Académie royale de Médecine de Belgique

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M. Frederic Schuind (Hôpital Erasme – ULB), invité : Bilan et leçons de la transplantation belge de la main

En juin 2002, une transplantation de main a été réalisée à l’Hôpital Erasme. Le receveur était un jeune boucher, victime d’une amputation unilatérale de la main dominante ; le donneur était décédé d’une hémorragie intracérébrale, et présentait une bonne compatibilité immunologique et morphologique. Le patient a bénéficié d’une immunosuppression de type transplantation rénale. Le patient a eu une bonne récupération fonctionnelle, était capable de conduire sa voiture après trois mois, et a repris le travail quelques mois plus tard. La récupération neurologique a été excellente tant sur le plan sensitif (discrimination de deux pressions de 6 mm au niveau du pouce et de l’index) que sur le plan moteur (contraction des muscles intrinsèques de la main). Le patient est toujours porteur de sa main transplantée.

Ce cas unique s’est avéré très intéressant sur le plan scientifique. Le patient a eu une sensibilité immédiate, confirmée en résonance magnétique fonctionnelle. Sur le plan sensitif, le patient présente une discrimination des textures normales. Le patient a souffert de problèmes psychologiques et a arrêté pendant plusieurs mois son immunosuppression, ce qui a entrainé un premier épisode de rejet, sévère, 43 mois après la transplantation dont persistent des lésions psoriasitiques. Il est prévu d’aborder pendant la Conférence les aspects éthiques des transplantations de main, de revoir l’expérience mondiale et les complications observées, et d’aborder les hypothèses étiologiques concernant la récupération sensitive de ce patient.