Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Philippe van de Borne

 

IMPORTANCE DU SYSTÈME ORTHOSYMPATHIQUE EN CARDIOLOGIE

par le Pr Ph. van de BORNE (Hôpital Erasme – U.L.B.), invité.      

Le système sympathique joue un rôle majeur en cardiologie. Il régule la pression artérielle et le rythme cardiaque, il affecte la consommation en oxygène myocardique, il contribue à la régulation de la volémie, et il modifie les concentrations de glucose dans le sang,… Ce système prépare l’organisme à faire face à une situation de stress, il augmente les chances de survie, que ce soit lors du combat ou de la fuite. Il joue un rôle majeur dans l’homéostasie cardiovasculaire. La position bipède, serait, par exemple, impossible sans le système orthosympathique. Ce système est donc salvateur lorsqu’il est activé modérément et épisodiquement, toutefois lorsque cette activation devient intense et continue, il favorise la rétention hydro sodée, les troubles du rythme, l’hypertrophie des ventricules et des parois des artères, la coagulation, l’intolérance à l’effort,… La lutte contre l’hyperactivité sympathique est une des pierres angulaires du traitement médical de l’hypertension artérielle, de l’insuffisance cardiaque et des troubles du rythme. De plus de nombreuses autres conditions favorisent une hyperactivité sympathique, telles que l’obésité, l’apnée du sommeil, l’hypoxie, l’hypercapnie,… Notons enfin que l’activité orthosympathique est modifiée par un grand nombre de substances (nicotine, caféine, alcool, insuline, dobutamine,…) ainsi que par des traitements médicaux et chirurgicaux cardiologiques (transplantation cardiaque, septostomie atriale, resynchronisation cardiaque,…). On perçoit aisément les avantages évolutifs que le système orthosympathique a conféré à l’espèce humaine dans un passé lointain. Il joue toutefois à présent un rôle délétère dans une série de circonstances et de pathologies caractéristiques de la vie moderne.

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Ont pris part à la discussion les Professeurs J.-J. Vanderhaeghen, M. Lamy, G. Casimir et L. Hue.