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Palmarès

Période 2013-2017: Benjamin Dewals

"La latence d'un gammaherpèsvirus de gnou: entre adaptation symbiotique et lymphoprolifération fatale"

PRÉSENTATION DE M. LE Dr B. DEWALS,

LAURÉAT DU PRIX HAMOIR (2013-2017)

par A. BURNY, membre honoraire

L'annonce du Prix Hamoir a donné lieu au dépôt d'une candidature, celle de Monsieur Benjamin Dewals, Dr en Médecine vétérinaire. Le candidat travaille à l'Université de Liége, est âgé de 40 ans et est coauteur de 24 publications et premier ou dernier auteur de 19 publications dans des revues de tout bon niveau soit du domaine virologique soit à caractère biologique fondamental. Il étudie un virus de la famille des herpès gamma, inducteur de lymphome T fatal chez l'hôte non-naturel qu'est le bovin domestique. L'hôte naturel de ce virus semble bien être le gnou, cervidé sauvage. Messieurs Clumeck, Willems et moi-même avons attribué la note moyenne de 24/27 dans le tableau récapitulatif que vous nous avez fait parvenir et proposons à l'Académie royale de Médecine de Belgique d'octroyer à Monsieur Dewals le Prix Hamoir 2018.

LA LATENCE D’UN GAMMAHERPÈSVIRUS DE GNOU : ENTRE ADAPTATION SYMBIOTIQUE ET LYMPHOPROLIFÉRATION FATALE

par M. le Dr Benjamin DEWALS (ULg)

En Afrique de l’Est, plus de 1,5 million de gnous à queue blanche (Connochaetes taurinus) entreprennent chaque année une longue migration au travers des larges étendues des plaines du Serengeti et du Masai Mara à la recherche de nourriture. Cette migration est sans nul doute une des merveilles de la nature mais est également une période marquée par la réactivation d’un virus dénommé alcélaphine herpèsvirus 1 (AlHV-1), qui accompagne la saison des naissances. L’AlHV-1 est un gammaherpesvirus, infectant de manière latente et persistante les gnous sans qu’aucune maladie ne soit associée à l’infection. Cependant, la transmission à d’autres espèces de ruminants sensibles, tels que les bovins induit une maladie létale dénommée fièvre catarrhale maligne (FCM) ou coryza gangreneux. La singularité de cet agent pathogène a suscité mon intérêt et celui de mon groupe de recherche. En effet, alors qu’il reste purement asymptomatique chez son hôte naturel (le gnou), la FCM est une maladie mortelle chez les bovins qui survient après une phase d’incubation prolongée et caractérisée par une hyperthermie soudaine, un abattement, des sécrétions muqueuses et purulentes, une hypertrophie des organes lymphoïdes secondaires (nœuds lymphatiques et rate) et l’infiltration systématique de cellules lymphoblastiques dans la majorité des organes. J’ai donc entrepris un travail de recherche afin d’élucider comment l’AlHV-1 induit la FCM, c’est-à-dire la pathogénie de la maladie. Au cours de ces recherches, il est apparu que le virus induit la FCM non pas du fait de sa réplication lytique, mais bien de l’établissement d’une infection de type "latente" au sein de lymphocytes T cytotoxiques CD8+. Ces résultats étaient d’une grande importance dans la compréhension générale de la maladie étant donné qu’ils démontrent que les lésions ne sont pas causées par une réponse inflammatoire inadaptée comme proposé initialement, mais bien du fait de l’induction par l’infection virale d’une activation et prolifération non contrôlée de lymphocytes T cytotoxiques CD8+ infectés latents. En outre, nous avons observé qu’aucune particule virale infectieuse n’est produite dans le cours de la maladie, mais une protéine essentielle à la persistance virale au sein de lymphocytes et dénommée aLANA (protéine nucléaire associée à la latence) s’est révélée être fortement exprimée et essentielle à l’induction de la FCM. En effet, nous avons généré des virus incapables d’exprimer aLANA. Ces virus étaient capables de se répliquer in vitro et in vivo normalement mais incapables d’induire la FCM en modèle expérimental in vivo. En outre, et de manière très prometteuse en termes de perspectives vaccinales, nous avons observé que l’infection d’animaux par un virus délété pour le gène de aLANA était suffisante pour induire une immunité protectrice contre un infection subséquente par un virus pathogène/virulent. Dès lors, nous avons pu conclure que l’induction de la FCM par l’AlHV-1 dépend d’un mécanisme de latence virale et a permis de définir la FCM en tant que lymphome périphérique à lymphocyte T causé par leur infection latente. Actuellement, mon groupe de recherche s’attache à élucider quels mécanismes induits par l’infection virale est responsable de l’activation des lymphocytes T CD8+ infectés ainsi qu’à développer une stratégie vaccinale efficace, sûre et abordable. nir et proposons à l'Académie royale de Médecine de Belgique d'octroyer à Monsieur Dewals le Prix Hamoir 2018.

Période 2008-2012 : Céline Lété

Étude de la glycoprotéine L de l’herpèsvirus bovin 4 et de sa protection vis-à-vis des anticorps neutralisants.

PRÉSENTATION DE Mme le Dr C. LÉTÉ

par P.-P. PASTORET, membre titulaire

Une seule candidature était déposée pour l’octroi du Prix Hamoir période 2008-2012, celle du Docteur Céline Lété de la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège, Service d’Immunologie-Vaccinologie, chargée de recherches FRS-FNRS depuis octobre 2012.

Le  mémoire  déposé  à  l’appui  de  cette  candidature  était  intitulé:  «Etude  de  la  glycoprotéine L de l’Herpèsvirus bovin 4 et de sa protection vis-à-vis des anticorps neutralisants».

Le jury était composé des Professeurs Thomas Michiels de l’UCL, Luc Willems de l’ULg et de moi-même. Il s’est réuni le 23 février 2013 en vue de délibérer.

Le travail présenté a été consacré à l’étude de la glycoprotéine L du BoHV-4 afin de mieux comprendre les mécanismes d’entrée des gammaherpèsvirus au sein de leurs cellules cibles et de mieux combattre ces infections. Il s’articule en trois volets. Le premier d’entre eux étudie l’implication de la glycoprotéine L dans le mécanisme d’entrée du virus. Le deuxième étudie la glycoprotéine L en tant que cible potentielle de neutralisation. Enfin, le troisième volet s’intéresse plus spécifiquement à la protection de cette glycoprotéine à l’égard des anticorps neutralisants.

L’absence de glycoprotéine L s’accompagne d’un important retard de multiplication virale associé à un déficit d’entrée du virus. Ce déficit d’entrée en l’absence de la glycoprotéine L est lié à un retard d’endocytose et à un défaut de migration vers les endosomes tardifs de la cellule.L’absence de glycoprotéine L n’a pas d’impact sur l’établissement et le maintien de la latence de l’herpèsvirus bovin 4; cette glycoprotéine est pourtant l’une des cibles majeures des anticorps neutralisants. Parmi les mécanismes de résistance des virus à la neutralisation, l’utilisation de boucliers de glycanes joue un rôle pour certains, ce qui également le cas pour le virus étudié.Quatre protéines sont massivement glycosylées au sein du virion, à savoir gB, gH, gLet gp180; la plus glycosylée d’entre elles étant la gp180.

L’absence de gp180 augmente l’accessibilité des autres glycoprotéines mentionnées aux anticorps neutralisants. Gp180 et ses glycanes jouent probablement le rôle de «glycan shield» à la surface du BoHV-4. Enfin la glycoprotéine gp180 est une des cibles de la glycosyltransférase encodée par le gène Bo17 du BoHV-4.

En conclusion, ce travail a permis de mettre en évidence la complexité du mécanisme d’entrée  des  gammaherpèsvirus.  Ce  travail  a  aussi  montré  l’importance  de  la  O-glycosylation dans le processus de neutralisation du virus. Tous ces travaux ont été publiés dans les meilleures revues internationales de virologie.

En seconde conclusion, le jury unanime estime que le travail déposé par la candidate, Céline Lété est excellent et mérite sans conteste l’attribution du Prix Hamoir pour la période 2008-2012.

Étude de la glycoprotéine L de l’herpèsvirus bovin 4 et de sa protection vis-à-vis des anticorps neutralisants.

 

L’herpèsvirus bovin 4 (BoHV-4) appartient à la famille des Herpesviridae qui comprend un nombre important de pathogènes classés en trois sous-familles (alpha-, beta, et gamma-herpesvirinae) (Ackermann, 2004). Parmi les gammaherpèsvirus, l’Epstein Barr virus (EBV) et l’herpèsvirus associé au sarcome de Kaposi (KSHV) sont responsables de pathologies humaines importantes. Etant donné que ces deux virus se multiplient mal in vitro et n’ont pas de modèle in vivo, le BoHV-4 représente un modèle plus accessible pour l’étude de ces pathogènes humains.

Etant donné que les herpèsvirus sont réexcrétés après qu’une réponse immune spécifique se soit mise en place, ces virus ont dû développer un cycle d’infection élaboré leur permettant d’échapper à la neutralisation par les anticorps spécifiques de l’hôte. Comme les anticorps neutralisants agissent principalement en bloquant l’entrée des virions au sein des cellules cibles, il est nécessaire, afin d’améliorer le contrôle de ces infections, de connaître avec précision les mécanismes d’entrée de ces virus au sein des cellules cibles.

Contrairement à la plupart des virus enveloppés qui n’utilisent qu’une seule protéine de fusion pour l’entrée, les herpèsvirus utilisent un complexe de fusion conservé composé des glycoprotéines gB, gH et gL (Connolly et al., 2011). La glycoprotéine gB, essentielle à l’infection chez les herpèsvirus, est une protéine de fusion de classe III(Roche et al., 2007). Cependant, gB seule ne peut opérer la fusion et requiert la présence des glycoprotéines gH et gL associées en hétérodimère. Ce complexe est une cible majeure de neutralisation chez plusieurs herpèsvirus (Gill et al., 2006) indiquant son implication dans l’entrée du virus. Plusieurs études rapportent que gH pourrait avoir un rôle effecteur dans la fusion et agir comme une glycoprotéine de fusion de classe I(Gianni et al., 2005). Cependant, la récente cristallisation du complexe gH/gL chez l’HSV-2 et l’EBV (Chowdary et al., 2010; Matsuura et al., 2010) suggère que celui-ci n’agit vraisemblablement pas comme co-fusogène mais intervient plutôt pour réguler la fusion de gB.  Quant à la glycoprotéine gL, son rôle propre est controversé. Certains auteurs soutiennent que gL n’agit qu’en tant que protéine chaperon pour gH (Hutchinson et al., 1992), d’autres affirment qu’elle est également impliquée dans l’attachement (Gillet et al., 2008b). Considérée comme essentielle jusqu’à présent, une étude a récemment montré que la gL de l’herpèsvirus murin 4 (MuHV-4) est non essentielle pour l’infection (Gillet et al., 2007b).

Afin de mieux comprendre les mécanismes d’entrée des gammaherpèsvirus au sein de leurs cellules cibles et dès lors pouvoir mieux combattre ces infections, ce travail a été consacré à l’étude de la glycoprotéine L du BoHV-4. Il s’articule en trois volets. Le premier volet étudie l’implication de gL dans l’entrée virale. La seconde partie étudie gL en tant que cible potentielle de neutralisation. Enfin, dans le dernier volet de ce travail, nous nous sommes intéressés plus spécifiquement à la protection de la glycoprotéine L vis-à-vis des anticorps neutralisants.   

1.  La glycoprotéine L de l’herpèsvirus bovin 4 est non essentielle pour l’infectivité mais déclenche l’endocytose des virions pendant l’entrée.

Afin d’étudier les conséquences fonctionnelles de l’absence de gL sur l’infection par le BoHV-4, nous avons généré un virus recombinant déficient pour la glycoprotéine gL. Les virions dépourvus de gL présentent une altération de la glycosylation de gH et une incorporation moindre de gH au sein des virions, bien que ceux-ci restent infectieux. L’absence de gL s’accompagne d’un important retard de croissance virale associé à un déficit d’entrée. Ce déficit d’entrée survient à une étape postérieure à l’attachement mais antérieure à la fusion. Enfin, grâce à la réalisation de marquages immunofluorescents de virions lors de l’entrée dans la cellule cible, nous avons pu montrer  que ce déficit d’entrée associé à l’absence de gL est lié à un retard d’endocytose et à un défaut de migration vers les endosomes tardifs de la cellule. En conclusion, la glycoprotéine L du BoHV-4 est non essentielle mais intervient dans l’endocytose des virions attachés en surface cellulaire.

2.  Etude de la glycoprotéine gL en tant que cible de la neutralisation.

Au cours de la deuxième étude, nous avons voulu déterminer l’implication de gL dans le cycle naturel du virus et dans la neutralisation de celui-ci. Une expérience in vivo réalisée chez le lapin a mis en évidence que l’absence de gL n’avait pas d’impact significatif sur l’établissement et le maintien de la latence du BoHV-4. Nous avons également montré que l’absence de gL n’affectait pas quantitativement la réponse humorale à l’encontre du BoHV-4. Par contre, des expériences de neutralisation menées avec des séra provenant de lapins infectés avec la souche sauvage ou avec la souche n’exprimant plus la glycoprotéine L ont montré l’importance de la glycoprotéine L dans la ,neutralisation virale. En effet, l’absence d’anticorps dirigés contre la gL ou contre des épitopes dépendant de sa présence réduisait de manière importante le pouvoir neutralisant des séra. Nous avons donc pu conclure que la glycoprotéine L, ou des épitopes dépendants de sa présence, sont des cibles majeures de neutralisation.

3.  Etude de la protection de la glycoprotéine L vis-à-vis des anticorps neutralisants.

Parmi les mécanismes de résistance des virus à la neutralisation, plusieurs études ont mis en évidence l’utilisation de boucliers de glycans (« Glycan shield ») par différents virus (Lee et al., 2008a; Wei et al., 2003b). Nous nous sommes donc intéressés au rôle des glycans dans l’évasion par le BoHV-4 des anticorps neutralisants. Nous avons dans un premier temps montré que les glycans protègent de la neutralisation. Nous avons ensuite identifié, grâce à la réalisation du protéome structural du BoHV-4 en collaboration avec l’équipe du Professeur Wattiez, trois protéines massivement glycosylées au sein du virion à savoir gB, gH et gp 180. Nous nous sommes d’abord intéressés à gp 180, celle-ci étant la protéine potentiellement la plus glycosylée. Nous avons montré que gp 180 est massivement O-glycosylée et que les virus n’exprimant plus gp 180 sont plus neutralisés par le sérum que les virus sauvage et révertant. De plus, l’absence de gp180 augmente l’accessibilité des glycoprotéines gB, gH et gL à leur anticorps spécifiques. Gp180 et ses glycans semble donc jouer le rôle de « glycan shield » à la surface du BoHV-4.

En parallèle, nous avons investigué le rôle de la glycosyltransférase encodée par le gène Bo17 du BoHV-4. Nous avons montré que la glycoprotéine gp 180 est une des cibles de cette glycosyltransférase. Etant donné que le gène Bo17 subit un phénomène d’épissage alternatif qui génère soit une protéine entière enzymatiquement active soit une protéine plus courte dont l’activité enzymatique est supprimée, nous avons généré et caractérisé des virus recombinants n’exprimant que la forme longue ou que la forme courte de Bo17. Grâce à ces virus, nous avons pu montrer que le BoHV-4, via le splicing alternatif du gène Bo17, est capable de moduler la glycosylation de gp180. Dans le futur, nous voulons étudier les conséquences de ces observations sur la neutralisation du BoHV-4. Ce travail devrait nous permettre de comprendre le rôle potentiel de Bo17 et de son épissage dans la biologie de l’infection par le BoHV-4.

En conclusion, ce travail a permis de mettre en évidence la complexité du mécanisme d’entrée des gammaherpèsvirus nécessaire à la protection des épitopes vulnérables de la neutralisation par les anticorps. Ce travail a aussi démontré l’importance de la O-glycosylation dans ce processus. Les données générées ont illustré la complexité des interactions glycans-virus-cellules hôtes et ont constitué une première base pour des perspectives tant fondamentales qu’appliquées.

 

Période 1993-1997 : Alain Vanderplasschen

Période 1988-1992 : Luc Grobet

"Diagnostics génomiques chez les animaux domestiques"

Période 1983-1987 : J. Lekeux

Pour son ensemble de tirés à part relatifs à la mécanique ventilatoire, normale et pathologique, des bovins

Période 1963-1967 : A. Houvenaghel

Période 1953-1957 : J. Derivaux

Période 1933-1937 : F. Liégeois (Cureghem)

"Traité de pathologie médicale des animaux domestiques"

1) L'anesthésie sacrée ou épidurale; ses applications en clinique bovine (en collaboration avec M.Goffinet);

2) A propos de la pratique des accouchements chez la bête bovine;

3) Nouvelles méthodes chirurgicales applicables aux embryotomies chez la bête bovine;

4) Renversement de la vessie chez la vache;

5) Hernies ventrales volumineuses. Deux guérisons spontanées;

6) L'exploration rectale en médecine vétérinaire;

7) Laparatomie chez la truie; taxis utérin; hystérotomie; hystérectomie;

8) Déchirure de la vessie au cours de l'accouchement chez la vache;

9) Le traitement sec  de la non-délivrance chez la vache;

10) Quelques cas de déchirure utérine chez la vache;

11) Réduction, par voie rectale, méthode de choix chez la bête bovine pour le traitement des obstructions dues à l'enserrement d'une portion intestinale par une artère ombilicale;

12) Un cas curieux d'obstruction intestinale.

Période 1928-1932 : J. Marcq et J. Lahaye