Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion du rapport de la Commission chargée d'étudier la question de l'examen médical des étudiants universitaires

M. P. Lambin, Rapporteur.

                La Commission était composée de MM. De Beule, De Waele, Renaux et Govaerts, Membres titulaires, ainsi que de MM. Brull, Lambin, Tytgat et Glorieux, Correspondants.

                Voici ce rapport :

                « La Commission chargée d’étudier la question de l’examen médical des étudiants universitaires estime, à l’unanimité, qu’il y a lieu de développer les mesures fragmentaires qui ont été prises jusqu’ici dans les universités et les autres établissements d’enseignement supérieur.

                » Il serait désirable, en principe, que toute la population estudiantine fût soumise à l’examen médical. La majorité des membres de la commission estime toutefois qu’il n’y a pas lieu de rendre cet examen obligatoire : une propagande appropriée, insistant notamment sur les avantages que le traitement de la tuberculose retire d’un dépistage précoce, arrivera vraisemblablement à déterminer le plus grand nombre des étudiants à se faire examiner.

                » Pour ce qui est des modalités de l’examen, il paraît suffisant au point de vue social de le limiter à la recherche de la tuberculose. Les étudiants devront être dans ce but soumis à la radiophotographie en série, avec un appareil de bonne qualité, manipulé par des techniciens entraînés. Les crédits octroyés en vue de l’examen doivent prévoir le recours à la radiographie sur clichés de grand format pour tous les cas douteux. Ceux-ci devront également être soumis à un examen clinique, qu’il paraît naturel de confier aux cliniques médicales universitaires.

                » Les enquêtes qui ont été faites jusqu’ici par plusieurs collègues ont montré que le rendement d’un examen clinique général systématique était minime, cet examen n’ayant qu’exceptionnellement l’occasion de mettre en évidence une affection importante ignorée des intéressés. Il semble donc que l’on puisse s’en dispenser pour le moment.

                » Pour ce qui est de la fréquence avec laquelle les examens devront être répétés pour avoir un rendement optimal, la commission estime qu’un examen annuel peut être considéré comme amplement suffisant pour les étudiants qui ne sont pas soumis à des sources de contamination d’origine professionnelle. La surveillance régulière des étudiants qui se destinent à faire carrière dans l’enseignement moyen est considérée par la commission comme particulièrement importante.

                » L’examen sera avantageusement répété tous les semestres chez les étudiants du doctorat en médecine, dont la cuti-réaction devrait être régulièrement suivie à cette occasion. »

-       Ce rapport est adopté à l’unanimité. Il sera transmis à M. le Ministre de la Santé Publique, qui sera prié de le communiquer à son Collègue de l’Instruction Publique.

Séance du 20 mars 1948.