Académie royale de Médecine de Belgique

|

Résumé de Philippe Sansonetti


les tests sÉrologiques : de la syphilis au covid-19   

par Philippe SANSONETTI (Institut Pasteur Paris et Collège de France), membre étranger.

La Sérologie en tant que science est née des travaux de Jules Bordet au tournant du XXème siècle, suite à la découverte de l’immunité humorale et des anticorps par Paul Ehrlich, Emil von Behring et Karl Landsteiner. Des bases fondamentales de la reconnaissance des bactéries et des érythrocytes par les anticorps, la découverte par Jules Bordet de l’Alexine / Complément a non seulement permis de comprendre les mécanismes immunologiques de la bactériolyse et de la cytolyse, mais a aussi permis la mise au point des premiers séro-diagnostics très fiables et de technologie avancée comme la réaction de fixation du complément qui eurent tôt fait de dominer le champ du diagnostic des maladies infectieuses. Ces tests s’avérèrent d’autant plus utiles que certains pathogènes résistaient aux tentatives de culture ou n’étaient pas accessibles. Ce fut bien entendu le cas du diagnostic de la Syphilis par le test de Bordet-Wasserman, dont les initiales mythiques (BW) symbolisent à elles seules le triomphe de la sérologie dans les premiers trois quarts du XXème siècle. Cependant, les progrès des méthodes de culture et de diagnostic biochimique des bactéries assez vites ordonnées et automatisées et l’irruption du diagnostic moléculaire grâce à la démocratisation du séquençage finirent par faire de l’ombre au sérodiagnostic et à la sérologie en général. La sérologie n’était cependant pas morte, elle permit l’identification des virus des hépatites après avoir largement participé, quelques décennies auparavant, à l’identification du virus de la grippe. La sérologie reprit aussi des couleurs avec le diagnostic de l’infection VIH. On la sent aujourd’hui fléchir devant les assauts du diagnostic moléculaire maintenant mené au pas de charge par le séquençage profond de nouvelle génération, comme ce fut récemment le cas pour l’identification de SARS-CoV-2.

Il est cependant intéressant de constater que bardés de leurs connaissances en biologie moléculaire et cellulaire, les microbiologistes et immunologistes se posent encore la question de savoir si une sérologie positive pour SARS-CoV-2 signifie protection et les vaccinologues, de même, cherchent désespérément le titre et la nature des anticorps, en particulier neutralisants, qui pourraient représenter des corrélats de protections identifiables dès les phases précoces des essais clinique…  Au secours Monsieur Bordet !

 

 

­­­­­­­­­­­