins analogue pour expliquer les résultats obtenus par l’auteur.

            La Commission estime que le travail de M. M. Welsch apporte des éléments intéressants concernant la question des antibiotiques. Elle propose d’adresser des remerciements à l’auteur et de publier son mémoire dans le Bulletin de l’Académie.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 28 octobre 1950.

Notice par J. Lequime le 22 février 1986 (Bulletin). Eloge par J.M. Ghuysen et M. Reginster le 28 février 1987 (Bulletin)

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