Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Isabelle Salmon, membre titulaire


(A pris part à la discussion : Pr E. Salmon).

AN OVERVIEW OF THE 2016 WHO BRAIN TUMOR CLASSIFICATION

par Isabelle SALMON (Service d’Anatomie pathologique – Hôpital Erasme), membre titulaire.

L’Anatomie pathologique a toujours été un pont entre la recherche et la médecine clinique.

C’est encore plus évident, au 21ème siècle, à l’époque du digital et de l’automatisation technique.

La pratique de cette spécialité médicale s’est modifiée en profondeur au cours du temps, intégrant le pathologiste en tant qu’acteur participant activement aux décisions au sein des équipes médicales. Les avancées techniques et les découvertes ont conduit aux développements de l’immunohistochime et ensuite de la pathologie moléculaire. Ces analyses diagnostiques, plus qu’un substitut, représentent une approche complémentaire pour l’obtention d’un diagnostic fiable et adéquat.

Ce diagnostic comprenant outre une évaluation pronostique, une aide au choix thérapeutique pour la médecine personnalisée.

La base du diagnostic des tumeurs est rapportée au sein des classifications internationales éditées par l’OMS et régulièrement mises à jour. Ces classifications regroupent des entités anatomo-cliniques qui sont constituées de tumeurs ayant des caractéristiques cliniques, radiologiques, morphologiques, protéiques et moléculaires similaires, mais surtout qui confèrent au patient un pronostic similaire. Ces classifications sont dynamiques, en fonction des avancées scientifiques, certaines entités disparaissent ou sont modifiées et de nouvelles entités sont découvertes.

La nouvelle classification des tumeurs du système nerveux central a été publiée en 2016 et intègre pour la première fois des marqueurs moléculaires. Cette classification comprend 150 entités, ceci est certainement à mettre en rapport avec la complexité du développement du cerveau. Une originalité de la classification des tumeurs du système nerveux central, par rapport à celles des autres organes, est le grade de malignité, attribué transversalement à chacune des entités et variant de I à IV en fonction de l’agressivité tumorale.

Il faut faire la distinction entre la pathologie moléculaire théranostique et la pathologie moléculaire diagnostique. L’approche théranostique consiste à confirmer la présence d’une cible activable au sein du tissu tumoral et donc à justifier la prescription d’une thérapie ciblée. Malheureusement, les thérapies ciblées sont actuellement peu utiles pour la prise en charge des patients porteurs de gliomes. L’approche diagnostique consiste à analyser une anomalie moléculaire pour permettre un diagnostic précis. C’est cette approche qui permet de diminuer la subjectivité du diagnostic, tout particulièrement pour les gliomes, tumeurs les plus fréquentes du système nerveux central. L’approche de la signature moléculaire des gliomes n’est pas intégrée dans la classification.

Se posent alors les questions de la pratique quotidienne : de la quantité et de la qualité du tissu tumoral disponible, questions évidentes pour de nombreuses tumeurs mais cruciales pour le neurochirurgien ! Quid aussi de la survie de la morphologie face au séquençage complet des tumeurs ? Quelles technologies intégrer dans les classifications à venir ?