Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion de la communication faite par le Chevalier H. de Winiwarter, Membre titulaire, dans la séance du 20 mars 1948, sous le titre : "Correction de l'insuffisance du quatrième doigt"

                   M. De Winiwarter. – Depuis la communication que j’ai faite lors de la séance de mars dernier, j’ai appris que quelques élèves du Conservatoire de Liège s’étaient soumis à l’opération préconisée par mon père, mais qu’ils n’en étaient pas satisfaits.

                J’ai pu en dépister un que j’ai interrogé et j’ai aussitôt compris qu’il s’imaginait que l’opération était une sorte de moyen magique de le transformer de suite en un virtuose. Evidemment l’intervention n’a pas cette vertu.

                Pour apprécier les bienfaits de la méthode, il faut, ou bien comme ce fut le cas de M. Smulders, pouvoir comparer l’état consécutif à l’opération à l’état préalable à elle. Mais lorsque l’opération est pratiquée au début des études (ce qui est préférable), on ne peut que comparer l’évolution d’un opéré avec un camarade non opéré, parti au même moment que lui. Cette méthode est certainement moins impressionnante.

                En tout cas, la réduction sensible de la durée d’apprentissage et la suppression du travail d’entretien sont des avantages qui justifient entièrement le procédé.

                M. Debaisieux. – Il m’est arrivé aussi, une fois, d’être consulté par une pianiste professionnelle, qui est venue me demander ce que donnerait l’opération à l’expérience. Ignorant moi-même ce qu’on pouvait en attendre, je lui ai conseillé de commencer par la main gauche et, en cas de résultat satisfaisant, de revenir me trouver après six mois.

                Après ce laps de temps, elle est, en effet, venue me prier de lui opérer la main droite.

                Depuis lors, je ne l’ai plus revue, et je ne sais donc pas exactement ce que cela a pu donner.

                Je vous dis donc ceci simplement à titre documentaire.

                M. le Président. – Plus personne ne demande la parole, nous remercions à nouveau M. de Winiwarter pour son intéressante communication.

                Séance du 29 mai 1948.