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L’Académie royale de Médecine a tenu sa séance mensuelle en date du samedi 29 mars 2008, sous la présidence du Prof. A. Dresse, entouré, au Bureau, du Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et du second vice-président le Prof. L. Hue. * En ouvrant la séance, le Président et le Secrétaire perpétuel accueillent la famille de feu le Prof. R. Hanset, membre titulaire, décédé le 6 novembre 2007, à la veille de ses 80 ans. Elu correspondant le 21 mai 1977, il avait été promu membre titulaire le 28 mai 1983. L’éloge académique est prononcé par le Prof. M. Georges, correspondant. Une minute de silence est observée à la mémoire de notre regretté confrère disparu. A l’interruption de séance, la famille est raccompagnée par le Président et le Secrétaire perpétuel. * M. A. Behar est félicité pour sa présentation laquelle suscite l’intervention de M. le Prof. J.E. Dumont. * Le second orateur Prof. P. Smeesters résume comme suit son exposé : « La radioprotection fait depuis longtemps partie du paysage de la radiothérapie et, dans un passé plus récent, de la médecine nucléaire. Les praticiens dans ces domaines sont en général conscients du risque que représentent les outils qu’ils manipulent – ce qui n’a pas empêché la survenue d’une série d’incidents et accidents qui ont récemment défrayé la chronique. Cette conscience du risque existe par ailleurs beaucoup moins dans le groupe des utilisateurs de rayons X à des fins médicales, que ce soit dans le domaine diagnostique ou dans celui des procédures thérapeutiques guidées par imagerie. Paradoxalement, toutes spécialités confondues, la culture de radioprotection, basée sur les principes de justification et d’optimisation, est nettement moins répandue dans le monde médical que dans d’autres secteurs utilisant des sources de rayonnements ionisants. Il en résulte que le potentiel de gain au niveau des doses individuelles et collectives, tant pour le personnel médical que pour les patient(e)s, est encore considérable. C’est cette constatation qui a été le moteur essentiel de la directive européenne de 1997 sur les expositions médicales, qui a apporté et apportera encore beaucoup de changements dans les services et, espérons-le, dans les mentalités. L’exposé tentera de mettre en lumière les causes des insuffisances constatées, les enjeux, les défis qui restent à relever et les menaces pour le futur ». M. P. Smeesters est vivement applaudi pour sa brillante présentation et répond aux interventions de MM. les Professeurs H. Firket, J. Frühling, A. Behar, J.-D. Born et J.-J. Vanderhaeghen. * Le Secrétaire perpétuel signale que la séance scientifique réunissant les meilleurs jeunes chercheurs cliniciens francophones des différentes facultés a eu lieu ce 15 mars 2008, et a rencontré un succès complet. Les résumés des communications seront publiés dans notre Bulletin, de même que la conférence introductive du Prof. E. Cogan, ancien Doyen de la Faculté de Médecine de l’U.L.B. De plus, le Bureau de notre Compagnie a décidé d’obtenir les adresses e-mail de tous les jeunes chercheurs qui ont participé à cette réunion en vue de leur communiquer deux fois par an, par courriel, le programme scientifique de notre Académie. * Le Secrétaire perpétuel présente enfin le compte rendu des activités de l’Académie au cours de l’année 2007. (Celui-ci sera publié in extenso dans le numéro 3-4 du volume 163 du Bulletin). * La séance est levée à 12h.40.
L’Académie royale de Médecine a tenu sa séance mensuelle en date du samedi 26 avril 2008, sous la présidence du Prof. A. Dresse, entouré, au Bureau, du Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et des vice-présidents les Professeurs Mme J. Stiennon-Heuson et M. L. Hue. En ouvrant la séance, le Président et le Secrétaire perpétuel accueillent la famille de feu le Prof. R. de Marneffe, membre titulaire, décédé à Bruxelles, le 28 août 2007, à l’âge de 89 ans. Elu correspondant le 27 juin 1970, il avait été promu membre titulaire le 28 mai 1988. L’éloge académique est prononcé par le Prof. G. Primo, membre titulaire et ancien Président. Une minute de silence est observée à la mémoire de notre regretté confrère disparu. A l’interruption de séance, la famille est raccompagnée par le Président et le Secrétaire perpétuel. * La partie scientifique de la séance est consacrée à deux lectures, l’une par M. le Prof. P. Ronco (Paris), correspondant étranger, sous le titre : « Glomérulonéphrite extra-membraneuse : du modèle expérimental à la pathologie humaine du nouveau-né et de l’adulte », et l’autre par M. le Prof. V. Detours (IRIBHIM – U.L.B.), invité, sous le titre : « Bioinformatique et analyse de phénotypes de cancers ». Le premier orateur résume son exposé comme suit : « Les glomérulopathies extramembraneuses (GEM) représentent la cause la plus fréquente de syndrome néphrotique chez l’adulte. Elles évoluent dans 30 à 40 % des cas vers l’insuffisance rénale après 10 ans. Leur traitement reste empirique. Le modèle expérimental créé par Heymann chez le rat en 1959 a permis de mieux comprendre la physiopathologie de la maladie en identifiant l’antigène responsable (mégaline) à la surface des podocytes glomérulaires, le rôle pathogène du complément, et les altérations podocytaires responsables de l’induction de la protéinurie. Toutefois, la mégaline n’est pas exprimée par les podocytes humains, et elle n’est pas trouvée dans les dépôts immuns extramembraneux caractéristiques de la maladie. Nous avons identifié dans trois familles dans lesquelles des nouveau-nés sont atteints de GEM, le premier antigène podocytaire (endopeptidase neutre, EPN) impliqué dans la pathogénie des GEM humaines. Nous avons également découvert un mécanisme original d’allo-immunisation féto-maternelle par lequel les mères génétiquement déficientes en EPN (en raison de mutations tronquantes du gène) s’immunisent pendant la grossesse contre l’EPN présente à la surface des cellules placentaires. Nous discuterons le rôle de l’allo-immunisation dans la pathogénie des GEM de l’adulte, les résultats préliminaires obtenus dans la caractérisation de nouveaux antigènes, et les perspectives thérapeutiques ». L’exposé de M. P. Ronco est suivi avec attention et une discussion s’ensuit à laquelle prennent part MM. M. Goldman, Ph. Evrard, J.-J. Vanderhaeghen et O. Devuyst. * Le second orateur présente ainsi le résumé de sa lecture : « A number of completely distinct gene expression signatures predict disease-free survival in breast cancer patients. However, the biological variables underlying these signatures remain unclear. We established a signature, called ‘super PCNA’, composed of genes whose expression follows closely that of proliferation marker PCNA in a compendium of gene expression in normal tissues. We then proposed a method to adjust any microarray data set for the signal embedded in the super PCNA signature. This decovolution procedure removes proliferation-related signals without excluding proliferation genes from the data sets. Next, the prognostic abilities of 20 signatures published in the literature and of 10,000 randomly generated signatures were evaluated in the original and in the super PCNA-deconvolved versions of three breast cancer data sets of 295, 380, and 412 patients, respectively. Although most published signatures were significant predictors of disease-free survival, 36-64 % were not significantly better predictors than random signatures in the original data sets. Deconvolving the proliferation-related signals out of the data drastically reduced or completely cancelled the predictive abilities of both literature and random signatures. By contrast, substituting PCNA by unrelated genes in the deconvolution process had limited influence on predictors’ significance. Because programs related to proliferation affect ubiquitously the breast cancer transcriptome, most signatures - biologically motivated or random - assess the same proliferation-related phenotypes and are therefore significant, but equivalent predictors. The study suggests new methods and evaluation standards for the design of future cancer outcome predictors ». M. V. Detours est félicité et répond aux interventions de MM. Ph. Evrard, A. Albert, J.E. Dumont et J. Boniver. * Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel annonce la disparition du Prof. R. Lambotte, membre titulaire et ancien Président, décédé le 31 mars 2008, à l’âge de 77 ans. L’éloge académique de notre regretté confrère sera prononcé le 27 septembre 2008, par le Prof. J.-M. Foidart. De même la disparition de Mme Ch. de Duve a été signalée fin février 2008, pourtant elle était encore présente lors de la séance d’hommage organisée le 21 décembre 2007 en l’honneur de son époux le Prof. Ch. de Duve (Prix Nobel de Physiologie et de Médecine, 1974). Des condoléances ont été adressées à la famille. Il annonce plusieurs Prix ouverts aux candidatures, notamment :
Tous ces prix avec les détails administratifs sont à disposition des membres au secrétariat de l’Académie. Le Secrétaire perpétuel mentionne ensuite diverses promotions dans les Ordres nationaux et signale que les brevets les concernant ont déjà été envoyés aux intéressés. * Pour le prix du concours ordinaire de la sixième Section ; sur proposition du jury composé de MM. P.-P. Pastoret (Président), A. Burny et L. Hue, l’Académie décide d’attribuer le prix au docteur Fabrice Bureau (U.Lg.), pour son mémoire intitulé : « Mécanismes d’activation et effets de l’inhibition sélective du facteur nucléaire kB dans l’inflammation allergique des voies respiratoires. Contribution à l’étude de la pathophysiologie et à l’amélioration du traitement de la pousse équine ». * Le Secrétaire perpétuel rappelle que la séance solennelle de remise des Prix académiques pour la période 2005-2006 aura lieu le 14 juin 2008. Pour les lauréats de la période 2007-2008, une séance sera organisée dans deux ans. * La séance est levée à 12h.45.
L’Académie royale de Médecine a tenu sa séance mensuelle en date du samedi 31 mai 2008, sous la présidence du Prof. A. Dresse, entouré, au Bureau, du Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et du second vice-président le Prof. L.Hue. En ouvrant la séance, le Président et le Secrétaire perpétuel accueillent la famille de feu le Prof. Ch.M. Lapière, décédé à Liège le 8 novembre 2007, à l’âge de 76 ans. Elu correspondant le 19 décembre 1970, il avait été promu membre titulaire le 27 novembre 1982. L’éloge académique est prononcé par le Prof. J.-M. Foidart, membre titulaire. Une minute de silence est observée à la mémoire de notre regretté confrère disparu. * La partie scientifique de la séance est consacrée à deux lectures, l’une par M. le Prof. R. Limet (U.Lg.), membre titulaire, présentée par le Prof. N. Sakalihasan, coll., invité, sous le titre : « Regards modernes sur une pathologie millénaire : les anévrysmes de l’aorte », et l’autre par M. le Prof. V. Seutin (U.Lg.), invité, sous le titre : « Régulation de l’activité des neurones monoaminergiques cérébraux par divers canaux ioniques : une opportunité pour de nouvelles approches thérapeutiques ». Le premier orateur résume son exposé comme suit : « Après avoir publié, en 1991, les résultats de l'étude de l'histoire naturelle de la croissance et du taux de rupture d'anévrysmes de l'aorte abdominale en dehors du traitement chirurgical, les auteurs se sont attachés à la détermination des concentrations des macro-molécules de la matrice extracellulaire aortique, en l'occurrence l'élastine et le collagène. On a pu déterminer que l'élastine était effondrée par rapport à l'aorte normale, déjà dans les petits anévrysmes débutant de quatre centimètres et que ce minimum se maintenait si on le déterminait dans des anévrysmes de taille croissante. En ce qui concerne le collagène, sa concentration globale n'a pas montré de différence significative; par contre, en ce qui concerne la paroi des anévrysmes rompus, elle se caractérisait par une plus grande extractibilité du collagène témoignant ainsi de sa dénaturation. Parmi les enzymes susceptibles d'attaquer ces macro-molécules, on a identifié les MMP9 et les MMP2 et déterminé leur activité et leur forme activée dans la paroi d'anévrysmes aortiques, mais également dans le thrombus qui est affronté à la lumière. On a pu démontrer que les seules formes activées de MMP9 se rencontraient dans la paroi de l'anévrysme alors qu'elles sont absentes dans la paroi des aortes normales. Plus récemment, il a été démontré que les taux de métallo-protéases étaient similaires tant dans la maladie obstructive aorto-iliaque que dans la maladie anévrysmale mais que ce qui caractérisait la maladie anévrysmale, c'était une insuffisance majeure des inhibiteurs des métallo-protéases. Dès 1996, nous avons établi l'existence d'anévrysmes de l'aorte abdominale à caractère familial et nous avons démontré que par rapport aux anévrysmes sporadiques, ils se caractérisaient par un taux plus élevé de rupture spontanée (32 vs 8), et un âge beaucoup plus précoce de la survenue de ces ruptures (65 vs 75). Ces travaux, et d'autres, nous ont valu de participer à plusieurs études multicentriques destinées à étudier les particularités du génome du patient atteint d'anévrysme de l'aorte abdominale. Les premières conclusions ont déjà été publiées mais l'étude se poursuit. Enfin, indépendamment de ces travaux fondamentaux, plusieurs travaux cliniques ont été consacrés à la détermination de l'incidence des anévrysmes dans la population masculine de 65 et 75 ans de la ville de Liège (étude de population), à l'incidence des anévrysmes iliaques isolés, à la relation entre les anévrysmes de l'aorte abdominale et la transplantation cardiaque, et enfin aux relations entre l'anévrysme de l'aorte abdominale et les dissections aiguës de l'aorte ». L’exposé de M. R. Limet et N. Sakalihasan est suivi avec attention et une discussion s’ensuit à laquelle prennent part MM. les Professeurs L. Hue, J. Boniver, J.-J. Vanderhaeghen et J. Christophe. * Le second orateur présente ainsi sa lecture : « La plupart des médicaments du système nerveux central actuellement disponibles agissent sur des récepteurs, des transporteurs ou des enzymes de dégradation de neurotransmetteurs. L’explosion récente des connaissances dans le domaine des canaux ioniques exprimés par les neurones offre indéniablement un certain nombre d’opportunités de trouver de nouvelles cibles exploitables en thérapeutique. Au cours des cinq dernières années, notre laboratoire s’est attaché à évaluer l’intérêt d’un type de canal potassique sur ce plan. Il s’agit de canaux potassiques uniquement sensibles à la concentration hyperpolarisation qui suit un ou plusieurs potentiels d’action. Il existe des sous-unités SK1, SK2 et SK3 qui sont exprimées de manière différentielle au sein du système nerveux central. Jusqu’à présent, nous avons caractérisé l’effet du blocage de ces canaux dans diverses populations neuronales et avons également entamé, en collaboration avec le Prof. J.-F. Liégeois du laboratoire de Chimie pharmaceutique de l’U.Lg., une étude de structure-activité sur de nouveaux bloqueurs de ces canaux. Notre objectif est d’arriver à trouver des molécules spécifiques d’un type de sous-unité SK. Enfin, plus récemment nous avons entamé une étude de la biophysique de ces canaux à l’aide d’enregistrements de patch clamp ». M. V. Seutin est félicité et répond aux interventions de MM. les Professeurs Th. Godfraind, Mme Fontaine, MM. J.-J. Vanderhaeghen, J. Milaire et L. Hue. * Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel annonce que le numéro 10-11-12 du volume 161/Année 2007 qui a été envoyé récemment aux membres, est soumis à l’approbation de l’assemblée ; aucune observation n’est formulée. Il rappelle que la séance solennelle de remise des prix académiques arrivés à échéance le 10 janvier 2008 pour les deux périodes 2005-2006, se tiendra le 14 juin 2008, au Palais des Académies. Il annonce le « Prix Fonds Gaston Ithier et cancérologie 2009 » de l’U.L.B., destiné aux Sciences fondamentales oncologiques. Il annonce également le « Prix van Gysel 2009 », Prix destiné à favoriser le développement de haut enseignement et de la Recherche dans le domaine biomédical. Ces deux Prix avec les détails administratifs sont à disposition des membres au secrétariat de l’Académie. Il mentionne que le dossier des nouveaux Statuts et du ROI de notre Compagnie a été récemment transmis au Gouvernement de la Communauté française en vue de son approbation. * Le Président donne ensuite la parole au Prof. L. Delattre, Président de la Commission ad hoc, au sujet d’une demande de l’Ordre des Pharmaciens, afin de donner un avis sur la compatibilité de la présence dans les officines de différents appareils à usage technique médical. Après longue discussion et avis partagés, le Secrétaire perpétuel propose que les membres lui fassent parvenir sous forme écrite leurs éventuelles suggestions et remarques pour remodeler le texte, afin qu’un vote puisse éventuellement avoir lieu à la prochaine séance. * L’Académie se forme ensuite en « Comité secret ». Le Président donne la parole au Prof. J. Boniver, Président, qui commente le rapport relatif aux comptes 2007 et budgets 2008 de l’Académie. Le rapport est approuvé à l’unanimité des membres présents. * La séance est levée à 13h.00.
L’Académie royale de Médecine a tenu sa séance mensuelle en date du samedi 28 juin 2008, sous la présidence du Prof. A. Dresse, entouré au Bureau du Secrétaire perpétuel Prof. J. Frühling, et des vice-présidents les Professeurs Mme J. Stiennon-Heuson et M. L. Hue. * En ouvrant la séance, le Président et le Secrétaire perpétuel accueillent la famille de feu Mme le Prof. J. Flament-Durand, décédée à Bruxelles, le 5 novembre 2007, à l’âge de 80 ans. Elue correspondant le 29 novembre 1980, elle avait été promue membre titulaire le 21 décembre 1991. L’éloge académique est prononcé par les Professeurs J.-P. Brion, membre titulaire, et Mme D. Balériaux, membre titulaire. Une minute de silence est observée à la mémoire de notre regrettée consoeur disparue. A l’interruption de séance, la famille est raccompagnée par le Président, Mme la première vice-présidente et le Secrétaire perpétuel. * La partie scientifique de la réunion est consacrée à deux lectures, la première par M. le Prof. E. Verdin (Université de Californie à San Francisco), invité, et l’autre par le Prof. B. Nilius, M.D., Ph.D. (K.U.L.), invité. Le premier exposé, par le Prof. E. Verdin, s’intitule : « La régulation et la transcription d’HIV ». L’orateur présente ainsi sa lecture : « Malgré l'avènement de traitements dirigés contre HIV capable de supprimer la réplication du virus, une fois le traitement interrompu, le virus resurgit au même niveau qu'avant l'instauration du traitement. La capacité du virus à survivre les traitements actuels dépend de l'existence d'une petite population de cellules infectées contenant un virus HIV « dormant ». Une fois le traitement interrompu, le virus peut se réveiller et réessaimer l'infection. Notre laboratoire a établi récemment un modèle d'infection dormante (latente) par HIV in vitro. Ce modèle nous a permit d'étudier en détail les mécanismes responsables de la latence d'HIV ainsi que d'identifier certaines molécules qui forcent la réactivation de l'HIV dormant ». L’exposé de M. E. Verdin est suivi avec attention et l’orateur répond aux interventions de MM. A. Burny, A. Dresse et J.-J. Vanderhaeghen. * Le second exposé, par M. le Prof. B. Nilius, M.D., Ph.D., est intitulé : « TRP cation channels as unique cellular sensors : from protein to disease ». L’orateur résume ainsi sa lecture : « The Transient Receptor Potential (TRP) superfamily of cation channels forms a group of unique cellular sensors, which consists of 28 members in mammals, subdivided in into six subfamilies. TRP channels (TRPs) are expressed in almost every cell type. They are involved in sensory functions, e.g. the perception of temperature, smell, taste, pain, mechanical signals and respond to many natural compounds used in "traditional medicine". TRP channels are main players in Ca2+ signaling, e.g. cell functions ranging from neurotransmitter release to gene transcription and cell death. They are also involved in homeostatic functions, e.g. epithelial Ca2+ and Mg2+ reabsorption and lysosomal pH regulation. Dysfunctions of TRPs channels will be shown causing bladder diseases, alterations in bone-remodeling, heart hypertrophy and mast cell hypersensitivity to allergic stimuli. A new TRPathy (a bone disease, autosomal recessive brachyolmia), will be described which is caused by a gain-of-function mutation of a TRP channel. The involvement of TRP channels in a plethora of diseases defines these channels as valuable and novel pharmacological targets ». L’exposé de M. B. Nilius, M.D., Ph.D., est suivi d’une discussion à laquelle prennent part MM. T. Godfraind, J.-C. Henquin et O. Devuyst. * Aux communications du Bureau, le Secrétaire perpétuel communique qu’à la date du 13 juin 2008, le Gouvernement de la Communauté française a approuvé les nouveaux Statuts et le ROI et annonce que les prochaines élections du second semestre de cette année se tiendront en octobre 2008. Il signale ensuite la disparition de deux Collègues français, notamment : - du Prof. J.-P. Binet, décédé le 31 mai 2008 à Paris, à l’âge de 84 ans. Membre de l’Académie nationale de Médecine et Professeur de Clinique chirurgicale thoracique et cardio-vasculaire de l’Université de Paris, il fut élu correspondant étranger le 27 novembre 1982 et promu membre honoraire étranger le 23 mai 1987. - du Prof. E. Wollman, décédé le 1er juin 2008, à Paris, à l’âge de 91 ans. Directeur de recherche honoraire au C.N.R.S. et Professeur honoraire à l’Institut Pasteur, il était le collaborateur privilégié du trio A. Lwoff, F. Jacob et J. Monod. Par ailleurs, le Prof. J. Monod a publié une nécrologie dans le « Monde du 20 juin 2008 » qui souligne l’importance de ses travaux. Il était élu d’emblée membre honoraire étranger de notre Compagnie, le 30 novembre 1985. Une minute de silence est observée en mémoire de ces deux éminentes personnalités. * Le S.P. mentionne qu’il a reçu une liste importante d’annonces de Prix et concours et que cette liste sera transmise dans l’avenir par courrier à tous les membres. Les documents sont à disposition au secrétariat de l’Académie. Il annonce que le Prof. M. Georges, membre correspondant, a reçu le Prix Francqui en Sciences biologiques et biomédicales ce 3 juin 2008. Il communique ensuite qu’aucune séance ne se tiendra en juillet 2009, mais bien deux séances en juin (les 6 et 27 juin 2009) ; et deux séances en septembre (les 5 et 26 septembre 2009). * L’Académie se forme ensuite en « Comité secret », et le Président donne la parole au Prof. L. Delattre, Président de la Commission ad hoc au sujet d’une demande d’avis de l’Ordre des Pharmaciens, sur la compatibilité de la présence dans les officines de différents appareils à usage technique médical.AVIS SUR LA COMPATIBILITE DE LA PRESENCE DANS LES OFFICINES DE DIFFERENTS APPAREILS A USAGE TECHNIQUE MEDICAL AVEC L’A.R. N° 78 DU 10 NOVEMBRE 1967 Le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens a sollicité l’avis de l’Académie sur la présence en officine d’appareils permettant aux patients d’effectuer certaines automesures (poids, taille, pouls, tension artérielle, indice de masse graisseuse,…) et en particulier de la compatibilité d’une telle présence avec l’Arrêté Royal du 10 novembre 1967, relatif à l’exercice des professions de soins de santé. Le Bureau de l’Académie a constitué une Commission ad hoc chargée d’élaborer un avis. La Commission ainsi constituée comprend les Professeurs L. Delattre (président), O. Devuyst, A. Scheen et J.-C. Schoevaerdts. La pratique de l’automesure, notamment de l’automesure de la pression artérielle est une réalité quotidienne en officine et est effectuée sur demande du médecin ou du patient. L’automesure de la glycémie est plus délicate que la mesure de la pression artérielle et doit surtout s'intégrer dans un processus d'éducation du patient pour passer de l'autosurveillance à l'autogestion du diabète. C'est pour cette raison que cette stratégie est surtout concentrée dans des centres de convention en milieu hospitalier. L’autosurveillance ne relève pas de l’exercice de l’art médical selon l’Arrêté Royal du 10 novembre 1967. En revanche, l’interprétation par le pharmacien des résultats de ces automesures, l’établissement d’un diagnostic et l’instauration d’un traitement constituent un exercice illégal de l’art médical. L’autosurveillance ne se conçoit pas sans éducation du patient : le pharmacien d’officine a un rôle essentiel pour conseiller l’achat d’appareils adéquats, sensibiliser les patients au respect des bonnes conditions de l’automesure, rassurer le patient si les mesures sont bien dans les valeurs normales, s’assurer que le patient ne modifie pas le traitement médicamenteux de sa propre initiative et qu’il informe bien le médecin des résultats de l’automesure. Dans le cadre de la vente d’un appareil d’automesure, le pharmacien demandera au patient d’effectuer une mesure dans un endroit calme de l’officine tout en lui délivrant des conseils appropriés permettant un apprentissage efficace de la technique d’automesure et la compréhension de ses objectifs. L’utilisation d’appareils d’automesure à l’officine ou au domicile du patient est un bon moyen de promouvoir l’autosurveillance en dehors de toute considération commerciale car elle ne doit pas donner lieu à la délivrance de produits ou à la prestation de services en relation avec ces appareils. Enfin, point sans doute encore plus délicat, l'automesure de la glycémie est directement liée à l'utilisation de bandelettes auto-réactives qui peuvent être vendues en pharmacie d'officine. Une promotion inappropriée de ce type d'approche, non directement prescrite par un médecin, pourrait aboutir à certaines dérives commerciales vis-à-vis desquelles il convient d'être vigilant. Tout programme d’autosurveillance doit comporter l’utilisation d’appareils fiables, validés se conformant aux normes internationales et l’assurance que les patients s’en servent de manière appropriée. Il existerait toutefois de grandes variations dans la qualité du matériel utilisé par les pharmaciens pour effectuer ces mesures dans leurs officines. L’Académie s’inquiète de la possibilité de commercialisation d’appareils peu fiables et est en faveur du respect de règles assez strictes notamment l’établissement de listes d’appareils validés par un organisme officiel. Dans ces conditions, l’Académie reconnaît l’intérêt de la mise à la disposition d’appareils d’autosurveillance en officine. Ce rapport qui avait fait l’objet de quelques modifications et de quelques remarques lors de la séance du 28 mai 2008 est approuvé à l’unanimité des membres présents. La séance est levée à 12h.40.
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