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Séances 2018

27 janvier 2018 - Séance publique ordinaire

Monsieur le Président,

Madame et Monsieur la Vice-Présidente et le Vice-Président,

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

cher(e)s Collègues,

Le Professeur Jean Milaire, qui enseigna pendant plus de 30 ans l’anatomie et l’embryologie à la Faculté de Médecine de l’ULB, est décédé le 11 septembre 2017.

Il était né à Jette le 31 mars 1932.  Il a passé son enfance à Jodoigne, où son père était percepteur des postes. Après des études secondaires classiques (il avait un temps rêvé d’enseigner le latin et le grec), il entreprit des études de médecine à l’ULB qu’il réussit brillamment grâce à sa grande intelligence. Immédiatement après un service militaire ennuyeux (passé à faire des prises de sang), il fut engagé par le Professeur Albert Dalcq (1893-1973) comme assistant au Laboratoire d’Anatomie et Embryologie de la Faculté de Médecine de l’ULB, où il gravit progressivement tous les échelons de la hiérarchie académique, pour succéder au Professeur Dalcq en 1963, après une thèse défendue dans la même année et relative du développement des membres chez la souris et la taupe. Il partagea ainsi en alternance les cours d’anatomie et d’embryologie successivement avec Jean-Jules Pasteels (1906-1991), Jacques Mulnard (1922-2014), puis enfin Marcel Rooze.

Des générations d’étudiants gardent en mémoire ses cours admirablement préparés, très systématiques, n’épargnant pas le moindre détail, illustrés par des dessins soigneusement élaborés, et dont l’exhaustivité dispensait souvent l’étudiant de consulter des sources bibliographiques extérieures.

Sa connaissance sans faille de la langue anglaise (qu’il pratiquait avec un accent « oxfordien ») et de l’allemand lui permettait de consulter des sources variées qui contribuaient à forger des cours très bien documentés.

Il a laissé à notre laboratoire des supports de cours exemplaires, et des séquences filmées qui permettent parfois d’entendre encore sa voix résonner dans les amphithéâtres, à la surprise des anciens qui passent dans le couloir.

Ses examens oraux étaient approfondis et assez longs ; les détails étaient explorés ad libitum, mais l’homme était foncièrement bon, et les notes correspondaient fort bien aux performances des étudiants, sans surprise ni emportement.

Il participait systématiquement à toutes les séances de travaux pratiques, et n’hésitait pas à reprendre publiquement les assistants qui eussent commis une erreur dans un exposé d’ostéologie, ce qui rendait l’exercice assez périlleux pour les jeunes collaborateurs contraints de faire une introduction en sa présence.

Dépourvu de réelle expérience clinique, il s’est cependant investi avec succès dans des cours de post-graduat, pour lesquels il n’hésitait pas à requérir l’aide nécessaire auprès des médecins spécialistes.

Au plan scientifique, Jean Milaire était un spécialiste international du développement des membres. Il était mondialement connu pour ses travaux dans ce domaine et il a défini des concepts majeurs, comme le « foyer pré-axial primaire » d’apoptose, responsable de l’absence de doigts au-delà du pouce. Il a ainsi exploré le développement des membres chez de nombreuses espèces mammaliennes et reptiliennes, à la fois dans des situations normales et tératologiques, ce qui lui valait une compétence rare dans l’interprétation des malformations des membres dans l’espèce humaine. Il a publié de très nombreux articles scientifiques dans nombre de revues de grand prestige, sans négliger des textes de vulgarisation. Pionnier de l’histochimie du développement, il a anticipé grâce à des méthodes classiques les découvertes qui suivirent dans le champ de la génétique du développement.

Précocement orienté vers l’histochimie par son maître Albert Dalcq, il s’est d’abord attaché à décrire les modalités morphologiques et cytochimiques du développement des membres chez de nombreuses espèces. Aux observations faites sur coupes, il a ajouté des données issues de la culture in vitro, outil qui lui a permis de tirer des conclusions applicables à plusieurs modèles normaux et tératologiques. Il a largement contribué à la connaissance du rôle de la crête ectodermique apicale, qui, comme on le sait, contrôle la différenciation du mésoderme sous-jacent. Il a pu lier l’activité proliférative du mésoderme à l’intégrité de la crête apicale, et a de surcroît démontré que la syndactylie liée à l’administration d’hadacidine s’accompagne d’une hypertrophie de la crête apicale. Il en va de même dans le cas d’exposition au méthyl-triazène, agent alkylant, qui, outre son effet sur la crête apicale, entraîne une désorganisation du pattern nerveux du membre. Il a pu également analyser la contribution des somites au développement du membre. Outre leur effet inducteur, ils génèrent les myocytes du bourgeon.  Mais sa contribution la plus magistrale concerne le rôle du processus connu actuellement sous le nom d’apoptose, appelé à l’époque nécrose morphogène. Il en a établi le recensement précis des sites pendant le développement normal et anormal du bourgeon de membre, et a décrit pour la première fois le « foyer pré-axial primaire », qui répond de l’absence de doigt en avant du pouce. La taupe, qui possède un pré-hallux, est dépourvue de ce foyer de mort cellulaire. Jean Milaire a conclu de diverses observations que l’absence de cette zone d’apoptose était responsable d’une polydactylie préaxiale. En décrivant ce foyer, il a touché du doigt les processus fondamentaux de régulation du développement du membre, et un mécanisme-clé de l’évolution qui a progressivement réduit le nombre de doigts des tétrapodes à partir des premiers amphibiens issus des sarcoptérygiens.

Il a également démontré que les débris apoptotiques, phagocytés par les macrophages, retournaient dans la circulation embryonnaire via le sinus veineux marginal.

Pilier de l’histo-enzymolologie embryonnaire, Jean Milaire a effectué de nombreuses observations dans un domaine qu’il appelait l’ « histochimie panoramique », notamment appliquée à la céphalogenèse et bien sûr au développement des membres.

Il a enfin contribué à la connaissance de nombreux modèles tératologiques du développement des membres, tant génétiques qu’induits : hémimélie dominante, syndactylie post-axiale, administration conjointe d’acétazolamide et de sulfate de cadmium, de cytosine-arabinoside, et de méthyl-triazène, déjà cité.

Il a en outre rédigé quelques monographies savantes dans le domaine de l’histochimie embryonnaire, et a traduit en langue française des traités didactiques dans les domaine de l’anatomie, de l’embryologie et de la chirurgie.

Elu correspondant de notre Compagnie en 1979,  passé membre titulaire en 1992 et admis à l’honorariat en 1999, il y a fait quelques lectures remarquables dans son champ de recherches.

Il a fréquenté au début de sa carrière les congrès annuels de l’Association des Anatomistes, et a présidé en 1991 un congrès de l’European Teratology Society.

Pendant de longues années, il a été rédacteur en chef des « Archives de Biologie ».

Formé lui-même notamment par Albert Dalcq et François Twiesselmann (1910-1999), il a contribué à l’instruction de nombreuses générations de jeunes anatomistes, et les titulaires actuels lui doivent leurs modestes compétences.

Il fut le promoteur de nombreuses thèses d’agrégation, dont celles de Françoise Bremer (où il fut remplacé par Marcel Rooze lors de sa retraite), Madeleine Lejour, Jean-Jacques Houben, Marcel Rooze et l’auteur de ces lignes.

Les tâches administratives ne lui convenaient guère ; il fut cependant directeur du Laboratoire d’Anatomie et Embryologie de 1987 (retraite de Jacques Mulnard) à son départ anticipé en 1995. Il fut aussi brièvement Vice-Président de notre Faculté, sous la présidence de son ami Raymond Mayer. Il dut gérer avec Marcel Rooze les mesures relatives au déménagement du service d’anatomie de la Porte de Hal au Campus Erasme.

C’était un homme foncièrement timide (ses débuts d’enseignant furent difficiles), dont le comportement était fortement contrôlé, voire ritualisé. Il pouvait apparaître assez distant et mal à l’aise avec autrui, mais il se montrait fort chaleureux dans l’intimité. Il fuyait les conflits. Il était doté d’une forme d’humour que l’on qualifierait d’ «anglais », dont il faisait souvent preuve dans les conversations avec ses collaborateurs.  Son centre d’intérêt prédominant était sa discipline, mais il savait aussi discourir de son intérêt pour les romans policiers, avec une prédilection pour Sherlock Holmes et le Commissaire Maigret. Sa compétence en la matière lui a permis de construire quelques sketches mémorables aux banquets des étudiants, où il interprétait entre autres ces deux augustes personnages, avec son collègue Jacques Mulnard, lui-même interprète régulier du Dr Watson. Il était aussi un pianiste talentueux, et un latiniste averti.

Outre ses séjours dans son appartement de Wenduine, et ses escapades bretonnes en caravane, il aimait se retrouver dans la nature emplie de quiétude du Valais suisse ou des Alpes autrichiennes.

La fin de sa carrière fut endeuillée par le décès accidentel de son fils. Il y eut un Jean Milaire « d’avant » et un Jean Milaire « d’après ».

Sa vie obscurcie par le deuil, et d’autre part les contraintes bureaucratiques de l’université et de sa charge de directeur du laboratoire l’incitèrent à prendre sa retraite anticipée en 1995.

Il n’oublia cependant pas ses centres d’intérêt, car il rédigea encore quelques contributions scientifiques et se livra à des traductions d’ouvrages didactiques (en collaboration avec Antoine Dhem, son alter ego de l’UCL, et Henri Alexandre, élève de Jean Brachet, et ancien Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université de Mons), tout en s’éloignant du laboratoire, dont il prenait parfois des nouvelles lors de coups de téléphone de plus en plus rares.

Sa santé s’était progressivement dégradée ; la situation s’aggrava par le décès de son épouse, et il s’est éteint paisiblement.

Son souvenir restera très longtemps encore présent dans les couloirs de notre service et dans les mémoires des anciens étudiants. Personne n’oubliera sa grande silhouette aux cheveux blancs et sa voix de baryton, ni le long bâton de bambou qu’il manipulait avec adresse pendant ses cours pour commenter les diapositives.

Nous assurons ses deux filles Michèle et Marianne et ses petits-enfants Sophie, Martin, Louise et Tom de notre soutien dans cette triste épreuve.

Michel MORANGE (Directeur du Centre Cavaillès des Sciences de l’Ens - Paris), membre étranger.               

L’épigénétique connaît un grand succès, justifié par la richesse de ses mécanismes, son importance dans le contrôle du développement embryonnaire et de la différenciation cellulaire, ainsi que par son rôle potentiel dans le développement de certaines pathologies. Une raison supplémentaire de son succès, en particulier auprès du grand public, est qu’elle semble abolir les contraintes du déterminisme génétique.
Mon objectif sera de décrire les origines du déterminisme génétique, puis sin histoire longue et complexe. Je montrerai en quoi il consiste, et les limites qui lui ont été assignées par l’accroissement des connaissances au niveau moléculaire. 
L’épigénétique a aussi une histoire complexe dont la connaissance est nécessaire pour comprendre la multiplicité des significations attribuées au terme épigénétique. L’épigénétique n’est pas une alternative à la génétique, mais un complément de celle-ci, qui a pris de multiples visages au cours de l’histoire de la vie. L’épigénétique ne libère pas plus que la génétique n’asservit.

Pascal FERRÉ (Faculté de Médecine – Université Pierre et Marie Curie, Paris), membre étranger.                

L'organisme doit s'adapter en permanence à l'environnement nutritionnel afin de satisfaire ses besoins énergétiques. En période d'abondance, il stocke des glucides sous la forme d'un polymère de glucose, le glycogène et quand les réserves de glycogène sont remplies, il peut transformer en lipides les glucides alimentaires en excès par une voie métabolique hépatique que l'on appelle la lipogénèse. C'est cette voie métabolique que l'on utilise chez les palmipèdes pour leur faire produire du foie gras (stéatose hépatique). La lipogénèse est contrôlée à un niveau post-traductionnel mais également transcriptionnel par un programme génique activé par l'insuline sécrétée au moment des repas et par des concentrations élevées de glucose. Nous décrirons les principaux mécanismes moléculaires impliqués et en particulier le rôle des facteurs de transcription ChREBP (Carbohydrate Response Element Binding Protein) et SREBP-1c (Sterol Regulatory Element Binding protein-1c). La plupart des individus obèses présentent une stéatose hépatique qui peut être la porte d'entrée de la stéato-hépatite (inflammation) et de la fibrose. Nous montrerons dans des modèles animaux d'obésité que la lipogénèse est alors activée par un autre mécanisme appelé "unfolded protein response" et qui met en jeu le stress du reticulum endoplasmique.

 

                                    

 

Philippe LAMBIN (Head of the Department of Radiation Oncology – University Hospital of Maastricht), invité.     

L’approche « radiomique» est une technologie de rupture basée sur un logiciel original permettant d’extraire plusieurs milliers de « signatures Radiomiques » d’une image médicale traditionnelle (Regardez notre animation: https://youtu.be/Tq980GEVP0Y ). Cette approche transforme des images médicales en données massives quantitatives dans un premier temps puis en connaissances applicables dans un deuxième temps. L’ambition est de faciliter le diagnostic et le traitement correct pour chaque patient grâce à l’imagerie quantitative. Ces signatures ont une valeur diagnostique, pronostique ou prédictive, parfois corrélé à la biologie des tumeurs. En outre, nous avons développé une solution permettant d’analyser des milliers d’images médicales sans que celles-ci ne quittent l’hôpital d’origine ce qui solutionne le défi de la protection de la vie privées des patients.

 

 

                                   

 

 

Madame la Présidente, Chère Danielle,

Monsieur le Secrétaire perpétuel, Cher Jean-Michel,

Chères amies et amis membres du Bureau,

Chères collègues et chers collègues,

L’alternance est un des fondements de la démocratie.

C’est bien un exercice de démocratie auquel se livre chaque année en janvier notre Compagnie.

Continuité et renouvellement  sont en effet garantis par ses Statuts  et la diversité par la tacite alternance entre les universités. L’Académie royale de Médecine est en effet une institution d’une grande sagesse qui imprègne ses Statuts et ses usages.

J’avais recommandé il y a un mois aux nouveaux membres de notre Compagnie concision, allocentrisme - le contraire de narcissisme -, travail et indépendance. Il convient qu’aujourd’hui, je montre l’exemple, singulièrement celui de la concision.

En conséquence, je ne m’autorise aucune diapositive et seulement quatre minutes.

Ma première réflexion concerne la recherche et les hypothèques que font peser sur elle le lent étiolement de son financement auquel nous assistons depuis quelques années.

La fragmentation horizontale et verticale des institutions de ce pays permet à chaque responsable politique de confier soit au voisin d’à côté – fragmentation verticale – soit au  voisin du dessous ou du dessous – fragmentation horizontale – la responsabilité de financer la recherche. Au point que, faute de perspectives, il devient quasi malhonnête d’orienter des jeunes vers des filières d’études dont le débouché principal est la recherche.

Dans le récent petit ouvrage de Michel Serres, « C’était mieux avant », je lis à la page 92 une citation de Max Planck, lauréat du Prix Nobel de physique en 1918, l'un des fondateurs de la mécanique quantique. La citation est la suivante : « Ce n’est pas parce que les expériences et les théories de la physique se vérifient que la science progresse, mais parce que la génération précédente vient de prendre sa retraite ».

Tarir aujourd’hui le renouvellement des chercheurs, c’est préparer la décadence de demain. Les responsables d’aujourd’hui sont les coupables de demain.

L’Académie a le devoir d’être vigilante et de dénoncer.

La recherche est une démarche complexe dont la technologie, les techniques et les méthodes  font la puissance mais aussi les limites. L’indispensable interdisciplinarité impose à chacun de connaître et comprendre ce qui se passe dans les domaines qui ne sont pas le sien. Ceci n’est possible que si l’enseignement y prépare car on ne comble jamais les lacunes de l’enseignement. Recherche et enseignement sont absolument indissociables notamment  parce que les chercheurs d’aujourd’hui sont les enseignants de demain. Moins de chercheurs aujourd’hui, c’est un moins bon enseignement demain.

La deuxième réflexion que je vous livre au titre de Président  en situation d’imminente apoptose, est donc celle de l’indispensable complémentarité de l’enseignement et de la recherche. Je le souligne au moment où, dans les universités et les hôpitaux universitaires, j’entends plutôt parler d’inconciliable complémentarité.  La spécificité de l’enseignement universitaire est  que la science y est enseignée par ceux qui la font. La spécificité de la pratique clinique universitaire est  que l’on y soigne en enseignant et que l’on y  soigne en cherchant.

Mon propos, la complémentarité de l’enseignement et de la recherche, est particulièrement pertinent pour l’enseignement des sciences fondamentales, les enseignements du début du cursus, qu’il s’agisse de la médecine, de la dentisterie, de la pharmacie ou de la médecine vétérinaire. Cet enseignement est confronté au risque, excusez le néologisme, de « siloïsation » soit un cloisonnement entre les niveaux cellulaire et moléculaire d’une part,   systémique de l’autre. Cet enseignement qui navigue en permanence entre complexité et détail, doit montrer que si les maladies se manifestent souvent par des dérèglements de systèmes, elles n’en sont pas moins la conséquence de dérèglements moléculaires. Les maniaques de la recherche translationnelle veulent des résultats, des spins offs et des essais cliniques  quand nous ignorons tout du déterminisme moléculaire d’un grand nombre d’affections. La révolution de la génétique moléculaire a permis de préciser les questions bien davantage que d’apporter des réponses car nous ignorons le plus souvent le chemin moléculaire qui va du gène et de la protéine anormale au phénotype clinique. Par exemple, beaucoup de maladies neurodégénératives sont parfois génétiques et plus  souvent sporadiques mais la découverte des gènes mutés dans les formes génétiques n’a pas encore conduit à la compréhension des mécanismes notamment  des formes sporadiques ni à leur traitement ni, objectif ultime, à leur prévention. Nous ne comprenons que rarement le pourquoi et souvent seulement des morceaux de comment, en quelque sorte des lambeaux de physiopathologie. La sémiologie de ces affections est certes la conséquence de dysfonctionnements de circuits neuronaux mais ils  ne sont eux mêmes que  la conséquence et non la cause de la maladie. Et à vrai dire la traduction sémiologique du dysfonctionnement des circuits neuronaux est elle-même complexe car modulée en permanence par la plasticité. Un raisonnement analogue vaut pour tous les domaines de la médecine.

Autorisez-moi, pour conclure cette présidence, l’outrecuidance de cinq recommandations:

1. La recherche est toujours préclinique et la distinction entre recherche fondamentale et recherche préclinique n’est, et je ne veux pas heurter, qu’économique. L’histoire de la science déborde d’exemples de progrès médicaux majeurs issus d’une recherche fondamentale dont ce n’était pas l’objectif. Il faut défendre la recherche fondamentale parce qu’elle  est la source principale du savoir et qu’elle est menacée.

2. Nous devons veiller à l’enseignement de la science à défaut de quoi nous ne formerons que des professionnels de l’instant voire de l’éphémère, incapables de comprendre et de contribuer au progrès du savoir, fondement exclusif  du progrès de la médecine.

3. L’enseignement clinique participe de cette démarche et  le clinicien enseignant doit aussi  lorsqu’il est au lit du malade, discuter de ce que nous ne comprenons pas et pas seulement de ce que nous comprenons. C’est aussi le cas de la vraie recherche clinique qui aide à poser les bonnes questions. Nous devons être les apôtres de la complémentarité que j’évoquais il y a un instant. Des progrès majeurs sont issus d’observations cliniques astucieuses et après tout, les maladies génétiques humaines sont de la transgenèse spontanée.

4. Cette intégration de l’enseignement, de la recherche et de la clinique est une démarche humaniste en ce qu’elle forme à la critique, à la lucidité et à la mise en perspective. Les facultés n’ont pas seulement un devoir de formation et elles ont aussi un devoir d’éducation. La médecine clinique avec son interprétation subtile des propos et réponses du patient et son examen physique raffiné, pas plus que le colloque singulier ne peuvent être remplacés par des robots quand bien même ceux-ci seraient capables de réaliser tous les examens médico-techniques et de proposer la plupart des traitements.

5. Mais il est par ailleurs essentiel d’enseigner et de former aux évolutions technologiques récentes (numérisation, big data, intelligence artificielle) si nous voulons garder une recherche et une pratique de niveau international.  Ce sera l’objet d’un colloque organisé non par l ‘académie mais par les académiciens. Nous vous avons écrit récemment à ce propos.

Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

Chères amies,

Chers amis,

J’ai éprouvé un immense plaisir à contribuer aux travaux de notre Compagnie où j’ai rencontré des personnalités impressionnantes. Je vous souhaite une fabuleuse année 2018. Elle sera, je n’en doute pas, un grand millésime académique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chères Collègues,

Chers Collègues,

Mesdames,

Messieurs,

Le futur se construit en respectant le passé et je ne puis occuper cette présidence sans commencer à évoquer la mémoire ou remercier ceux qui ont joué un rôle décisif dans ma carrière médicale et académique. Je salue avec émotion un ancien président de notre Compagnie, Louis Jeanmart, qui fut celui qui m’offrit la liberté de développer avec passion une discipline qui connut un développement technologique extraordinaire : la neuroradiologie. Oui, les neurosciences se succèdent à cette tribune et je salue mon prédécesseur Gustave Moonen à qui j’ai le privilège de succéder. Mes remerciements à  Jacques Brotchi avec lequel j’ai pu partager une carrière hospitalière et de chercheur clinique passionnante! Bonheur de découvrir un neurochirurgien appréciant et encourageant le dialogue avec tous ses collègues : valeur de l’interdisciplinarité…

Ceci m’amène a la question de savoir ce que nous venons faire dans cette Académie ? Notre présence ici témoigne de notre engagement à partager l’excellence de nos connaissances et découvertes, à soutenir la recherche, notre passion à défendre une bonne formation de ceux qui nous succéderont. Tout cela je l’ai appris, entre autres, grâce à nos Secrétaires perpétuels que je tiens à saluer : János Frühling avec lequel j’ai partagé un enseignement en imagerie médicale et qui fut un véritable ami. Il sut rajeunir notre Compagnie, la pousser a se féminiser. Surprise de découvrir la joie de travailler comme membre du Bureau avec Augustin Ferrant, pragmatique avant tout, et dont l’ouverture d’esprit m’a impressionnée. Enfin, mes remerciements à Jean-Michel Foidart qui, comme ses prédécesseurs, assume le rôle de « cerveau et de cœur » de l’Académie et œuvre sans relâche pour activer les travaux de notre Compagnie, en particulier lors de séances de Bureau. Je n’oublierai pas Jacques Melin dont je fus seconde vice-présidente et sus gagner le respect parfois humoriste. Que soient ici remerciés également tous les membres des différents Bureaux auxquels j’ai participé pour leur écoute et participation bienveillante, toujours constructive et collégiale.

Les sujets de préoccupations et de travaux de l’Académie sont nombreux et vous les connaissez. Le travail est immense et je retiendrai ce jour ceux qui me tiennent particulièrement a cœur : organiser nos réunions, préparer des symposia faisant le point sur des sujets d’actualité. Sont déjà prévus, le symposium consacré a la  médecine liée aux attentats et pour novembre, un important symposium consacré a l’enseignement de la médecine coordonné par Gustave Moonen : à ce sujet, je remercie les nombreux membres de la Compagnie qui nous ont déjà envoyé réflexions et recommandations. L’aire des big data et de l’intelligence artificielle bouleverse fondamentalement l’accès a la connaissance : nous devrons enseigner en priorité comment utiliser ces nouveaux outils. Apprendre à apprendre et à utiliser ces nouvelles techniques pour avoir plus de temps pour l’humain : on peut toujours rêver...

L’Académie travaille et il faut que nos avis soient entendus : plus de visibilité, souligner l’apport d’une institution qui se réclame de l’excellence, de compétences diverses et étendues à tous les sujets concernant la médecine, d’une diversité non politisée, et qui se veut sage et totalement indépendante.

Les relations avec la KAGB doivent être maintenues et je tiens à continuer les démarches afin d’œuvrer ensemble.  Particulièrement important et urgent est de  finaliser le texte commun ARMB-KAGB sur le rôle de l’Académie royale de Médecine de Belgique et de la « Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België » comme organes consultatifs fédéraux…

Les relations avec les autres Académies, devraient me semble-t-il, être renforcées et en particulier l’Académie thérésienne. La participation de notre Académie au Collège Belgique témoigne de ce souhait de collaboration fructueuse. 

D’autres thèmes importants sont les réflexions d’ordre éthique et, tout particulièrement, ceux liés au vieillissement et aux maladies cérébrales incurables, sans parler des progrès de la génétique. 

Le monde des connaissances évolue rapidement et j’aimerais suggérer l’addition d’une rubrique courte en fin de nos séances, qui serait consacrée à des nouvelles découvertes ou informations médicales exceptionnelles... à présenter par un de nos membres ?

La recherche médicale, les problèmes économiques engendrés par l’explosion technologique, la bioéthique  sont d’autres thèmes de préoccupation lancinants, mais je ne puis tous les discuter dans cette courte allocution. Ce qui me tient le plus à cœur est d’œuvrer à ce que notre médecine soit humaine et humaniste. 

Gustave Moonen, dans son allocution de bienvenue aux nouveaux membres, a souligné  que si l’Académie tendait vers l’équilibre des genres, il n’y avait pas d’autre recommandation que celle de l’excellence…  et j’ajouterai, de l’attachement à notre Compagnie.

C’est donc avec beaucoup de plaisir que je succède à Jeanine Stiennon comme deuxième Présidente de notre Académie.

Pour terminer, j’aimerais partager ma devise qui me tient à cœur : « Si tu te prends au sérieux, n’oublie pas d’en rire ».

 

 

 

24 février 2018 - Séance publique ordinaire

Le Professeur Roland Bernard est né à Saint-Gilles le 2 mars 1929 et il est décédé le 18 juin 2017 à Anderlecht à l’âge de 88 ans.

Il est diplômé docteur en médecine en juin 1954 à l’ULB et il se destine d’emblée à l’étude de la Cardiologie. Il s’inscrit au post-graduat de Cardiologie créé par le Professeur Jean Lequime en 1952 à l’Hôpital Saint-Pierre.

Il termine cet enseignement de troisième cycle en 1957 avec grande distinction et décide de poursuivre ses études à l’Institut National de Cardiologie de Mexico où il obtient le diplôme de Radiologie cardio-vasculaire, Electrocardiographie clinique et Electrocardiographie supérieure. Sa formation se poursuit en 1958 aux USA successivement trois mois à la Mayo Clinic puis trois mois à la Harvard Medical School. A leur retour, le Professeur et Madame Bernard sont accueillis par leur famille et le Professeur Jean Lequime à l’aéroport comme de véritables stars. Il est engagé dans le service de Cardiologie de l’Hôpital Saint-Pierre où il va mener une brillante carrière académique, terminant celle-ci comme chef de service en 1994.

La carrière scientifique

Le Professeur Bernard manifeste très tôt un intérêt majeur pour la recherche scientifique et il publie son premier article scientifique comme co-auteur avec le Professeur Marcel Vastesaeger en 1957 dans la revue Acta Cardiologica.

Il se consacre avec passion à l’étude de la maladie coronaire qui à l’époque est un véritable fléau, responsable d’une importante morbi-mortalité. La mort subite par fibrillation ventriculaire (FV) est d’autant plus regrettable qu’il existe un nouveau traitement, le choc électrique externe mais il doit être pratiqué le plus vite possible.

Il consacre alors une énergie considérable pour créer une Unité coronaire modèle à l’Hôpital Saint-Pierre et développer un système de détection précoce de la FV.

« La surveillance en temps réel par ordinateur des troubles du rythme cardiaque » est le sujet de sa thèse d’agrégation à l’enseignement supérieur qu’il défend publiquement en mars 1974 à l’ULB et présente une leçon intitulée « La mort subite ».

Les travaux scientifiques du Professeur Bernard comportent plus de 150 publications et quatre livres concernant des domaines tels que les troubles du rythme cardiaque, les facteurs pronostiques de l’infarctus myocardique, la tolérance hémodynamique des antiarythmiques, le traitement de l’infarctus myocardique aigu et de l’insuffisance cardiaque. La plupart sont publiés dans des journaux prestigieux tels que le Lancet, British Heart J., Eur. Heart J., J. of Cardiovascular Pharmacology, Chest, etc.

1.  Les troubles du rythme cardiaque

Ces travaux se concentrent sur la reconnaissance précoce de la FV primaire à la phase aiguë de l’infarctus myocardique permettant une réduction importante de la mortalité précoce et un bon pronostic à long terme.

2.  Facteurs pronostiques de l’infarctus myocardique

Le Prof. Bernard contribue à un important travail collectif qui révèle les facteurs prédictifs précoces de mortalité à deux mois (Eur Heart J 1986) et à un an (Br Heart J 1988). Ces travaux soulignent l’importance de la taille de l’infarctus comme élément pronostique majeur.

3.  La tolérance hémodynamique des antiarythmiques de classe I

 Le Professeur Bernard est reconnu comme un spécialiste de ce domaine et en particulier de drogues telles que la xylocaïne, l’ajmaline, la méxiletine, le lorcaïnide, l’indecaïnide et le tocaïnide.

4.  Le traitement de l’infarctus myocardique aigu

Dès la fin des années septante, le traitement de l’infarctus myocardique connaît une évolution extrêmement rapide et le Professeur Bernard y contribue modestement par ses travaux. En particulier dans le domaine de la reperfusion coronaire par fibrinolyse (Lancet 1985), le choc cardiogénique et la contrepulsion intra-aortique, la dobutamine dans l’insuffisance cardiaque, etc.

5.  L’insuffisance cardiaque

L’Unité coronaire est un véritable laboratoire d’étude de l’hémodynamique de l’insuffisance cardiaque aiguë et chronique. Le Prof. Bernard contribue par ses travaux à l’amélioration de la compréhension des mécanismes physiopathologiques et du traitement. Il étudie tout particulièrement des drogues inotropes telles que la dobutamine, l’enoximone, le pimobendane, etc.

L’enseignement

Le Professeur Bernard enseigne au post-graduat de Cardiologie l’électrocardiographie, les techniques de réanimation cardiaque et la pharmacologie clinique ; de même au graduat, le certificat d’électrocardiograpie. Il faut également souligner ses qualités exceptionnelles de pédagogue dans l’enseignement au lit du malade.

Ses réalisations

1.  L’Unité coronaire

En 1974, le Professeur Bernard inaugure l’Unité coronaire de l’Hôpital Saint-Pierre. Cette unité est  un modèle d’innovation (surveillance par ordinateur,…) inspiré de ses voyages au Thorax Centrum de Rotterdam et de l’Université d’Edinbourg.

Il consacre une énergie considérable à la formation des infirmières spécialisées dont il perçoit leur   rôle essentiel et il publie un livre qui leur est consacré « L’infirmière et l’infarctus du myocarde ».

2.  La chirurgie cardiaque

    Il mène un combat difficile mais avec persévérance et habileté pour convaincre les autorités hospitalières du caractère indispensable de développer la chirurgie cardiaque dans un hôpital du centre d’une grande ville où l’urgence est sa vocation première.

Les activités privilégiées

Les grandes qualités humaines et scientifiques du Professeur Bernard lui ouvrent de nombreuses portes : membre de la Commission « recherche clinique » du Fonds National de la Recherche Scientifique, conseiller à l’Organisation Mondiale de la Santé, président du Comité Scientifique Consultatif de la Ligue Cardiologique Belge,…

Il accepte également la présidence de plusieurs fondations scientifiques (Fondation Loïc, Fondation Bekales, Fondation Rylant). A l’Hôpital Saint-Pierre il devient Président du Conseil Médical.

A l’Académie royale de Médecine de Belgique, il est élu membre correspondant régnicole en 1992, membre titulaire en 1997 et membre honoraire le 13 juin 2008. En 1996 il participe à la rédaction d’un rapport sur les pacemakers qui va secouer la communauté des cardiologues belges et conduire à une amélioration des pratiques.

L’homme

Le Professeur Roland Bernard est un homme énergique, volontaire, créatif et habile dans la réalisation de ses projets. Son élégance et sa gentillesse naturelle séduisent ses amis, ses collègues et surtout ses élèves qui lui vouent une estime et une loyauté sans faille. Ces qualités sont restées intactes et son amitié fidèle jusqu’au dernier jour.

L’artiste

Roland Bernard est un homme raffiné qui aime l’Art sous toutes ses formes. Après sa retraite, il s’investit dans l’étude de la Peinture qu’il affectionne tout particulièrement. Son travail assidu et les conseils de maîtres reconnus contribuent à une production artistique de grande qualité.

Le Professeur Bernard est un Cardiologue qui a consacré une énergie considérable à défendre ses convictions, son hôpital et ceux qu’il appréciait. Ces réalisations n’ont été possible que par le soutient et l’amour de son épouse et de ses enfants pendant toutes ces années.

Du fond du cœur nous vous en remercions.

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs Cl. Saegerman, G. Fillet, J.E. Dumont et U. Gaspard).

par Andrea R. GENAZZANI (Université de Pise – Italie), membre étranger.                   

The last century was just ending and the general consent toward Hormone Replacement Therapy of the Menopause growed sustained by the general perception from the greatest part of scientific data that this therapy, in addition to the efficacy of the treatment of menopausal symptoms, have also a positive impact in the prevention of Cardiovascular diseases, the major cause of women mortality.

Some concern however were still present at that time for the negative impact on breast cancer with an increased relative risk which varied from treatment to treatment on the basis of the substances used, mainly the progestogens, and also on the basis of the way of administration of estrogens with the Oral route showing the greatest negative impact, while transdermal administration and the use of natural progesterone were not associated to any particular increase of the natural breast cancer risk.

This was the moment (J. Am. Med. Assoc. 2002; 288: 321–333) when the WHI study results were published… in the first version!

After that nothing remained the same: the media (TV, Journals, Magazines etc.) diffused the news that the Hormone Replacement Therapy represent a risk for Women’s Health, without any doubt that the WHI study represent the TRUTH !! 

The very important media impact and a great attention to media’s information, more than to the scientific data, were the major results of the WHI study.

This was evident since the moment when WHI study results were presented to the public at NIH in Bethesda during a two days meeting in September 2001.

In a full consensus environment with tenth of speakers showing data who stigmatize the role of Hormone replacement Therapy of the Menopause where the treatment (Conjugated Equine Estrogens 0,625 mg and Medroxy Progesterone Acetate 2,5 mg) given in comparison to placebo for more than 7 years apparently increased the Cardiovascular risk, the Breast Cancer risk, the Cerebrovascular risk, the Alzheimer disease risk.. in a population ranging from 50 to 79 years, where the Menopause symptomatic women were nearly totally excluded.

Only few persons at that meeting and in particular Sindney Shapiro, Epidemiologist, and myself , as Past President of the International Menopause Society, had official concerns regarding the study, the results the validity and their interpretation.

Sidney criticized the epidemiological design and lack of consideration of the very important movements inside to the groups of treated and controls and the lack of symptomatic individuals with an extraordinary number of aged person treated many years after the Menopause.

I presented my concern for the quality of treated individual, the exclusion of the symptomatic, the inclusion of aged population starting treatments many years after menopause, and the extraordinary abundance of overweight, obese patients and individuals with already existing cardiovascular diseases not properly treated.

Our comments were totally denied by the audience, who was more opened to accept without any criticism the immense flow of data presented by the WHI investigators.

In an editorial (Gynecol Endocrinol. 2002 Aug;16(4):255-7) that I wrote immediately after WHI study publication, I expressed my doubts on the validity of the study, as a study on the effect of Hormone Replacement Therapy for the treatment of the Menopause. The WHI in fact was showing the effects of a specific hormone association therapy (CEE plus MPA) in women starting the treatment from 50 to 79 year, for a period of more than 7 years, when the study was interrupted. The data arising from that study were given to the large public, not as a treatment on an aging population but as for a specific treatment for the menopause symptoms therapy, without any consideration on the fact that in these women menopause can happen one month or more than 20 years before the beginning of treatment.

The time since the Menopause was so different that when the same authors in further studies examined the impact according to the time from menopause (less than 10 years, between 10 and 20 years and more than 20 years) , the group of patients closer to menopause in fact also in the WHI study, showed a positive effect of hormone therapy even in the risk that they were claiming on for hormonal therapy.

Millions of women all around the world interrupted their treatment, the major companies producing Hormone Replacement Therapy made bankrumpt or were sold to other companies, researchers, employees and workers were dismissed, and a misogynist crusade against hormone use in women started in all Countries.

The general ignorance of hormone effects, the lack of culture and mainly the fear associated to the ignorance, were the major actors in our scenario.

Since the interruption of hormone therapy and the denial to prescribe this treatments after menopause, the number of osteoporotic fractures, myocardial infarct, Alzheimer diseases, depression and all other diseases linked to the women lack of sex steroids, increased suddenly all over the world.

In Europe we activated new studies and we exploited the Women’s Health National registries data, such as in Denmark and Finland, which allowed us to publish studies, demonstrating that treating symptomatic women since the moment of Menopause with Estradiol (the European Estrogen), and different gestagens (with the exclusion of MPA) or micronized progeterone, the impact on cardiovascular system was clearly protective and same for brain and all other body organs and tissues.

Also for the breast, the use of hormones selected for women by nature, was free of additional risk.

Human life start surrounded and protected by sex steroids and these substances continues their positive impact on cell biology during all life.

The Americans were obliged to reanalyse their results, and some group started providing new date showing that a critical factor is to start the hormone therapy as earlier as possible, even before menopause and others have also agreed that the quality of progestogens can make the difference mainly for the breast effects of these treatments.

Now, a new sunrise is facing us: hormone therapy with estradiol, manly for transdermal route of administration, and with micronized progesterone represents for the greatest majority of women the proper way to correct the symptoms of the menopause and to protect all steroid sensitive organs from the impact of the hormone withdrawal of the menopause.

The length of treatment have to be individualized according to the personal needs and general timing is normally over 10 to 15 years (Nat Rev Endocrinol. 2013 Jan;9(1):5-6 ) .

In addition to the general therapy, local treatments can be associated to enhance the effects on genital tract according to the needs, to improve vulvo vaginal atrophy and to protect women sexual life.

And this is not the last word… from the most recent studies, other substances appears to increase the women protection and to reduce their natural risks… Estetrol, the Estrogen protecting mother and fetus during pregnancy, clearly shows its possibilities and advantages in the use in women therapies…. now in contraception and in the very close future in Post-Menopause therapy.

The G-D smile appears again between… the courtains.

References:

1. Writing Group for the Women’s Health Initiative Investigators. Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women: principal results from the Women’s Health Initiative randomized controlled trial, J. Am. Med. Assoc.; 288:321–333, 2002. 

2. Genazzani AR, Gambacciani M., A personal initiative for women’s health: to challenge the Women’s Health Initiative, Gynecol. Endocrinol.; 16:255–257, 2002. 

3. Nat. Rev. Endocrinol. 2013 Jan;9(1):5-6. doi: 10.1038/nrendo.2012.228. Epub 2012 Nov 27. Pharmacotherapy: Benefits of menopausal hormone therapy--timing is key, Genazzani AR, Simoncini T.

 

par Michelle NISOLLE (Service de Gynécologie-Obstétrique – ULg), membre associée.         

L’endométriose, pathologie dont l’incidence est estimée à 10% de la population féminine, devrait idéalement faire l’objet d’une prise en charge multidisciplinaire au sein de « Centres de Référence ».

En effet, elle engendre très fréquemment une infertilité et/ou des douleurs pelviennes invalidantes essentiellement en cas d’atteinte digestive ou urologique associée. Le but de la chirurgie est de réaliser l’exérèse complète des lésions même si elles infiltrent les organes pelviens avoisinants. Une information précise des complications per et postopératoires doit être donnée à la patiente lorsque le plan de soins lui est présenté.

Le Centre de Référence doit donc disposer de l’ensemble des moyens humains et d’infrastructure permettant de poser un diagnostic précoce, ainsi qu’une prise en charge optimale et adaptée à chaque patiente.

Ce Centre doit fonctionner sur la base d’une réunion de concertation pluridisciplinaire associant radiologues, chirurgiens digestifs, urologues, gynécologues-chirurgiens, gynécologues spécialistes de la procréation médicalement assistée, ainsi que des spécialistes de la douleur pelvienne chronique.

Une approche multidisciplinaire de l’endométriose permettrait de garantir de meilleurs résultats en termes de douleurs et de fertilité. Au même titre que pour l’oncologie, un plan « Endométriose » devrait être encouragé même s’il s’agit d’une pathologie bénigne mais dont les répercussions peuvent être majeures au sein d’un couple.

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs M. Lamy, Mme M. Cnop, Dr J.-P. Thissen et le Pr M. L'Hermite).