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Membre

COPPENS Yves

Membre étranger honoraire

4e Section

Lieu de naissance : Vannes (France)
Date de naissance : 09/08/1934
Lieu de décès : Paris (France)
Date de décès : 22/06/2022
  • Spécialité : Paléontologie des vertébrés - Paléoanthropologie - Préhistoire - Anatomie
  • Affiliation principale : Professeur au Musée d'Histoire Naturelle de Paris et Professeur au Collège de France
  • Election membre : 27/11/1993
  • Honorariat : 18/05/1996
Notice biographique :

(Jean-Edouard)

Il se consacre, depuis 1960, à la paléoanthropologie. Ses multiples expéditions effectuées en Afrique (Tchad et Éthiopie notamment), où il découvre de très nombreux restes d'Hominidés (dont le fameux squelette de Lucy), lui permettent d'éclairer l'histoire de nos ancêtres au cours des dix derniers millions d'années.

Passionné par la Préhistoire depuis son enfance, Yves Coppens, a commencé sa carrière de chercheur par quelques travaux de fouilles et de prospection en Bretagne.

Entré au Centre National de la Recherche Scientifique en 1956, il va s'intéresser alors à des périodes beaucoup plus anciennes et des pays beaucoup plus lointains, en l'occurrence les limites du Tertiaire et du Quaternaire dans les régions tropicales de l'Ancien Monde. Il monte, en effet, à partir de 1960, d'importantes expéditions, d'abord seul, au Tchad, puis en collaboration internationale en Éthiopie (vallée de l'Omo et bassin de l'Afar) ainsi que des missions exploratoires en Algérie, en Tunisie, en Mauritanie, en Indonésie et aux Philippines. Les récoltes réalisées par ces campagnes sont impressionnantes en ce qui concerne la quantité de fossiles (des dizaines de tonnes) mais aussi le nombre des restes d'Hommes fossiles recueillis (près de 700) ; les résultats de leur étude seront tout aussi fascinants. C'est toute l'histoire des dix derniers millions d'années qui s'éclaire ; une hypothèse propose une explication environnementale de la séparation Hominidae Panidae (il y a 8 millions d'années) (Coppens, 1983). Du côté oriental, les Hominidae se seraient développés en passant par un stade pré-Australopithèque (Coppens, 1981), illustré notamment par les très belles découvertes de l'Afar éthiopien, puis par un stade Australopithèque, premier tailleur de la pierre (Coppens, 1975), et enfin par le stade Homme, apparu, lui aussi, sous la pression sélective d'une seconde crise climatique, il y a 3 millions d'années (Coppens, 1975) ; ces 3 stades s'enchaînant en cyme ou en épi, chacun se trouvant, à la base, à l'origine du suivant, mais n'en développant pas moins ensuite sa propre lignée de manière originale et indépendante (Coppens, 1975). Enfin, plus récemment, Yves Coppens a aussi montré, en s'appuyant sur les vitesses différentielles d'évolution de la biologie et de la technologie, comment l'acquis peu à peu avait prévalu sur l'inné et pourquoi, depuis 100.000 ans, l'évolution de l'Homme s'était ralentie puis arrêtée (Coppens 1982, 1988).

Pendant ces années, Yves Coppens a gravi les premiers échelons du CNRS avant d'être appelé, en 1969, à la sous direction du Musée de l'Homme, fonction liée alors au titre de Maître de Conférences au Muséum National d'Histoire Naturelle. Nommé Directeur et Professeur au Muséum en 1980, il ne devait honorer ces nouvelles fonctions que trois ans, élu titulaire de la Chaire de Paléoanthropologie et Préhistoire du Collège de France en 1983. Présent dans de nombreuses instances nationales et internationales gérant les disciplines de sa compétence, Yves Coppens dirige en outre un laboratoire associé au Centre National de la Recherche Scientifique, le Centre de Recherches Anthropologiques - Musée de l'Homme et deux collections d'ouvrages du CNRS, les Cahiers de Paléoanthropologie et les Travaux de Paléoanthropologie est-africaine.

Yves Coppens a reçu le prix Edmond Hébert (1963), le prix André C. Bonnet (1969) et le grand prix Jaffé (1974) de l'Académie des Sciences, la médaille d'or de l'Empereur d'Éthiopie (1973), le grand prix scientifique de la Fondation de France (1975), la médaille Fourmarier de la Société Géologique de Belgique (1975), le prix Glaxo (1978), la médaille d'argent du CNRS (1982), le prix Kalinga de l'UNESCO (1984), la médaille Vandenbroeck de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie (1987), la médaille André Duveyrier de la Société de Géographie (1989), la médaille d'or de l'encouragement au progrès (1991) ; il a fait la 27e Annual Address de la Palaeontological Association à Londres (1984), la 55e James Arthur Lecture on the Evolution of the Human Brain à l'American Museum of Natural History à New York (1985), la IXe conférence Augustin Frigon de l'École Polytechnique de Montréal (1985) ; il est membre de l'Académie des Sciences, de l'Académie nationale de Médecine, de l'Academia Europaea, Associé de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux Arts de Belgique, Honorary fellow du Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, Foreign associate de la Royal Society d'Afrique du Sud, Docteur honoris causa des Universités de Bologne, de Liège et de Chicago ; chevalier de la Légion d'Honneur, officier de l'Ordre du Mérite, officier des Palmes Académiques, officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, officier de l'Ordre National du Tchad.

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