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ACADEMIE ROYALE DE MEDECINE DE BELGIQUE
Etablissement public fondé en 1841
COMPTES RENDUS DE SEANCES DE L'ACADEMIE
(séances du 1er semestre 2009) |
SEANCE DU SAMEDI 31 JANVIER 2009 |
L’Académie royale de Médecine a tenu sa première
séance mensuelle de l’année 2009, le samedi 31 janvier, sous la
présidence de Mme le Prof. J.-A. Stiennon-Heuson, entourée au Bureau du
Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et des vice-présidents les
Professeurs L. Hue et P.-P. Pastoret.
*
* *
La partie scientifique de la séance est consacrée à
deux lectures, l’une par le Prof. N. Tordo (Institut Pasteur de Paris),
invité, et l’autre par le Prof. P. Kaiser (Institute for Animal Health –
Royaume-Uni), invité.
L’exposé du Prof. N. Tordo est intitulé : « Rage et
Lyssavirus ». Il résume son exposé comme suit : «
La ménigo-encéphalite rabique continue de provoquer
55.000 décès par an, la quasi-totalité d’entre eux se produisant suite à
morsures de chiens dans les régions en développement d’Asie et
d’Afrique. La maladie résulte de l’infection des neurones par des virus
du genre Lyssavirus : on en connaît aujourd’hui sept génotypes
(GT) qui se séparent en deux phylogroupes (PG). Le PG1 comprend le virus
de rage classique de répartition mondiale (GT1; RABV), le lyssavirus de
chauves-souris Européennes de type 1 (GT5 ; EBLV-1) et de type 2 (GT6 :
EBLV-2), le lyssavirus africain Duvenhage (GT4: DUVV), ainsi que le
lyssavirus de chauves-souris australiennes (GT7 : ABLV). Le PG2 comprend
les lyssavirus africains Lagos bat (GT2 ; LBV) et Mokola (GT3 ; MOKV).
Cette classification est en évolution constante, car de nouveaux
lyssavirus sont régulièrement isolés de chauves-souris : ainsi les virus
Aravan (ARAV) et Khujand (KHUV) en Asie centrale, le virus Irkut (IRKV)
en Sibérie orientale, ainsi que le virus de chauves-souris du Caucase
occidental (WCBV).
Si la rage est transmissible à tous les mammifères,
les espèces vectrices des lyssavirus sont retrouvées préférentiellement
parmi les ordres Carnivora et Chiroptera. Ce dernier est
toutefois dominant puisqu’on trouve des chauves-souris vectrices de
lyssavirus de tous les GTs (sauf le GT3 de vecteur inconnu) alors que
les carnivores semblent spécialisés dans la transmission de lyssavirus
du GT1 seulement. De plus, les reconstructions phylogénétiques indiquent
que les lyssavirus ont évolué chez les chiroptères avant d’émerger chez
les carnivores. Cette observation suggère que les vecteurs carnivores
seraient régulièrement « alimentés» de lyssavirus transmis par des
chauves-souris, selon un mécanisme de franchissement de barrière
d’espèce et d’adaptation au carnivore cible. Cette hypothèse a été
confirmée par des observations sur le terrain.
Ainsi, s’il est possible de contrôler la rage canine
par régulation des populations et vaccination parentérale, si la
vaccination orale par distribution d’appâts a montré sa capacité à
éliminer la rage vulpine de l’Europe de l’Ouest, il est aujourd’hui
irréaliste de vouloir contrôler, encore moins éliminer, les lyssavirus
au sein des colonies de chauves-souris. Ceci d’autant plus que la
pathogénicité de ces lyssavirus pour leurs hôtes reste sujet à débat,
comme si une longue cohabitation avait permis l’établissement d’une
« relation diplomatique » entre les partenaires. Alors que d’importants
efforts sont déployés pour éliminer la rage canine dans le monde, source
de la plupart des cas humains, il faut garder à l’esprit que la rage des
chiroptères demeure un danger moins important en nombre mais constant
pour la santé publique. Déjà, dans les pays développés d’Amérique du
Nord, les chauves-souris sont devenues la cause majeure de transmission
de rage humaine avec environ un à deux cas/an aux U.S.A. En Europe, les
cas humains sont plus rares (cinq cas reconnus dont un en Ecosse en
2002) mais la surveillance accrue des populations de chauves-souris
indique une circulation non négligeable de lyssavirus.
Les chiroptères représentent environ 20 % des espèces
connues de mammifères. Si la rage a historiquement servi d’alerte sur
leur potentiel de transmission de maladies infectieuses à l’homme, des
études récentes montrent que le panel de microorganismes transmis est en
fait beaucoup plus large. En matière de virus hautement pathogènes, la
liste est particulièrement édifiante : les henipavirus tropicaux (Nipah,
Hendra, Tioman), le virus du SRAS ainsi que d’autres coronavirus, les
filovirus Ebola et Marburg, etc. Ceci ne doit pas désigner les
chauves-souris comme responsables de tous les maux comme il est arrivé
par le passé. Simplement, de l’étude des interactions qu’elles
établissent avec les pathogènes comparées à celles que nous établissons,
on peut mieux comprendre les bases moléculaires de la pathogénicité chez
l’homme, un préalable indispensable pour l’identification des cibles
antivirales dans une perspective de thérapie ».
M. N. Tordo est félicité pour sa présentation. Il
répond aux interventions des Professeurs J.-J. Vanderhaeghen, L. Hue et
M. Lamy.
*
* *
Le second exposé, par le Prof. P. Kaiser est
intitulé : « Towards the selection of chickens resistant to Salmonella
and Campylobacter infectionsges ». Il présente ainsi le résumé de sa
lecture : « The chicken has a different
repertoire of immune genes, molecules, cells and organs compared to
mammals. To understand the role of any disease
resistance gene(s), it is therefore important to understand these
different repertoires, and the chicken's response to a particular
pathogen. Our studies are focused on the innate immune response, as we
have demonstrated that responses of macrophages from inbred lines of
chickens, and heterophils from commercial birds, correlate with
resistance or susceptibility to infection with Salmonella and
Campylobacter.
To map disease resistance genes, we are using a
combination of expression quantitative trait loci (eQTLs) from
microarray studies, allied with whole genome SNP arrays (WGA), copy
number variation arrays and a candidate gene approach. We have recently
refined the location of SAL1, a locus that defines a large component of
resistance to systemic salmonellosis, from a 2 Mb region of chromosome
5, to 14 candidate genes, two of which, AKT and SIVA-1, are interesting
functional candidates ».
La présentation de
M. P. Kaiser est suivie d’une discussion à laquelle
prennent part les Professeurs P.-P. Pastoret, N. Tordo, S. Van Gucht
(invité extérieur) et A. Dresse.
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* *
M. le Prof. A. Dresse prend la parole et prononce son
allocution de fin de mandat présidentiel pour l’année 2008 et s’exprime
comme suit :
« Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire
perpétuel, Cher(e)s Confrères et Consoeurs, l’année qui vient de se
terminer a connu de nombreux événements de diverses natures. Ils ont eu
des répercussions sur le fonctionnement de la Compagnie.
Je voudrais, en quelques minutes, passer en revue
avec vous les différentes activités de cette année 2008 au niveau des
séances publiques d’une part, et du Bureau, d’autre part.
La partie scientifique des séances plénières
nous a permis d’entendre vingt et un orateurs venant des Universités
belges, francophones et néerlandophones, de Paris et d’une firme privée.
Des sujets variés furent développés. Le détail de ces lectures sera
fourni dans le rapport annuel du Secrétaire perpétuel.
La séance de fin d’année fut consacrée à des sujets
plus généraux : la « Pathologie des Médici » par le Professeur Ivo De
Leeuw de l’UIA et « Les répercussions des changements climatiques sur la
santé humaine et animale » par le Professeur Jean-Pascal van Ypersele de
l’UCL.
Un compte rendu assez détaillé de ces exposés se
trouve sur le site web de l’Académie de Médecine régulièrement tenu à
jour de façon compétente par Monsieur J. Dubucq, Directeur
d’Administration. Il faut ajouter deux séances publiques spéciales,
l’une pour les jeunes chercheurs, organisée le 15 mars par les
Professeurs Goldman et Kramp, et la remise solennelle des prix le 14
juin.
Plusieurs rapports importants des commissions ont
également été communiqués et approuvés lors des ces séances plénières.
Ils seront également détaillés dans le rapport du Secrétaire perpétuel.
Je voudrais simplement citer le code d’éthique de la recherche approuvé
à l’unanimité le 12 juillet 2008 et qui sera présenté par notre
Présidente ; un rapport sur les sages-femmes présenté par le Professeur
J.-M. Foidart ; sur l’automesure de la pression artérielle en pharmacie
par le Professeur L. Delattre. Un important rapport sur les
préoccupations de l’Académie concernant le respect de la vie privée dans
le cadre du projet e-Health fut présenté par le Professeur A. Albert, un
autre sur l’hadronthérapie par le Professeur P. Van Houtte et un dernier
intitulé « Est-il souhaitable de libéraliser l’accès au Cannabis ? » par
moi-même.
Les éloges académiques de plusieurs de nos Collègues
récemment disparus furent également prononcés : les Professeurs J.
Lorthioir, par J. van der Stricht, R. Hanset, par M. Georges, R. de
Marneffe, par G. Primo, Ch.M. Lapière, par J.-M. Foidart, Mme J. Flament-Durand,
par Mme D. Balériaux et M. J.-P. Brion, et R. Lambotte, par J.-M.
Foidart.
Le fonctionnement du Bureau, véritable organe
opérationnel de l’Académie, est relativement mal connu quand on n’a pas
participé à son fonctionnement. Secondé par son administration, le
Professeur J. Frühling, Secrétaire perpétuel, est la véritable cheville
ouvrière de ce Bureau. C’est lui qui organise sans relâche le programme
des réunions bimensuelles et en assure le suivi. Les autres membres du
Bureau proprement dit sont le Président et les premier et second
vice-présidents, tous trois nommés pour un an. Cette durée d’un an peut
paraître courte mais en pratique, chaque Président participe pendant
trois ans aux travaux du Bureau avec une expérience et des
responsabilités croissantes. Deux assesseurs du Secrétaire perpétuel et
deux représentants des membres ordinaires (anciens correspondants)
viennent compléter le tableau. Par un accord tacite, les différentes
Universités de la Communauté sont représentées de manière équilibrée.
Les réunions bimensuelles se déroulent dans une atmosphère d’entente et
de collégialité enrichie par la personnalité, l’expérience et la
sensibilité de chacun.
De nombreux sujets ont été traités. Je voudrais
simplement évoquer trois dossiers importants.
1) Le 13 juin 2008, les nouveaux statuts et le
règlement d’ordre intérieur de l’Académie de Médecine ont été approuvés
par la Communauté française. La Commission de sélection, constituée du
Bureau et des Présidents des différentes sections a, dès lors, commencé
ses travaux. Quinze profils qui paraissent importants pour étoffer la
Compagnie ont été définis. Les candidatures ont été ouvertes pour sept
d’entre eux et seront prochainement proposées au suffrage des membres.
Ce dossier suit son cours en 2009 et sera abordé par notre Présidente.
2) Les tempêtes financières de 2008 ont eu des
répercussions importantes sur notre patrimoine. La Commission de
comptabilité, présidée par le Professeur J. Boniver, a beaucoup
travaillé ce dossier.
3) Le dernier sujet que je voudrais évoquer
brièvement est celui des Collèges Belgique et des Alumni. Sous
l’impulsion dynamique et éclairée du Professeur H. Hasquin, Secrétaire
perpétuel de l’Académie royale de Belgique, et avec le parrainage du
Collège de France, un programme de cours-conférences a été organisé
concernant tous les domaines du savoir et de la création artistique.
L’Académie de Médecine y participe. Destiné à tout public, ce programme
a été inauguré le 20 janvier.
Je terminerai en remerciant chaleureusement chacun
des membres du Bureau pour l’esprit constructif avec lequel nous avons
travaillé.
Ces différentes activités montrent que l’Académie
royale de Médecine a un rôle important à jouer dans une société en
rapide évolution. Souhaitons lui plein succès dans sa double mission de
support à la recherche scientifique et de conseil auprès des autorités
de santé. Son indépendance intellectuelle et l’éventail des compétences
qu’elle rassemble constituent des atouts majeurs pour l’accomplissement
de cette double tâche ».
*
* *
Mme le Prof. J.-A. Stiennon-Heuson, élue Présidente
pour l’exercice 2009, prononce ensuite un remarquable discours d’entrée
en fonction. Elle s’exprime en ces termes :
« Monsieur le Président
Dresse, Messieurs les premier et second vice-présidents, Monsieur le
Secrétaire perpétuel, chers Confrères, chères Consoeurs, Mesdames,
Messieurs, j'aimerais vous exprimer mon émotion et mon plaisir d'être ce
jour devant vous à la charge pour laquelle vous m'avez élue et je vous
en remercie. Je voudrais aussi dire ma reconnaissance à toutes celles et
tous ceux qui m'ont accompagnée dans mes cheminements académiques. Je
tenterai d'être digne de votre confiance en relevant les défis qui sont
les nôtres et ce avec votre aide éclairée et stimulante, comme il est de
tradition dans notre Compagnie.
Je serai assistée dans cette tâche par nos deux
vice-présidents, MM. L. Hue et P.-P. Pastoret, dont la vigilance et la
rigueur vous sont connues, ainsi que par vos représentants au Bureau,
soucieux du travail bien fait et par une administration dévouée. Last
but not least, j'oeuvrerai avec notre Secrétaire perpétuel. János
Frühling est un gestionnaire de talent à la volonté sans faille,
négociateur tenace, perpétuellement sur la brèche, et dont
l'enthousiasme ouvert au dialogue et à l’écoute de l’autre, témoigne de
qualités profondément humaines.
Si autrefois, les Académies furent créées par les
"Grands" pour susciter la découverte dans les sciences et s'assurer les
conseils des Savants, elles assument à notre époque des fonctions
diversifiées et des missions spécifiques qui s'inscrivent dans l'ordre
sociétal. Dans ce contexte, notre Institution est devenue, comme le
rappelait Arsène Burny en 2007, un ensemble moderne et rayonnant.
Elle accueille à sa tribune des orateurs talentueux
qui oeuvrent dans les domaines les plus variés des sciences biomédicales
s’inscrivant dans la modernité. Nous allons poursuivre plus avant notre
action dans cette voie, car la communication du savoir est une de nos
tâches essentielles. Mais il ne s'agit pas seulement du savoir connu -
il y a d'excellents disques durs pour cela - il s'agit de sublimer le
savoir, de le comprendre et de l'utiliser dans l'action en une
convergence permanente.
Il s'agit aussi d'accepter l'imprévu de la
découverte, comme le disait en 1673 mon quasi homonyme, l'Académicien
Nicolas Stenon « beau est ce que l'on voit, plus beau est ce
que l'on sait et de loin le plus beau est ce qui demeure
impénétrable ». Il ne s'agit pas de se résigner à l'inconnu, mais de
donner toute sa chance à l'invention. C'est une oeuvre complexe dont
nous sommes les agents de liaison entre la mémoire conservée,
l'observation constante du progrès et les balises responsables à poser
pour le futur.
C'est ce rôle qu'assument nos Commissions et je
remercie les membres qui se dévouent depuis des années à cette mission
fondamentale pour notre futur sociétal. Leur quête sera toujours
inachevée et toujours indispensable pour affronter l'incertitude du
futur et le désenchantement ambiant. Inlassablement, nos Commissions
auront à coeur de préparer de nouvelles réflexions, de nouvelles
synthèses, et de nouvelles propositions.
C’est ainsi que dans l'année que nous abordons, il
faudra très rapidement assurer le suivi de la mise en oeuvre de nos
nouveaux statuts et les ajuster s'il échet. Leur rédaction a demandé un
travail titanesque à nombre d'entre vous, sous la houlette éclairée de
Messieurs Charles van Ypersele et Georges Franck.
Leur mise en œuvre connaîtra une première
concrétisation le 28 février prochain lors de l'élection de nouveaux
membres suivant les nouvelles modalités statutaires après un examen par
la Commission de Sélection. A cette occasion, nous avons été interpellés
par la qualité et le nombre des candidatures reçues. C'est le signe du
dynamisme, de l'excellence et du rayonnement de notre recherche en
sciences biomédicales au sens large, dans de très nombreuses
disciplines. Mais ceci nous questionne quant au nombre de postes ouverts
et à éventuellement ouvrir pour accueillir les candidats de valeur.
Par ailleurs, la Commission de sélection a été
confrontée à une densité de travail et une complexité inattendue, ce qui
nous amènera à coupler les deux élections d’une année en une seule
séance. Ainsi, le Bureau a décidé que les élections de 2009 (mai et
novembre) se dérouleront lors de la séance du 24 octobre.
Tous et toutes, nous allons donc nous atteler à
réfléchir à la question d’un ajustement de nos nouveaux statuts afin de
les améliorer encore sur la base de l’expérience vécue. Dès le
printemps, période propice à l’éclosion des jeunes pousses et des idées
novatrice, nous nous attellerons à cette tâche.
La diffusion des appels à candidatures et de
l’information par courriel et par courriers multiples a été efficace et
maîtrisée. Ceci nous conforte à développer encore notre ouverture vers
l'extérieur en utilisant les moyens modernes. Cette évolution, entamée
il y a quelques années déjà, se poursuivra dans le cadre de toutes nos
activités. Les avis et conférences seront ainsi annoncés et diffusés
encore plus largement, avec en toile de fond notre mission première :
l'excellence dans la réflexion et le souci de rendre ses lettres de
noblesse à la mesure en toute chose.
Il ne s'agira pas de publicité médiatique escamotant
les questions en faisant croire qu'elles sont résolues. Au contraire, il
s'agit d'identifier des questionnements pertinents et de faire connaître
les argumentaires qui s'y rapportent. Une nouvelle Commission dite
« Cellule-média » est en voie de structuration. Il lui incombera
d'organiser, avec le concours du Bureau, les multiples facettes de la
diffusion de l'information relative à nos activités et d’être attentive
aux publications de la presse.
Pour clôturer ce point, j’aimerais rappeler
l'importance et le rayonnement acquis par notre site internet, dont les
visites connaissent une ascension inexorable et dont la qualité et la
convivialité, sous la conduite de M. J. Dubucq sont exemplaires.
S’agissant toujours d’ouverture et d’implication
sociétale, je me dois de souligner notre participation aux deux
structures novatrices que sont le Collège Belgique et le Collège des
Alumni, créées sous l’impulsion du Secrétaire perpétuel Hervé Hasquin.
Dans le cadre du Collège Belgique, notre Compagnie
est impliquée en 2009-2010, dans le programme des cours-conférences
interdisciplinaires consacrés aux sciences médicales et elle organise le
cycle intitulé « De l’imagerie cérébrale à la conscience et à
l’éthique ».
Sur le plan des sciences médicales au sens large, les
thèmes suivants seront traités : « Actualités médico-légales et
anthropologiques », « Exploration de l'activité rythmique du cerveau »,
« La conscience », « Le vieillissement physiologique », « Les nouvelles
parentalités alternatives : révolution embryologique, médicale,
sociétale et éthique », « L'autonomie du patient confronté aux balises
légales du début à la fin de vie ».
Chers confrères, chères consoeurs, je m'en voudrais
de ne pas évoquer enfin une réflexion qui a mobilisé certains membres de
notre compagnie, et certainement Georges Rorive : « il s'agit du Code
d'éthique de la recherche scientifique ». Il a été composé, vous l'avez
approuvé et nous attendons le destin qui lui sera réservé en 2009.
Pourquoi un tel Code éthique, à notre époque ? C'est
que la science est devenue productrice - transformatrice de ses objets
et de sa réalité. La médecine s'est métamorphosée. Les questions posées
ne relèvent pas seulement de la raison théorique, mais aussi d’une
vision pratique et d’une volonté impérative de concrétisation.
La question de la temporalité est prégnante : le
temps long exigé par les relations interpersonnelles en médecine ou par
la recherche, est confronté au temps court de la politique, de la
gestion financière, des médias, de la recherche finalisée et de
l’innovation appliquée.
Une refondation du contrat entre science et société
est nécessaire et il convient à cet effet de réévaluer les missions et
les modes opératoires par une alliance forte et nouvelle entre les
acteurs de la recherche et la société civile. D'où le code d'éthique
multidisciplinaire qui devra s'inscrire dans le temps afin de bâtir
librement et lucidement un futur qui soit à la hauteur des enjeux. A cet
égard, la Commission Science - Médecine sera élargie à l’Ethique.
Je pense que nous sommes des passeurs de temps,
guéris de la nostalgie de l'éternel et des promesses de l'Histoire et
nous sommes aussi des passeurs d’idées et de valeurs. Ce n’est pas une
tâche aisée d’autant que, comme le dit Jean Cocteau : « le passé
n'est pas simple, le présent n'est qu'indicatif et le futur
toujours conditionnel ». Mais quand l'impossible devient réalité
espérée, alors cela s'appelle l'Aurore, selon l’Electre de
Giraudoux. C'est ce que je vous souhaite pour l'année nouvelle qui a
pris son envol.
Pour conclure, chers Collègues, je ne puis empêcher
un clin d’œil ! Jusqu’à présent, parodiant Marguerite Yourcenar, je note
que notre Académie s’était conformée aux usages qui placent la femme
sur un piédestal, mais ne permettent pas de lui avancer le premier
fauteuil. Je n’en ai que plus de raison pour vous témoigner ma gratitude
de m’avoir tendu la main pour franchir les marches qui y conduisent.
Parmi les privilèges de ma charge, je n’en connais
pas de plus haut que de faire l’éloge des grands esprits qui m’ont
précédée, disait elle.
Chers Confrères et chères Consoeurs, après 168 ans
d’existence de notre Académie, le temps imparti à sa 133e
Présidente ne lui permet cependant pas de faire l’éloge des 132
Présidents masculins qui l’ont précédée. Ce n’est peut-être que partie
remise ! ».
Je vous remercie.
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* *
Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel
signale la disparition du Prof. D. Gajdusek, décédé à Tromso (Norvège)
le 12 décembre 2008, à l’âge de 85 ans. (Prix Nobel de Physiologie et de
la Médecine 1976 pour la découverte de ce que l’on appellera les
prions), il avait été élu membre honoraire étranger le 24 novembre 1984.
Celui du Prof. H.-G. Hers, membre honoraire, décédé à
Louvain-la-Neuve le 14 décembre 2008, à l’âge de 85 ans. Professeur
émérite à l’U.C.L., spécialiste en Chimie physiologique, chercheur
passionné, titulaire de nombreuses distinctions scientifiques, il avait
été élu correspondant régnicole le 28 juin 1969 et promu membre
titulaire le 25 novembre 1972. Son éloge aura lieu, avec l’accord de la
famille, le samedi 25 avril 2009.
De même la disparition du Prof. A. Fain, notre doyen,
membre honoraire, décédé à Bruxelles le 4 janvier 2009, à l’âge de 96 ½
ans. Professeur émérite de Parasitologie à l’Institut de Médecine
tropicale à Anvers et à l’Université de Louvain, il avait été élu
Correspondant régnicole le 20 décembre 1969, et promu membre titulaire
le 31 mai 1980.
Ainsi que la disparition du Prof. P. Dejours, membre
honoraire étranger, décédé à Chaumont-en-Véxin (France), le 10 janvier
2009, à l’âge de 86 ans. Professeur de Physiologie à la Faculté de
Médecine de Paris, docteur honoris causa de l’Université de Liège, il
avait été élu Correspondant étranger le 27 novembre 1982 et promu membre
honoraire étranger le 23 mai 1987.
Le Secrétaire perpétuel signale que nous venons
d’apprendre ce 29 janvier, à l’âge de 82 ans, la disparition du Prof. G.
Sokal, membre honoraire, né le 1er juillet, à Baden/Wien
(Autriche). Professeur émérite à l’U.C.L. – Hématologue, il avait été
élu correspondant régnicole le 22 mai 1982 et promu membre titulaire le
28 mai 1994.
Une minute de silence est observée en mémoire de ces
éminents Collègues.
*
* *
Il mentionne ensuite que les
numéros 3-4 ; 5-6 et 7-8-9 du volume 163/Année 2008 qui ont été envoyés
précédemment aux membres, sont soumis à l’approbation de l’assemblée ;
aucune observation n’est formulée, et les procès-verbaux sont ainsi
approuvés.
Il annonce que les documents concernant les prochains
Prix du F.N.R.S. dont le délai des candidatures était le 2 février 2009
ont été transmis par courrier à tous membres.
Plusieurs autres Prix sont annoncés, notamment celui
de la Ligue Nationale Alzheimer Liga, dont le dépôt des candidatures est
fixé le 28 février 2009 au plus tard ; une séance de l’Académie royale
des Sciences d’Outre-Mer intitulé : « Developing Countries facing Global
Warming : a Post-Kyoto Assessment » qui se tiendra au Palais des
Académies les 12 et 13 juin 2009 ; également le « Prix scientifique
McKinsey & Compagny 2009 » ; le « Prix scientifique SCK-CEN – Prof.
Roger Van Geen 2009 ». Toutes les conditions de ces Prix restent
accessibles au secrétariat de l’Académie.
*
* *
Enfin, le Secrétaire perpétuel annonce que la
convocation de la séance du samedi 28 février 2009 circulera très
prochainement en vue des élections, et signale que 113 Collègues ont le
droit de vote et que le quorum est de 57 votants.
Tout le monde recevra des extraits de la copie des
Statuts, et du ROI, ainsi qu’une lettre explicative signée par la
Présidente et le Secrétaire perpétuel concernant les aspects techniques
du vote.
*
* *
M. le Secrétaire perpétuel mentionne ensuite la liste
complète des jurys qui ont été chargés d’analyser les diverses
candidatures aux prix venus à échéance le 12 janvier 2009.
Il souligne que tout le monde peut encore s’inscrire
comme membre des jurys et attend d’éventuelles suggestions par courrier
ou courriel d’ici quelques jours.
La Présidente signale que la séance du mois de
février débutera exceptionnellement à 9h.30.
*
* *
L’Académie se forme ensuite en « Comité secret ». La
Présidente donne la parole au Prof. J. Boniver, Président, qui commente
le rapport relatif au patrimoine de l’Académie.
La séance est levée à 12h.45.
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SEANCE
DU SAMEDI 28 FEVRIER 2009 |
L’Académie royale de Médecine a tenu séance mensuelle en date du
samedi 28 février 2009, sous la présidence de Mme le Prof. J.-A.
Stiennon-Heuson, entourée au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J.
Frühling, et des vice-présidents les Professeurs L. Hue et P.-P.
Pastoret.
*
* *
La partie scientifique de la séance est consacrée à deux
lectures, l’une par le Prof. F. Lemaigre (Institut de Duve - U.C.L.),
invité, et l’autre par le Prof. B. Van Beers (U.C.L. - Service de
radiologie - Hôpital Beaujon, Paris), invité.
L’exposé du Prof. F. Lemaigre est intitulé : « Le
développement embryonnaire du foie : de la biologie fondamentale à
la pathologie pédiatrique ». Il résume son exposé comme suit : « A
la naissance, un certain nombre d'enfants souffrent de déficiences
de l'expression d'enzymes-clés du métabolisme hépatique, ou de
malformations des voies biliaires. Ces pathologies peuvent être
mieux comprises, et dans certains cas mieux traités, grâce à
l'apport de connaissances en biologie du développement du foie. Au
cours de l'exposé, un résumé des étapes essentielles du
développement embryonnaire du foie fut présenté. L'accent a été mis
sur les connaissances récemment acquises, concernant la
différenciation des hépatocytes et la formation des voies biliaires.
Les méthodologies de la biologie du développement, et la traduction
des connaissances récentes en diagnostic et traitement de
pathologies pédiatriques, furent illustrés ».
M. F.
Lemaigre est remercié pour son intéressant exposé et une discussion
s’ensuit à laquelle prennent part MM. les Professeurs J.E. Dumont,
Th. Godfraind, G. Vassart, E. Pays et Mme J.A. Stiennon-Heuson.
*
* *
Le second exposé, par le Prof. B. Van Beers est intitulé :
« L’imagerie par résonance magnétique quantitative de la stéatose et
de la fibrose hépatique ». Il présente ainsi le résumé de sa
lecture : « Stéatose
hépatique. Les
méthodes de résonance magnétique (RM) permettent de détecter et de
quantifier de manière précise et non irradiante la stéatose
hépatique. Ces méthodes sont basées sur l’évaluation de la
différence de fréquence de résonance entre l’eau et la graisse.
Plusieurs méthodes de résonance magnétique ont été proposées. Il
s’agit essentiellement de la spectroscopie du proton, de l’imagerie
sélective de la graisse et de l’imagerie du déplacement chimique.
Fibrose
hépatique.
De nombreuses
méthodes sont proposées pour détecter et évaluer la sévérité de la
fibrose hépatique. L’IRM morphologique est limitée à la détection de
la cirrhose et des signes d’hypertension portale. C’est pourquoi,
nous avons développé des méthodes d’imagerie fonctionnelle
comprenant l’IRM de perfusion, de diffusion et l’élastographie par
RM. L’IRM de perfusion permet de calculer les paramètres
micro-circulatoires du foie. Ces paramètres se modifient dans la
fibrose hépatique en rapport avec l’hypertension portale et la
capillarisation des sinusoïdes. L’IRM de diffusion détecte les
mouvements browniens. Il a été montré que la fibrose hépatique
s’accompagnait d’une diminution du coefficient apparent de
diffusion. Cependant, l’IRM de diffusion n’est pas très
discriminante pour séparer les différents stades de fibrose. De
plus, la diminution de la perfusion dans la fibrose apparaît être un
élément important pour expliquer la diminution du coefficient
apparent de diffusion. Enfin, l'élastographie
par RM permet de mesurer les propriétés visco-élastiques du foie en
étudiant la propagation d’ondes mécaniques dans le tissu. L’élastographie
par RM est une méthode très sensible et spécifique pour déterminer
la sévérité de la fibrose hépatique.
Conclusion :
L’IRM permet une quantification précise et non vulnérante de la
stéatose et de la fibrose hépatiques ».
M. B. Van
Beers est félicité pour sa présentation et répond aux interventions
des Professeurs J.-L. Balligand, A. Scheen, J.-L. Vanherweghem et
Mme D. Balériaux.
*
* *
Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel
annonce le changement de statut du Prof. M. Levivier, nommé Chef du
service de Neurochirurgie aux C.N.R.S. à Genève et de Lausanne. De
ce fait, son statut de membre ordinaire a été changé en celui de
membre étranger, avec effet réotroactif au 31 janvier 2009.
L’assemblée approuve cette modification.
Il annonce ensuite une série de conférences donné par notre Collègue
F. Houssiau, dans le cadre de la Chaire Francqui 2008-2009,
conférences qui se tiendront aux Facultés universitaires Notre-Dame
de la Paix à Namur les 4, 11, 18, 25 mars et 1er avril
2009. Les conférences traiteront des « Mécanismes cellulaires et
moléculaires impliqués dans la polyarthrite rhumatoïde », et des
sujets associés.
*
* *
L’Académie se
forme ensuite en « Comité secret » afin de désigner les trois
groupes de scrutateurs pour le dépouillement des votes concernant
les élections de l’année 2008.
Le
Secrétaire perpétuel rappelle l’importance du vote en signalant
qu’il y a 111 membres titulaires et que le droit de vote est réservé
aux membres titulaires, ordinaires et honoraires (à savoir les
anciens titulaires hors cadre ayant gardé leur droit de vote).
Il
signale que le quorum des 65 membres présents a été atteint et
qu’ainsi chaque candidat doit obtenir 33 voix valablement émise pour
être élu.
Il
annonce que les prochaines élections se tiendront le 24 octobre
2009.
*
* *
La
Présidente donne la parole au Prof. J.-L. Vanherweghem, Président de
la Commission Homéopathie chargée de donner un avis sur le rapport
intitulé : « Scientifiic Framework of Homeopathy – Evidence Based
Homeopathy ». La Commission était composée des Professeurs Th.
Godfraind, A. Scheen et J.-L. Vanherweghem.
Après un bref débat, ledit rapport est adopté à l’unanimité des
membres présents. Le rapport peut être consulté, sur le site web de
l’Académie, via le lien suivant :
http://www.armb.be/avis-homeopathie.htm.
*
* *
L'Académie
prend ensuite connaissance du résultat des élections s’étant
déroulées en début de séance.
Ont
été élus le 28 février 2009 dans le cadre des élections de 2008 :
A
la première Section, au titre de membre ordinaire :
M. P. Coulie (Sciences biomédicales fondamentales – U.C.L.)
M. O. Feron (Sciences biomédicales fondamentales – U.C.L.)
Mme A. Noël (Sciences biomédicales fondamentales – U.Lg.)
M. P. Vanderhaeghen (Sciences biomédicales fondamentales – U.L.B.)
A
la deuxième Section, au
titre de membre ordinaire :
Mme D. Bron (Ethique médicale – hémato-oncologie – U.L.B.)
M. G. Casimir (Pédiatrie – U.L.B.)
M. E. Constant (Psychiatrie – U.C.L.)
M. D. Giet (Médecine générale – U.Lg.)
A
la troisième Section,
au titre de membre ordinaire :
M. J. Donnez (Gynécologie – U.C.L.)
M. Y. Englert (Gynécologie – U.L.B.)
M. B. Van Beers (Imagerie médicale – U.C.L.)
*
* *
La
séance est levée à 12h.05.
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SEANCE
DU SAMEDI 28 MARS 2009 |
L’Académie royale de Médecine a tenu séance mensuelle en
date du samedi 28 mars 2009, sous la présidence de Mme le Prof. J.-A.
Stiennon-Heuson, entourée au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J.
Frühling, et des vice-présidents les Professeurs L. Hue et P.-P.
Pastoret.
En ouvrant la séance, Mme la Présidente demande d’observer une minute de
silence en la mémoire du Prof. L. Cassiers, membre honoraire, décédé à
Bruxelles, le 11 mars 2009.
Elle signale qu’un hommage lui sera rendu ultérieurement.
*
* *
Mme la Présidente prononce ensuite un
discours en l’honneur des membres ordinaires, nouvellement élus, lors de
la séance du 28 février 2009. Elle s’exprime comme suit :
Chères Consoeurs, Chers Confrères,
Mesdames et Messieurs,
J'ai le privilège et le plaisir d'ouvrir la séance en accueillant au nom
du Bureau de l'Académie, les membres ordinaires élus le 28 février 2009,
selon les critères et les modalités de nos tous nouveaux Statuts.
II s'agit des Docteurs Didier Giet, Georges Casimir, Eric Constant,
Pierre Coulie, Olivier Feron, Agnès Noël, Pierre Vanderhaeghen,
Dominique Bron, Jacques Donnez, Yvon Englert et Bernard Van Beers
(excusé).
Chers Confrères et Chères Consoeurs,
C'est avec beaucoup d'émotion et d'intérêt que nous vous recevons ce
jour. Vous représentez la concrétisation d'un projet de quelques années
déjà, qui vise à renforcer et à élargir les compétences et les missions
de notre Institution.
Ce souhait, cette volonté d'ouverture a demandé une révision en
profondeur des Statuts dont la dernière version datait de 1968.
La mise en chantier et la réalisation de cet important travail sont dus
à l'énergie et à la persévérance de nombre d'entre nous, avec l'aval de
tous, et sous la houlette de notre Secrétaire Perpétuel. Aujourd'hui,
nous vivons donc un moment particulièrement significatif pour notre
Compagnie.
Lors de son discours de fin de mandat présidentiel pour l'année 2006,
notre Confrère Arsène Burny posait une question existentielle.
Je le cite : "Qu'est-ce que l'Académie Royale de Médecine de Belgique ?
Quels sont ses buts? A qui et à quoi sert-elle? " Et notre Confrère de
poursuivre : "la réponse à ces questions réside à la fois dans la
tradition et dans l'évolution. Ces deux notions sont les supports de
toute Institution scientifique, la flexibilité et l'adaptation étant,
comme pour les êtres vivants, la clef du succès" – fin de citation.
Une réflexion s'était engagée sur ces sujets, elle se poursuit
aujourd'hui et vous serez amenés à y participer.
Chères Consoeurs, Chers Confrères,
Vous rejoignez notre Compagnie à une époque de grands changements
sociétaux où le doute et l'incertitude sont devenus la norme.
Dans ce contexte, notre mission est de réaliser à la fois l'application
du connu et la découverte de ce qui est à inventer. Il nous faut assurer
le passage, parfois périlleux, entre la tradition et le mouvement afin
de nous inscrire dans la modernité en marche. La tâche est difficile,
car il s'agit de donner sens au présent pour construire l'avenir dans un
monde déstabilisé, qui impose son rythme.
Pour faire face aux défis du 21ième siècle, il faudra refonder notre
système de recherche autour d'un nouveau contrat entre science et
société et cela implique une alliance forte entre tous les acteurs et
opérateurs de la science comme de la société civile.
Le lien entre science/technique/société et politique a profondément
évolué et est devenu indissociable. Dans ces conditions, l'époque est
close où les jugements de valeur n'avaient pas à interférer avec
l'activité scientifique. La science a généré une puissance formidable
qui a transformé en profondeur la société dans son ensemble. Elle est
devenue une activité sociale parmi d'autres, prise dans un réseau
complexe de rapports de pouvoirs, de conditions économiques et de
représentations culturelles.
Une Académie de Médecine se situe à l'articulation entre de très
nombreux domaines de recherche et d'applications. Elle est dès lors
impliquée dans ce monde en mouvement.
En outre, comme l'univers est émergence, devenir, transformations,
métamorphoses, cette perspective nous invite à étudier les nouvelles
réalités sociales dans leur jeu dialogique d'interdépendances et
d'interactions.
Il s'agit d'une action de solidarité en faveur des générations futures,
ce qui constitue une belle aventure pour tous les partenaires.
Chers Confrères, Chères Consoeurs,
Vous êtes les nouvelles cellules de notre Institution. Nous vous avons
reconnus et intégrés comme le "soi" immunologique pour former un
ensemble cohérent et plus fort.
Nous attendons de vous des idées nouvelles et un investissement fécond
tant pour notre Compagnie que pour l'Art de guérir, dans sa diversité et
sa complexité.
Bienvenue parmi les Immortels !
*
* *
Le Secrétaire perpétuel signale que
les nouveaux membres ordinaires élus ont tous reçus le tableau de
l’Académie avec le programme des concours, ainsi que les Statuts. Il
souligne que les prochaines élections auront lieu en octobre 2009 afin
d’élire de futurs membres ordinaires. Il signale qu’il y a 111
titulaires et membres ordinaires, dont font partie les nouveaux membres
ordinaires, pour le bon fonctionnement de la Compagnie.
Il signale qu’il en est l’administrateur délégué scientifique ou, dans
le jargon moderne, le COE de l’Académie. Il ajoute qu’il reste à leur
disposition pour tout renseignement concernant le tableau et les Statuts
et leur application lors de la carrière académique des nouveaux membres
reçus. Il les félicite et leur souhaite un bon parcours dans
l’accomplissement de cette étape de leur vie.
*
* *
La partie scientifique de la réunion
est consacrée à deux lectures, l’une par le Prof. E.D. Carosella
(Hôpital Saint-Louis – Paris), invité : « HLA-G : de la tolérance
foeto-maternelle à la greffe d’organe », et l’autre par le Dr. B. Gerber
(U.C.L.), invité, sous le titre : « Imagerie compréhensive du cœur par
scanner muticoupes ».
L’exposé de M. E.D. Carosella se résume ainsi : « Par ses travaux sur
HLA-G et plus particulièrement sur son rôle dans l’immunité cellulaire
et la transplantation, l’auteur de cette communication a démontré que
cette molécule, exprimée sur les trophoblastes, forme un bouclier
protégeant le fœtus de la réaction immunitaire de la mère et évitant
ainsi son rejet. De classe I non classique, HLA-G est d’abord exprimé
sur l’ovocyte fécondé, ce qui permet la nidation utérine, puis à la
surface du trophoblaste placentaire où les antigènes classiques de
classe I and II sont absents. Le rôle protecteur de cette molécule
présente à la surface de cellules fœtales (cytotrophoblastiques)
vis-à-vis de la lyse exercée par les cellules NK infiltrant la decidua
utérine, a été établi ex vivo à la fois dans des conditions semi-allogéniques
(cytotrophoblaste et cellules NK provenant de la même mère) et
allogéniques (provenant de mères différentes), le blocage de cette
protéine déclenchant une cytotoxicité importante à l’encontre des
cellules fœtales. De plus, il a démontré que HLA-G est un inhibiteur des
lymphocytes T, des cellules NK et des cellules présentatrices
d’antigènes (APC). Trois conséquences cliniques majeures ont résulté de
cette découverte : i) L’expression de la molécule HLA-G par le fœtus est
indispensable à son implantation ; des altérations de son expression
conduisent au rejet du fœtus (avortements spontanés et prééclampsies).
ii) En transplantation allogénique (greffes de cœur, rein, foie/rein),
l’expression de HLA-G réduit significativement le nombre de rejets aigus
et entraîne une absence de rejet chronique. iii) Enfin, son expression
sur les cellules malignes provoque un mécanisme d’échappement à la
surveillance immune, selon le même mécanisme par lequel les cellules
fœtales se protègent des agressions des cellules immunes maternelles ».
M. E.D. Carosella est vivement félicité pour sa présentation laquelle
suscite les interventions des Professeurs J.E. Dumont, M. Goldman, J.-J.
Vanderhaeghen, G. Casimir, Mme D. Bron, MM. Y. Englert et B. Van den
Eynde.
*
* *
Le second orateur Dr. B. Gerbers
présente ainsi le résumé de sa lecture : Des progrès techniques récents
permettent depuis peu l’imagerie cardiaque et la visualisation non
invasive des artères coronaires par scanner multicoupes. Nous avons
effectué une série de travaux pour explorer non seulement la valeur de
cette technique pour l’imagerie non invasive des artères coronaires mais
également pour l’évaluation de la fonction contractile, la
caractérisation tissulaire et la détection de l’infarctus du myocarde et
l’évaluation de la fonction valvulaire dans un examen intégré d’une
durée de moins de dix minutes.
1) D’abord nous avons comparé l'exactitude diagnostique du scanner
multicoupes pour la détection de la maladie coronaire et nous avons
comparé la précision diagnostique de différentes générations successives
de scanner multicoupes (d’abord à 4, puis à 16 et actuellement à 40/64
barrettes) à l’IRM coronaire, prenant l’angiographie coronaire
conventionnelle comme standard de référence.
2) Ensuite nous avons démontré qu’il était également possible d’évaluer
des paramètres de fonction globale et régionale cardiaque au moment d’un
examen scanner multicoupes, en analysant des images reconstruites à
différentes parties du cycle cardiaque.
3) Nous avons subséquemment démontré que le scanner était également
capable de détecter la présence d infarctus du myocarde, et donc
l’absence de viabilité myocardique, d’une façon similaire a l’IRM
cardiaque. Nous avons ultérieurement réalisés des travaux démontrant que
la détection simultanée de l’anatomie coronaire et de la nécrose
myocardique au scanner pourrait permettre de mieux caractériser
l’étiologie de dysfonction chez des patients avec une cardiopathie
dilatée.
4) Finalement nous avons effectué des travaux démontrant que le scanner
multicoupes peut détecter la sténose aortique avec une précision
similaire à l’IRM et l’échocardiographie cardiaque. Plus récemment nous
avons également étudié la possibilité d’évaluer la sévérité de
l’insuffisance aortique et le bon fonctionnement des bioprothèses
aortiques par scanner multicoupes ».
M. B. Gerbers est applaudi pour sa présentation et répond aux
interventions de MM. les Professeurs J.-L. Vanherweghem, L. Hue, E.D.
Carosella et J. Frühling.
*
* *
Aux communications du Bureau, le
Secrétaire perpétuel mentionne deux Prix :
- l’annonce par Mme le Dr. Ir. V. Halloin, Secrétaire générale du F.R.S.
– F.N.R.S. des « Prix AIC – Academy of Immunology for Clinicians »
accordés pour la première année. Il s’agit de trois Prix de 10.000 euros
chacun dans les domaines de la rhumatologie, de la gastro-entérologie et
de la dermatologie et destinés à soutenir la recherche clinique. Les
candidatures doivent parvenir au F.N.R.S. pour le 1er mai 2009.
- de même l’annonce de la part de Mme le Dr. Ir. V. Halloin, Secrétaire
générale du F.R.S. – F.N.R.S. du Prix Scientifique « Foundation
AstraZeneca Asthme et BPCO – 2009 » accordé pour une étude originale,
clinique ou expérimentale et relative au pa-tient, portant sur les
progrès dans le domaine de l’asthme et des bronchopneumopathies
chroniques obstructives (BPCO). Les candidatures doivent parvenir au
F.N.R.S. pour le 30 juin 2009.
*
* *
Deux ouvrages sont ensuite présentés :
Le premier, par le Prof. S. Louryan, est intitulé : « Neuro-imagerie du
vieillissement », sous la direction de Stéphane Louryan et Marc Lemort.
Montpellier, 2008, Sauramps Médical, collection : « Les annales du CEPUR
».
Il s’exprime en ces termes : « L’augmentation, dans nos sociétés
occidentales, du nombre de personnes « âgées » nous confronte au
quotidien avec les effets cliniques de la sénescence « normale », mais
aussi avec les pathologies propres à la vieillesse. Une sémiologie
neuroradiologique propre se dégage, mais les images sont souvent
ambiguës, car elles peuvent recouvrir tout autant l’évolution normale
que des affections insidieuses. Il convient donc d’exploiter tous les
outils de l’imagerie moderne, comme les données les plus récentes de
l’histopathologie, de la gérontologie et de la sociologie. C’est à cet
objectif multidisciplinaire que s’attaque le présent ouvrage, fruit
d’une réflexion collective et d’une approche transversale.
L’ouvrage s’inscrit dans la collection « Annales du CEPUR ». L’acronyme
CEPUR désigne le collège d’enseignement post-universitaire de
radiologie, fondé jadis par notre collègue et ancien président Louis
Jeanmart. Il bénéficie de contributions issues ce certains Confrères de
notre compagnie, comme Jean-Pierre Brion et Danielle Balériaux.
Le livre réunit les actes du vingtième cours du Pont d’Oye, dont la
pérennité est le meilleur gage de succès ».
*
* *
Le second, par le Prof. A. Albert,
elle est intitulé : « La protection des données médicales. Les défis du
XXIe siècle », édité par Jean Herveg (ed). Anthemis, Louvain-la-Neuve
2008. ISBN 978-287455-122-2.
Il s’exprime en ces termes : « Cet ouvrage a pu voir le jour grâce au
soutien de la Fondation Brocher qui l'a sélectionné dans le cadre de son
programme scientifique 2007. La Fondation Brocher est une fondation
privée suisse dont la mission est d'encourager un travail et une
réflexion pluridisciplinaire à l'intersection du droit, de la médecine
et de l'éthique. Elle s’intéresse aux conséquences pour l'homme des
développements des nouvelles technologies médicales.
Cet ouvrage s’intéresse plus particulièrement aux conséquences et aux
risques résultant de l’exploitation croissante des technologies de
l’information et de la communication dans le secteur des soins de santé
pour les droits et les libertés des citoyens. Il s'articule autour de
dix chapitres rédigés soit en anglais, soit en français, par des
spécialistes s'inscrivant davantage dans le droit médical ou dans les
aspects légaux de l'informatique des réseaux, des bases de données et
des biobanques. La coordination a été assurée par Jean Herveg,
professeur de droit aux Facultés Universitaires de Namur et chercheur au
Centre de Recherche Informatique et Droit (CRID) dont la réputation a
largement dépassé les frontières de notre pays.
La lecture de l'ouvrage n'est pas aisée car il fait appel à un
vocabulaire juridique spécialisé et parfois ésotérique au centre du
triangle « médecine, informatique, droit ». Sans entrer dans le détail,
je souhaite passer brièvement en revue les 10 chapitres de l'ouvrage et
en retirer l'un ou l'autre point saillant.
Le chapitre introductif est consacré au changement profond des systèmes
de soins de santé et des nouvelles demandes en matière de gestion des
données médicales. Le vieillissement de la population, l'augmentation
des maladies chroniques et la participation croissante du rôle des
patients dans leur propre santé d'une part, les progrès considérables
des technologies de l'information d'autre part, ont transformé la
relation « patient-médecin » en une relation « patient-système » de
soins de santé. Il s'ensuit un glissement de paradigme de secret médical
à celui de protection des données du patient.
Ce glissement de "habeas corpus" à "habeas data" est abordé au deuxième
chapitre en même temps que la question est posée sur la solution à
apporter à cette nouvelle situation, celle du "patient (virtuel)
numérique". J'ai relevé une phrase de l'auteur: "Rien n'empêche
l'information médicale d'être computérisée et échangée sur un réseau.
C'est la manière dont ces tâches ont lieu qui est le cœur du problème"
(fin de citation).
On le constate, le "réseautage (terme de l’auteur canadien) des données
de santé" conduit à une révision profonde des principes mêmes de
protection effective des droits des personnes compte tenu des exigences,
risques et enjeux posés par les réseaux. La gouvernance des réseaux de
cybersanté, tel est le thème abordé au troisième chapitre.
Le chapitre 4 aborde l'application des "réseaux d'ordinateurs puissants
(grid computing)" à la recherche biomédicale et aux soins de santé. Ces
réseaux spécifiques qui permettent de traiter une charge de travail
impossible sur une seule machine, combinent systèmes distribués et
Internet, mais en s'efforçant d'éviter les dérives de cette dernière.
C'est le domaine de l'e-science. L'auteur donne en exemple le "MammoGrid"
permettant aux cliniciens de stocker des mammotests digitalisés ainsi
que des données patients anonymisées, et ce au niveau européen. Ce
prototype MammoGrid permet de fournir une aide à la décision médicale
sur base des millions d'examens qu'il contient. L'auteur ne manque pas
d'évoquer les potentialités de ces nouvelles approches mais aussi les
problèmes d'éthiques, légaux et de conformité qu'elles posent, en
particulier lorsqu'on les utilise de façon automatique sans intervention
humaine.
Le cinquième chapitre évoque, dans le cadre de la législation française,
la collecte de données médicales et les échanges de données pour les
recherches biomédicales et en santé publique, en particulier ses
conséquences sur la conduite de projets multicentriques hors-territoire.
L'auteur conclut : « La meilleure garantie de sécurité pour les données
est de s'assurer du niveau de protection que le responsable du
traitement des données est en mesure de fournir ».
La problématique des biobanques, données médicales et génomique est
analysée au chapitre 6, notamment dans le contexte du Projet du Génome
Humain lancé en 1990. Au-delà des aspects de confidentialité et de
sécurité des données, se pose la question du stockage, de l'analyse et
de l'utilisation à long terme de matériel humain mais aussi du
consentement des sujets concernés. Quelle distinction doit-on faire
entre le matériel humain et les informations que l'on peut en tirer,
ainsi que sur l'identifiabilité de l'un et de l'autre?
Le chapitre 7 est consacré au projet e-Health, précédemment Be-Health.
Le Professeur Poullet qui, sans manquer de souligner l'intérêt d'un tel
projet, critique sévèrement le cadre juridique qui l'entoure et la
légèreté avec laquelle ce projet a été en quelque sorte imposé par le
gouvernement à travers son Administration à des fins de contrôle de tous
les pans de la santé.
Le huitième chapitre revient de façon plus juridique sur l'atteinte aux
libertés et droits fondamentaux, en particulier au respect de la vie
privée et aux droits d’accès des patients à leurs données, résultant de
l'information génétique contenue dans les échantillons biologiques
prélevés sur des individus, et ce dans le cadre de la Directive
Européenne 95/46/EC sur la protection des individus en regard du
traitement de données personnelles et de la libre circulation de ces
données. L’auteur s’interroge sur ce qu’on appelle en réalité "données
personnelles".
L'avant-dernier chapitre est une longue dissertation sur la "propriété
intellectuelle" des données médicales. Peut-on envisager de breveter les
dossiers-patients électroniques, les droits aux bases de données sur les
biobanques ? En fait, le brevet protège la forme du travail, pour autant
qu'elle soit originale, et non les données qu'il contient. A l'opposé du
copyright, qui protège la structure d'une base de données, les droits
"sui generis" protègent leur contenu mais non l'extraction et
l'utilisation du contenu. Pour rappel, les droits sui generis sont des
droits que la doctrine juridique ne peut classer parmi les types
reconnus classiquement par le droit.
L'ouvrage se termine par un dixième chapitre où l'éditeur démontre que
la gestion du risque dans le traitement des donnés personnelles
s'effectue en 4 étapes : (1) le risque est apprécié en fonction du but
du traitement, (2) le principe est un peu différent si les données sont
sensibles, (3) les traitements requérant des risques spécifiques sur les
droits et les libertés des sujets doivent être vérifiés au préalable, et
(4) le transfert de données personnelles en dehors d'Europe est soumis à
des règles particulières (Directive 95/46/EC).
En conclusion, il s'agit d'un ouvrage fort intéressant, dense, avec un
accent juridique prononcé mais accessible. Construit sur une série de
contributions thématiques bien articulées, il donne une excellente
vision des défis à venir en matière de réglementation des données
médicales et de protection des citoyens, dans le cadre du droit médical
et du droit des nouvelles technologies ».
*
* *
Le Secrétaire perpétuel présente
ensuite le compte rendu des activités de l’Académie au cours de l’année
2008. (Celui-ci sera publié in extenso dans le Bulletin de l’Académie).
*
* *
La séance est levée à 13h.50.
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SEANCE
DU SAMEDI 25 AVRIL 2009 |
L’Académie royale de Médecine a tenu séance mensuelle en date du
samedi 25 avril 2009, sous la présidence de Mme le Prof. J.-A.
Stiennon-Heuson, entourée au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J.
Frühling, et des vice-présidents les Professeurs L. Hue et P.-P.
Pastoret.
En ouvrant la séance, le Président et le Secrétaire perpétuel
accueillent la famille de feu le Prof. H.G. Hers, membre honoraire,
décédé à Ottignies – Louvain-la-Neuve, le 14 décembre 2008, à l’âge
de 85 ans. Elu correspondant le 28 juin 1969, il avait été promu
membre titulaire le 25 novembre 1972 et proclamé membre honoraire le
14 décembre 2008. L’éloge académique est prononcé par les
Professeurs E. Van Schaftingen, membre ordinaire, et J.E. Dumont,
membre honoraire.
Une minute de silence est observée à la mémoire de notre regretté
confrère disparu.
A
l’interruption de séance, la famille est raccompagnée par le
Secrétaire perpétuel.
*
* *
La partie scientifique de la séance est
consacrée à deux lectures, l’une par M. le Prof. E. Boulpaep
(Université de Yale – U.S.A.), invité, sous le titre : « Protein-protein
interactions among ion channels regulate ion transport in the kidney »,
et l’autre par M. le Prof. J.M. Krzesinski, de l’U.Lg., invité, sous
le titre : « Le sel et l’hypertension artérielle ; 100 ans de
controverses ».
Le premier orateur résume son exposé comme suit : « Epithelial ion
transport in various organs has long been known to be controlled by
extracellular agonists acting via membrane receptors or by
intracellular messengers. Evidence is mounting for regulation of
transport by direct interaction among membrane proteins or between a
membrane transport protein and membrane-attached proteins. The
membrane protein CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane Regulator) is
widely expressed along the length of the nephron, but its role as a
chloride channel does not appear to be critical for renal handling
of salt and water. It is well established that the inward rectifying
K channels (ROMK = Kir 1.1) in the thick ascending limb of Henle and
in principal cells of the collecting duct are inhibited by
millimolar concentrations of cytosolic Mg-ATP. However, the
mechanism of this inhibition has been an enigma. We propose that the
ATP-Binding Cassette (ABC) protein CFTR is a cofactor for Kir 1.1
regulation. Indeed, Mg-ATP sensitivity of Kir 1.1 is completely
absent in two different mouse models of cystic fibrosis. In
addition, the open-closed state of CFTR appears to provide a
molecular gating switch that prevents or facilitates the ATP sensing
of Kir 1.1. Does Mg-ATP sensing by the CFTR- Kir 1.1 complex play a
role in coupling metabolism to ion transport? Physiological
intracellular ATP concentrations in tubule cells are in the
millimolar range, a saturating concentration for the gating of Kir
1.1 by Mg-ATP. Therefore, Kir 1.1 channels would be closed and
unable to contribute to regulation of potassium secretion unless
some other process modulated the CFTR-dependent ATP-sensitivity of
Kir 1.1. The third component of the metabolic sensor-effector
complex for Kir 1.1 regulation is most likely the AMP-regulated
serine-threonine kinase, AMP kinase (AMPK). Changing levels in AMP
rather than in ATP constitute the metabolic signal “sensed” by
tubule cells. Because AMPK inhibits CFTR by modulating CFTR channel
gating, we propose that renal K secretion is physiologically
regulated by tri-molecular interactions between Kir 1.1, CFTR and
AMPK ».
L’exposé de E. Boulpaep est suivi avec attention et une
discussion s’ensuit à laquelle prennent part MM. les Professeurs
J.-C. Henquin, O. Devuyst et L. Hue.
*
* *
Le second
orateur Prof. J.M. Krzesinski
présente ainsi
le résumé de sa lecture : « L’intérêt pour le chlorure sodique (NaCl,
ou plus couramment sel) existe depuis des temps éloignés. L’Homme a
développé un réel appétit pour ce sel. Cet « or blanc », utilisé
comme salaire du temps des Romains, a fait l’objet d’un commerce
inégalé à travers le monde et a servi de moyen de conserver les
aliments. Depuis des observations princeps d’Ambard et Beaujard, en
1904, le sel a été considéré comme possiblement délétère pour notre
santé.
L’Académie
royale de Médecine, en 2000, a rendu un avis critique à propos de la
consommation élevée en sel dans notre pays et l’Union Européenne en
a fait une des priorités nutritionnelles à corriger au cours des
quatre années à venir.
Cet apport en
sel favorise l’élévation de la pression artérielle et, directement
ou via cette hypertension, génère un risque accru cardiovasculaire
et de développement d’autres pathologies (obésité, maladies
rénales, cancer,..).
A côté d’une
tendance à l’élévation du sodium plasmatique et du volume
extracellulaire, la teneur intracellulaire en ce cation s’élève lors
d’un apport chroniquement élevé en chlorure sodique. Dans son rôle
pathogène, une fixation non osmotique du sodium au niveau de la
matrice interstitielle et une activation de facteurs de croissance
sont aussi invoquées.
Il faut
cependant insister sur l’existence d’une grande inégalité des sujets
quant à l’effet « hypertensiogène » du chlorure sodique (deux ions
indissociables dans cet effet). Cette sensibilité au sel, à la fois
innée et acquise, passe entre autre par des mécanismes rénaux où
jouent des facteurs « ouabaine-like ». La restriction sodée abaisse
la pression artérielle particulièrement chez ces sujets.
A l’échelle de
la population cependant, une réduction alimentaire en sel (apport de
maximum 6 g/jour de NaCl, compensé par plus de potassium dans
l’alimentation) est aussi souhaitable (80 % du sel ingéré
proviennent des produits préparés). Cette mesure freinerait
l’élévation de pression avec l’âge et générerait des bénéfices
cardiovasculaires et des économies considérables en terme de soins
de santé. Les opposants à une restriction en sodium à grande
échelle considèrent que, appliquée à tous, cette mesure est peu
efficace, voire dangereuse sur le plan cardiovasculaire. Ces
arguments incitent à maintenir la situation actuelle figée,
permettant aux industries alimentaires de continuer leur profit, le
sel stimulant la consommation en excès de certains aliments ».
M. J.M.
Krzesinski
est félicité et
répond aux interventions de MM. les Professeurs J.E. Dumont, J.
Nève, G. Casimir, J.-J. Vanderhaeghen, et de Mme la Présidente J.-A.
Stiennon-Heuson.
*
* *
Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel fait part
de l’annonce par le Dr. J.-P. Chabannes, de l’Association de
Psychiatrie et de Neurologie de Langue Française d’un Congrès
conjoint avec le Collège méditerranéen, et qui se déroulera à
Aix-en-Provence les 11, 12 et 13 juin 2009.
Il annonce
également de la part de Mme G. Van de Vyver, Présidente du CEPULB –
Conseil de l’Education permanente de l’Université libre de Bruxelles
– le sixième Prix triennal Jean Teghem, Président-Fondateur de cette
Institution. Prix de 5.000 euros destiné à récompenser une activité
remarquable, en langue française, dans le domaine de l’éducation
permanente ou celui de la vulgarisation scientifique. Les
candidatures doivent parvenir au secrétariat du CEPULB avant le 15
juin 2009.
*
* *
L'
Académie approuve les rapports des différents jurys des prix venus à
échéance le 12 janvier 2009.
Les lauréats sont les suivants :
Pour le Prix du concours ordinaire de la quatrième (2007-2008) ;
sur proposition du jury composé de MM. J. Boniver
(Président), J. Duchâteau et R. Reding, l’Académie décide
d’attribuer le prix au docteur Alain Le Moine (U.L.B.), pour son
mémoire intitulé : « Implication des lymphocytes régulateurs
naturels dans la tolérance d’allogreffe ».
*
* *
La Présidente donne ensuite la parole au Prof. J. Frühling pour un
rapport concernant la Méditation transcendantale.
Le Secrétaire perpétuel expose l’avis, élaboré par une Commission ad
hoc constituée par lui-même, et par les deux membres experts
extérieurs, respectivement par Mme le Prof. M.E. Faymonville (U.Lg.)
et par le Prof. P. Philippot (U.C.L.).
Cet avis a déjà été approuvé par les membres du Bureau en date du 4
avril 2009. L’avis confidentiel au sujet de la « Méditation
Transcendantale » est approuvé, unanimement, par les membres
présents.
*
* *
L’Académie se
forme ensuite en « Comité secret ». Le président donne la parole à
M. le Prof. J. Boniver qui présente et commente le rapport de la
Commission de Comptabilité. Ladite proposition est approuvée à
l’unanimité des membres présents.
*
* *
La
séance est levée à 13 heures.
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SEANCE DU
SAMEDI 6 JUIN 2009 |
L’Académie royale de Médecine a tenu séance mensuelle en date du
samedi 6 juin 2009, sous la présidence de Mme le Prof. J.-A.
Stiennon-Heuson, entourée au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J.
Frühling, et des vice-présidents les Professeurs L. Hue et P.-P.
Pastoret.
La partie scientifique de la séance est
consacrée à deux lectures, l’une par M. le Prof. Ch. Marine (Universiteit
Gent), invité, sous le titre : « De l’étude des mécanismes
moléculaires contrôlant l’activité de la protéine p53 au
développement de nouvelles stratégies thérapeutiques du cancer », et
l’autre par M. le Prof. P. van der Bruggen (Ludwig Institute for
Cancer Research), invité : « Est-il possible de corriger l’anergie
des lymphocytes T infiltrant les tumeurs ? ».
Le premier
orateur résume son exposé comme suit : « La
régulation de la prolifération cellulaire est un ensemble
d'évènements maintenus sous haute surveillance par des structures
moléculaires extraordinairement intégrées dont la mission est
d'apprécier en permanence l'état du génome à répliquer : il s'agit
de détecter les anomalies suscitées par des évènements extérieurs
(radiations, agents génotoxiques, etc.) ou pendant le cours de la
réplication elle-même (erreurs, recombinaisons illégitimes, etc.)
afin d'y porter remède par le truchement d'opérations complexes de
réparation. Si ces opérations échouent, ces mêmes structures
associées à d'autres sont capables de déclencher un arrêt de la
prolifération ou le suicide (apoptose) de la cellule. Une protéine,
p53, concentre sur elle une majorité de ces fonctions. p53 est
également chargée de combattre les dérèglements prolifératifs
constituant l'une des étapes initiales de l'oncogenèse cellulaire.
Cette protéine joue donc un rôle de barrière, une sorte de ligne de
défense, s'opposant à la tumorigénèse. Comme on peut s'y attendre
pour une voie de signalisation aussi importante, son activité est
sous contrôle strict et ce à de multiples niveaux. Un de nos
objectifs est d'identifier de nouveaux modulateurs, potentiellement
oncogènes ou suppresseurs de tumeurs, participant au contrôle de
l'activité biologique de p53. Les modalités de l'activité
régulatrice d'un certain nombre de protéines, sont examinées
extensivement dans des systèmes expérimentaux divers et
complémentaires. Des expériences d'invalidation chez la souris
("knockout") sont notamment conduites dans le but de mieux cerner in
vivo l'importance des gènes étudiés. Enfin, les conséquences des
altérations de plusieurs de ces gènes (délétion, surexpression,
mutations ponctuelles) en oncologie moléculaire humaine sont
également envisagés ».
L’exposé
de M. Ch. Marine est suivi avec intérêt par l’assemblée et une
discussion s’ensuit à laquelle prennent part MM. les Professeurs
J.-L. Balligand, A. Burny, E. Pays, V. Van den Eynde et G. Casimir.
*
* *
Le
second orateur présente ainsi le résumé de sa lecture : « Les
métastases tumorales humaines sont souvent infiltrées par des
lymphocytes T dirigés contre des antigènes tumoraux. Il semble donc
que cette réponse immunitaire spontanée devient inefficace à un
certain moment, probablement parce que les cellules effectrices
deviennent anergiques, c’est-à-dire incapables d’exercer leur
fonction. Cette anergie pourrait être le résultat de mécanismes
inhibiteurs mis en oeuvre par les cellules tumorales.
Nous avons
récemment observé que, suite à une stimulation, des clones de
lymphocytes T cytolytiques humains perdent transitoirement leur
capacité à sécréter des cytokines. Cette anergie est corrélée à une
absence de co-localisation du récepteur T (TCR) et du CD8. Les
fonctions effectrices et la co-localisation TCR/CD8 sont récupérées
après traitement avec un “sucre” ligand de la galectine-3, suggérant
que la galectine-3 extracellulaire peut former un réseau
glycoprotéine-galectine limitant la mobilité des TCR sur les
lymphocytes T anergiques. Or, de nombreuses cellules cancéreuses
produisent de la galectine-3. Ce nouveau mécanisme pourrait donc
aussi expliquer l'anergie des lymphocytes T infiltrant des tumeurs
humaines, car ceux-ci retrouvent des fonctions effectrices et une co-localisation
TCR/CD8 après un traitement ex vivo avec un “sucre” ligand de
la galectine-3. Ces résultats pourraient mener à des stratégies
d'intervention clinique ».
M. P.
van der Bruggen est vivement félicité par les Professeurs J. Boniver
et L. Hue qui prennent part à la discussion.
*
* *
Mme la Présidente donne la parole à M. le Prof. E. Constant,
membre ordinaire, pour communiquer l’avis de l’Académie à propos du
titre de psychothérapeute, suite à une interrogation émanant de Mme
la Présidente de la « Commission de la Santé
publique, de l’Environnement et du Renouveau de la Société » de la
Chambre.
La Commission était composée en outre du Prof. E. Constant (U.C.L.),
Président, de deux membres experts intérieurs, le Prof. M.
Crommelinck, de l’U.C.L., le Prof. P. Maquet, de l’U.Lg., et comme
expert extérieur, le Prof. I. Pelc, de l’U.L.B.
Après
un échange de vues, le rapport est approuvé à l’unanimité des
membres présents.
*
* *
La parole est
ensuite donnée à M. le Prof. P.-P. Pastoret pour une présentation
d’ouvrage intitulée : « Bluetonge.
Biology of Animal Infections (P.-P. Pastoret, Series Editor »,
éditée par Philip Mellor, Matthew Baylis et Peter Mertens. Academic
Press, Elsevier, 2009).
Il s’exprime
en ces termes : « La Bluetongue ou fièvre catarrhale ovine est une
maladie émergente récemment apparue en Europe du Nord. Le virus
responsable se présente sous vingt quatre sérotypes différents, dont
le sérotype 8, actuellement présent en Belgique est particulièrement
pathogène chez les bovins. Sa structure atomique est complètement
élucidée ; il s’agit du plus gros objet biologique connu à ce niveau
jusqu’à présent.
Cette
monographie de cinq cent pages que je vous présente aujourd’hui fait
partie de la série « Biology of animal infections » dont je suis
l’éditeur. Les informations détaillées qu’elle contient ont été
réunies par Philip Mellor, Matthew Baylis et Peter Mertens de l’
« Institute for Animal Health » en Grande Bretagne. Elle est publiée
par « Academic Press », une filiale d’Elsevier.
Tous les
aspects de l’infection sont traités, depuis la structure moléculaire
du virus, en passant par la biologie des vecteurs culicoïdes, les
aspects cliniques de la maladie chez les ruminants, l’épidémiologie,
la prévention. Il s’agit d’un ouvrage de référence vu la somme
d’informations qu’il contient ». C’est avec grand plaisir que je le
présente à notre compagnie.
*
* *
Aux communications du Bureau, le Secrétaire
perpétuel signale la disparition du Prof. J. Leunen, membre
honoraire, décédé le 19 mai 2009 à Uccle à l’âge de 87 ans.
Directeur honoraire de l’Institut national de Recherches
vétérinaires, spécialiste en Virologie, il avait été élu
Correspondant régnicole le 26 novembre 1983 et promu membre
honoraire le 27 octobre 1992. Un hommage lui sera rendu en janvier
ou février 2010, en accord avec la famille. Une minute de silence
est observée en mémoire de cet éminent Confrère.
Il mentionne ensuite que le Prof. W.J. Malaisse, membre titulaire, a
reçu le titre et les insignes de Docteur Honoris Causa de l’Universidad
Complutense de Madrid (Espagne).
Il signale que plusieurs annonces de Prix ont été envoyées à tous
les membres. Il ajoute à ces annonces que le Prof. R. Casteels,
Président du Comité scientifique Prix Inbev-Baillet Latour, signale
que le Prix annuel « Inbev-Baillet Latour Health Prize 2010 » est
ouvert. Il concerne quatre thèmes : « Infectious Diseases and
Immunology », « Neurosciences », « Cancer », et « Cardiovascular
Diseases ». Les candidatures sont à introduire auprès du F.N.R.S.,
au plus tard pour le 30 septembre 2009. Les documents se trouvent à
la disposition des membres au secrétariat de l’Académie.
Enfin, il signale que le Prof. E.D. Carosella, de Paris, qui a donné
une remarquable conférence le 28 mars 2009, fait savoir qu’un
Congrès sera programmé pour le 6 juillet 2009, à la Fondation
Singer-Polignac de l’Institut de France, et les 7 et 8 juillet à
l’Institut Goethe Paris, au sujet de HLA-G. La documentation est
disponible au secrétariat de l’Académie.
*
* *
L’Académie se
forme ensuite en « Comité secret ». Le passage à l’honorariat avec
préservation du droit de vote des Professeurs G. Franck et J.-L
Pasteels et le passage sans préservation du droit de vote du Prof.
M. Ansay, membres titulaires « hors cadre » atteints par la limite
d’âge (75 ans) est adopté à l’unanimité des membres présents.
*
* *
La séance est levée à 12h.30.
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SEANCE
DU SAMEDI 27 JUIN 2009 |
L’Académie royale de
Médecine a tenu séance mensuelle en date du samedi 27 juin 2009,
sous la présidence de Mme le Prof. J.-A. Stiennon-Heuson, entourée
au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et des
vice-présidents les Professeurs L. Hue et P.-P. Pastoret.
*
* *
La partie
scientifique de la réunion est consacrée à deux lectures, l’une par
le Prof. E. Sokal (U.C.L.), invité, et l’autre par le Prof. R.
Reding (U.C.L.), invité.
Le premier exposé du Prof. E.
Sokal s’intitule : « « Médecine
régénérative du foie par transfusion d’hépatocytes et de cellules
souches hépatiques ».
L’orateur résume
ainsi sa lecture : « Le
foie est une cible idéale pour la thérapie cellulaire : chaque
cellule fonctionne tel un système métabolique complet, et la
délivrance des cellules peut se faire dans une circulation
terminale. En greffant des hépatocytes à des patients atteints de
maladies métaboliques, il est possible de transférer la fonction
déficiente. Toute maladie liée à un déficit hépatique est une cible
potentielle: déficits du cycle de l’urée, glycogénoses, Crigler
Najjar, maladies peroxysomiales, déficits de facteurs de
coagulation… Cependant, les organes restent largement indisponibles
pour cet usage et les hépatocytes sont des cellules fragiles,
notamment à la cryopréservation.
Les cellules souches sont une
alternative possible : elles ont la capacité de multiplication
in vitro et in vivo, et sont résistantes au
stockage par cryopréservation. Elles peuvent provenir de
différentes sources, et nous avons sélectionné une cellule souche
mésenchymateuse progénitrice hépatique, issue du foie humain
adulte ; elle présente un degré élevé de différentiation
hépatocytaire, une capacité d’implantation et de prolifération dans
des modèles murins, une stabilité phénotypique et génotypique. Elle
peut être produite à large échelle et est développée pour une
application clinique. Elle peut également être utilisée in vitro
pour des études de toxicité – transformation de substances
xenobiotiques ».
M. E. Sokal
est félicité pour son exposé lequel suscite les interventions de MM.
J.E. Dumont, J.-L. Vanherweghem, M. Lamy et G. Franck.
*
* *
Il résume sa
présentation comme suit : « Une
coopération universitaire concernant la prise en charge
médico-chirurgicale des pathologies digestives de l'enfant a été
mise en place à l'Hôpital pédiatrique n° 2 à Saigon, Vietnam, depuis
1999. D'abord supporté par des fonds propres de l'U.C.L., ce
programme a pu être financé depuis 2002 par la Commission
universitaire au Développement (CUD), particulièrement dans le cadre
d'un projet inter-universitaire ciblé depuis 2004. Ce programme de
coopération, inscrit dans la durée, s'est attaché à remplir les
missions universitaires traditionnelles, notamment l’organisation de
programmes d'enseignement post-gradué dans le domaine précité, un
projet de recherche consacré à la détection des malformations
congénitales dans une province du Vietnam du Sud, et enfin la mise
en place, à la demande des autorités vietnamiennes, d'un programme
de transplantation hépatique pédiatrique par donneur vivant à
Saigon. L'accent a bien entendu été mis sur la formation
universitaire des médecins vietnamiens et deux d'entre eux sont en
cours de finalisation d'une thèse de doctorat à l'Université
catholique de Louvain. Si le programme de transplantation hépatique
pédiatrique mis en place à l'Hôpital pédiatrique n° 2 de Saigon ne
constitue qu'un aspect de cette coopération universitaire, sa
réussite (6 enfants transplantés depuis décembre 2005) reflète le
succès de ce programme de coopération au yeux des autorités
vietnamiennes. La mise en place de ce programme a nécessité
l'élaboration de nouveaux protocoles de soins au sein de cet hôpital
pédiatrique de 800 lits, dont les bénéfices ont dores et déjà
rejailli sur la prise en charge médico-chirurgicale globale au sein
de cette institution du Sud ».
A l’issue de son
exposé, le Prof. R. Reding présente un film documentaire de très
haute valeur scientifique et de plus contenant un message politique
important, relatant la réalisation d’une greffe hépatique chez un
enfant de bas âge bénéficiant d’un don du lobe gauche hépatique de
son père.
La conférence et la
présentation de M. R. Reding sont suivies d’une discussion à
laquelle prennent part MM. J.E. Dumont, J.-L. Vanherweghem, E. Sokal,
G. Casimir et J. Frühling.
*
* *
Le
Secrétaire perpétuel prononce ensuite l’éloge funèbre du Prof. Jean
Dausset, membre honoraire étranger de notre Compagnie.
L’Académie royale de Médecine de
Belgique s’incline devant la mémoire de ce grand médecin et s’estime
fière de l’avoir compté parmi ses membres étrangers.
Le texte exposé sera
repris in extenso
dans le volume 164
du Bulletin
numéro 5-6 de l’année 2009.
Une minute de
silence est observée à la mémoire de notre regretté Confrère
disparu.
*
* *
Mme la Présidente
mentionne que, depuis l’entrée en vigueur des nouveaux Statuts,
certaines Commissions permanentes ont été modifiées. De plus, une
nouvelle Commission appelée « Commission de Communication » a été
créée.
La composition de toutes les
Commissions permanentes de la Compagnie est projetée sous forme de
deux tableaux à l’intention des membres présents. Mme la Présidente
signale en outre, puisque la Belgique assumera la présidence
européenne pendant six mois à partir du 1er juillet 2010,
en étroite collaboration avec l’Espagne (présidence du 1er
janvier au 30 juin 2010) et la Hongrie (présidence du 1e
janvier au 30 juin 2011), la participation de notre Académie en
collaboration avec celle des deux autres pays mentionnés est
hautement souhaitée pour assurer l’homogénéité d’une conception
médicale commune pour cette période. Mme le Prof. Fr. Meunier,
directrice générale de l’EORTC et
déléguée des membres
ordinaires, prendra la présidence de cette Commission. Toutes les
Commissions permanentes de notre Académie sont ouvertes aux membres
titulaires et ordinaires de la Compagnie qui souhaitent participer à
l’activité de celles-ci. Un courrier sera envoyé à tous les membres
de l’Académie qui n’ont pas participé à cette réunion, afin de
solliciter leur éventuel intérêt.
*
* *
Aux
communications au Bureau, le Secrétaire perpétuel signale que
plusieurs annonces de Prix ont été envoyées à tous les membres. Les
documents se trouvent à la disposition des membres au secrétariat de
l’Académie.
Il demande ensuite à l’assemblée
de voter le passage à l’honorariat avec préservation du droit de
vote du Prof. J.-J. Vanderhaeghen, membre titulaire ex hors cadre.
La demande est adoptée à l’unanimité des membres présents.
*
* *
Le Secrétaire perpétuel
présente ensuite le rapport concernant le dossier de l’Agence
Fédérale de Contrôle Nucléaire. Trois interrogations de l’AFCN au
sujet de trois chapitres de l’Arrêté royal du 20 juillet 2001, nous
ont été adressées entre janvier et avril 2009 :
Avis concernant la
protection contre le danger des rayonnements ionisants
(Concerne le projet de
modifications de l’Arrêté royal du 20 juillet 2001 portant règlement
général de la protection de la population, des travailleurs et de
l’environnement contre le danger des rayonnements ionisants)
L’Académie royale de Médecine de
Belgique a été sollicitée par l’Agence Fédérale de Contrôle
Nucléaire (AFCN) en 2005 afin d’émettre un avis sur des
modifications de l’Arrêté royal portant règlement général de la
protection de la population, des travailleurs et de l’environnement
contre le danger des rayonnements ionisants (RGPRI), datant du
20/07/2001. Ces modifications ont été initiées à la suite d’un
recours en annulation devant le Conseil d’Etat.
Un premier avis des deux
Académies de Médecine (ARMB et KAGB) a déjà été approuvé par notre
Compagnie en sa séance du 25/03/2006 et transmis à l’AFCN. Cet avis
a été complété par un deuxième document communiqué à l’AFCN le
17/01/2007. (Ce document intéressait le chapitre 6 de l’arrêté royal
en question.)
*
* *
Une troisième interrogation nous
est parvenue par voie indirecte en automne 2008 : l’original de la
sollicitation ne nous a jamais été transmis. C’est par le biais de
l’avis élaboré par nos Collègues de la KAGB que nous avons pris
connaissance de ce document. Il s’agissait du chapitre traitant du
problème des déchets radioactifs dans le sens large de cette notion.
Nous avons analysé le document du 27/09/2008 élaboré par nos
Collègues néerlandophones et nous souscrivons globalement à leurs
commentaires intéressant les articles 4, 6, 9, 11, 12, 13 et 14 de
l’AR. Les deux autres demandes d’avis concernaient le chapitre V du
RGPRI de l’article 75 du même RGPRI.
Après un échange de vues
auquel participent MM les Professeurs J.-E. Dumont et H.Firket,
ledit rapport est adopté à l’unanimité des membres présents.
Le texte in extenso
du rapport sera publié
dans le volume 164
du Bulletin
numéro 5-6 de l’année 2009 et peut-être consulté sur le site de
l’Académie (http://www.armb.be)
dés le 29 juin 2009.
*
* *
La séance est levée à
12h.30.
*
* *
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