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Membre

DE BARSY Thierry

Membre belge honoraire

2e Section

Lieu de naissance : Berchem (Anvers)
Date de naissance : 22/01/1941
Lieu de décès : Anvers
Date de décès : 14/12/2016
  • Spécialité : Neurologie - Neurosciences - Réadaptation.
  • Affiliation principale : Professeur à l'Université catholique de Louvain
  • Election membre : 27/11/1993
  • Titularisation : 27/05/2000
  • Honorariat : 22/01/2016
  • Fonction académique : Président-e / Année : 2007
Notice biographique :

Diplômé docteur en médecine en 1965, il est reconnu spécialiste en neuropsychiatrie en 1969 après avoir bénéficié d’une formation neurologique et neuropathologique chez le Professeur Baron van Bogaert à l’Institut Bunge à Anvers. Avec un mandat du FNRS, il retourne à l’UCL dans le laboratoire du professeur Christian de Duve, sous la direction du professeur Géry Hers. Il travaille, en particulier les glycogénoses et rédige une thèse d’agrégation  sur la maladie de Pompe, thèse défendue à l’UCL en 1976.

Entre 1969 et 1980, il gravit tous les échelons du FNRS, pour terminer maître de recherches.

Il sera nommé professeur ordinaire à la faculté de médecine de l’UCL en 1965.

Depuis 1980 à 2004, il sera d’abord responsable de la section des adultes puis coordonnateur général et directeur médical du centre neurologique William Lennox à Ottignies .

En 1990, il est administrateur et directeur scientifique de la Fondation Médicale Reine  Elisabeth. En 1993, membre correspondant, en 2000 membre titulaire  et 2007 il est président de l’Académie royale de médecine de Belgique. Il est membre »fellow » de l’Académie Américaine de Neurologie. Membre de plusieurs sociétés scientifiques, il a été président de la Soc. Belge de Neurologie en 1984,de la Ligue contre l’épilepsie de 1977à 2004,président de la commission ministérielle d’agrément en neurologie , représentant de la Belgique à l’union européenne des médecins spécialistes en neurologie (UEMS) durant plus de 10 ans et actuellement membre de la commission de reconnaissance des médecins spécialistes en réadaptation .

Il a publié plus de 140 publications dans des revues nationales et internationales.

Fidèle à la devise familiale »primum servire », il consacre une grande partie de ses loisirs à activer et dynamiser des associations de patients et de famille ainsi que plusieurs œuvres caritatives.

Éloge académique du Professeur Thierry de Barsy, a été prononcé par le Professeur Jean-Marie Maloteaux (UCL), membre associé, le 25 mars 2017

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

Monsieur le Président,

Chère Madame de Barsy, chère Anne-Marie,

Chères Chantal, Marie, vos familles et vos proches,

Chers amis et collègues du Professeur de Barsy,

Mesdames, Messieurs,

Le Professeur Thierry de Barsy est décédé le 14 décembre 2016, de façon brutale, nous laissant tous surpris et profondément tristes : surpris car il était dynamique, plein de projets et d’énergie, profondément tristes car dans sa carrière et aux yeux de tous ceux qui le connaissaient il était brillant, humain et généreux, il occupait tant de place, il laisse tant de vide. C’est un honneur pour moi de lui rendre hommage, au nom de l’Académie de Médecine, et d’évoquer sa carrière et sa personnalité.

Le Professeur de Barsy est né à Berchem-Anvers, le 22 janvier 1941, il est le descendant d’une famille dont on trouve la trace dès le XVème siècle dans la région de Namur et Ciney. *Dans la petite église romane Notre Dame du Mont Carmel à Strud, près de Gesves, se trouvent des pierres tombales et sépultures de ses ancêtres. Dans ce village, un hameau, un ruisseau et un château-ferme classé portent le nom de Barsy. C’est là, sur la terre des de Barsy, au cimetière d’ Haltinne, qu’il repose.

Thierry de Barsy, fut élève au collège de Marche. A l’âge de 16 ans, il est atteint de poliomyélite, il doit être trachéotomisé en urgence et reste plus de deux mois en respiration assistée. Lors d’une panne électrique du « poumon d’acier » il doit sa survie aux réflexes rapides des infirmières qui l’ont ventilé. De cette polio il a gardé quelques séquelles motrices et des difficultés pour parler et respirer qui nécessiteront des mois de revalidation. En 1958, bien rétabli, il s’oriente vers les études de médecine et obtient son diplôme de docteur en médecine à l’UCL en 1965. Sur les bancs de l’Université il rencontre sa future épouse, Anne-Marie de Cannart. *Ils se marient en 1965, et durant 51 ans ils seront inséparables. Tous deux se spécialisent en neurologie (en neuropsychiatrie à l’époque). Thierry de Barsy et son épouse vont bénéficier d’une formation neurologique et neuropathologique exceptionnelle chez le Professeur Ludo van Bogaert à Anvers, en particulier à l’Institut Born-Bunge. Dans cet Institut, qui sera ensuite rattaché  à l’Université d’Anvers, le Docteur de Barsy sera formé à la clinique, à la génétique qui en est à ses débuts, à l’anatomopathologie et à des techniques de biochimie.

Thierry de Barsy fut reconnu spécialiste en neuropsychiatrie en 1969. Son très bon curriculum va lui permettre d’entreprendre une activité de recherche au Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS) dans le domaine des maladies métaboliques dont les caractéristiques et la classification progressent beaucoup fin des années 60.  Il rejoint le laboratoire du professeur H.-G. Hers à Louvain* où il va côtoyer les pionniers de l’étude des maladies lysosomiales*, les Professeurs C. de Duve, J. Berthet, L. Hue, A. Trouet, F. Van Hoof et bien d’autres chercheurs renommés. A l’Institut qui deviendra l’Institut de Duve, Thierry de Barsy travaille sur la maladie de Pompe et publiera à ce sujet plus de 100 articles scientifiques. Il présente sa thèse d’agrégation, défendue à l’UCL en 1976. Ses travaux scientifiques ouvriront la voie de la thérapie enzymatique de ces affections qui est d’application depuis environ dix ans et qui permet actuellement de sauver les jeunes enfants qui en sont atteints. Entre 1969 et 1980, il gravit  les échelons du FNRS, pour terminer Maître de recherches tout en poursuivant ses activités à l’Université catholique de Louvain où il est nommé Professeur ordinaire. Il supervisera l’activité de dosages enzymatiques dans les glycogénoses durant de nombreuses années. Cette activité sera ensuite reprise par le Prof Emile van Schaftingen, qui est actuellement le Directeur de l’Institut de Duve (anciennement ICP).*

En 1980, pressentant le développement de la revalidation neurologique chez des patients cérébrolésés et soucieux d’appliquer ses connaissances neurologiques au service des patients il envisage d’orienter sa carrière vers une activité de clinique neurologique, en particulier de revalidation. Il devient responsable de la section neurologie adulte du Centre Hospitalier Neurologique William Lennox lors du rapprochement entre ce Centre et les Cliniques universitaires Saint Luc. Neurologue, revalidateur le Professeur de Barsy deviendra Directeur médical de 1990 à 2004. Il restera par ailleurs consultant aux Cliniques St Luc jusqu’en 2009.

Membre de la Société belge de Neurologie, il en a été le Président en 1984. Il fut membre et Président de la Commission de reconnaissance en Neurologie et membre de la Commission de reconnaissance des médecins spécialistes en revalidation du handicap. Il  était membre du Comité d’éthique de l’UCL et des Cliniques Saint Luc et membre depuis 2004 du comité d’éthique du centre William Lennox.

Membre de l’Académie Royale de médecine depuis 1993, il en a été le Président en 2007. Fidèle aux réunions il était encore présent à la séance du 10 décembre 2016, quatre jours avant son décès, séance où l’un des sujets concernait les neurosciences et les maladies neurologiques auxquelles il a consacré sa vie professionnelle.

Le Professeur de Barsy s’est toujours impliqué dans la recherche en neurologie. Entre 1990 et 2016,  il fut Directeur scientifique puis Président de la Fondation Médicale Reine Elisabeth.* Pendant 26 ans, il fut extrêmement actif au sein de cette Fondation pour encourager la recherche en neurosciences. A la Fondation, Il a contribué à aider de nombreuses équipes de recherche dans notre pays, il a recherché des mécénats et organisé de nombreuses réunions scientifiques. Avec la Présidente d’honneur Son Altesse Royale la Princesse Astrid, il a visité la majorité des laboratoires de recherche en neurosciences en Belgique et ils y ont ensemble félicité l’excellence des travaux réalisés.

Titulaire de nombreuses distinctions, Grand Officier de l’Ordre de la Couronne, Grand Officier de l’Ordre de Léopold, et bien d’autres, il n’en parlait pas, il ne s’en ventait pas. Il fut élevé au titre de Baron par le roi Albert II. Après avoir pris sa pension il est resté extrêmement actif dans de nombreuses associations, toujours bénévole et au service des autres.

Le Professeur de Barsy voulait avant tout servir son Université, l’Université de Louvain, son Alma Mater. Il le fit encore récemment : avec  l’Ordre de Malte et l’œuvre du Calvaire, dont il était co-adjuteur,  il a contribué à développer les activités en soins continus et palliatifs à l’Institut Roi Albert et Reine Elisabeth, sur le site de l’UCL,  en accordant des financements aux médecins et chercheurs dans ce domaine et surtout en créant une Chaire en soins palliatifs dont il était très fier.

Thierry de Barsy était un homme simple, mais il aimait les belles choses.* J’ai voyagé plusieurs fois avec lui et il aimait rapporter quelques beaux objets, une belle montre pour ses filles, un beau livre, une pièce d’artisanat local. Il aimait les belles cravates, les beaux vêtements. Un de ses beaux-frères disait de lui, et Chère Madame de Barsy vous m’avez autorisé à le répéter,  qu’il était toujours « fringué comme un Milord ». Oui, c’était un Milord, grand, élégant, sourire en coin, un clignement de l’œil droit, décontracté, veste lignée et pochette, le pas rapide et les mains croisées dans le dos, parfois même un cigare aux lèvres…. C’était un homme calme, je l’ai connu et côtoyé de nombreuses années, je ne l’ai  jamais vu en colère ou énervé ; il avait aussi le flegme du Milord.

Dans le cercle familial, Thierry de Barsy était un homme modeste et attentif. Ses nombreux beaux-frères et belles sœurs le considéraient comme le pilier de la famille, il était l’un des plus âgés, c’est à lui qu’on demandait conseil. Il était très fier de ses enfants et petits-enfants.* Son épouse et lui-même ont eu deux filles Marie et Chantal et cinq petits-enfants.* Ses enfants se souviennent particulièrement d’un homme bon et homme de devoir mais aussi proche de la nature. *Il aimait s’occuper des oiseaux du jardin, des chiens de ses filles, il avait l’habitude de prendre leurs plantes un peu séchées ou malades en « revalidation » pour les ramener plus tard vives et en fleurs.  Ses petits enfants avaient une grande admiration pour leur grand-père. Voici quelques phrases qu’ils ont dites de lui : Laetitia : « il était modeste en toutes choses, toujours de bon conseil, toujours plein d’entrain ». Victoria : « un grand père exemplaire, profondément bienveillant » Elisabeth : « un grand père attentif et fier de chacun d’entre nous. » Humbert : «un homme intelligent et sage qui trouvait réponse à toutes nos questions » Pierre-Charles : « une force tranquille, un rappel constant à rester curieux, un regard bienveillant, une attention aux autres. » 

*L’Académie royale de Médecine de Belgique présente à la famille du Professeur de Barsy l’assurance de sa profonde sympathie et tous les membres de l’Académie rendent hommage à un collègue qui fut un grand scientifique, un chercheur passionné, un médecin très humain et un collègue dévoué aux causes nobles, des qualités qui sont celles des grands hommes.

Dans sa famille il laisse un vide énorme, mais il laisse aussi à ses enfants, petits-enfants et proches le souvenir d’un homme bon, à la vie exemplaire. A ses collègues et amis il laisse le beau souvenir d’un homme travailleur et intègre. Quand on se quittait, après une réunion ou une visite, et une de ses petites filles m’a dit qu’il utilisait aussi cette expression en famille, il me disait souvent en guise d’au-revoir  « porte-toi bien ».

Alors, en souvenir de lui, lui qui était un homme généreux, attentif aux autres, optimiste et tourné vers le futur, Chère Madame de Barsy, Chers Membres de sa famille, Chers Membres de l’Académie, Chers amis, je vous dis, en écho à ce qu’il vous aurait souhaité :   « portez-vous bien ».

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