Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Fabio Taccone


(Ont pris part à la discussion : Mme le Pr D. Balériaux, MM. les Prs M. Lamy, J.-P. Thissen, J.D. Born et J.-M. Foidart).

CONSÉQUENCES DE L’ARRÊT CARDIAQUE ET RÉCUPÉRATION CÉRÉBRALE POST-ANOXIQUE

par Fabio TACCONE (Hôpital Erasme – ULB), invité.                  

L'arrêt cardiaque soudain, ou « mort subite » a plusieurs conséquences sérieuses, voire mortelles, pour les patients qui, après réanimation, sont admis à l’hôpital. Tout d’abord l’absence, plus ou moins prolongée, de circulation sanguine et oxygénation des cellules engendre des lésions peu réversibles pour plusieurs organes, dont le cerveau et le cœur. Ceci a comme conséquence un taux de mortalité très élevée (environ 65%), principalement à cause d’une défaillance cardio-vasculaire précoce ou de lésions cérébrales irréversibles qui entrainent un coma persistent. Par ailleurs, un syndrome dit « de reperfusion » apparait généralement entre les premiers 24 heures après l’arrêt cardiaque, qui est caractérisée par une inflammation systémique et des désordres biologiques sévères, qui peuvent aboutir à une défaillance multi-viscérale et au décès rapide.

Compte tenu de l’impact fonctionnel des séquelles des patients victimes d’arrêt cardiaque, de nombreuses thérapeutiques ont été testées depuis une trentaine d’années, afin d’améliorer la récupération neurologique de ces patients. La seule intervention qui a montré des effets bénéfiques sur les lésions cérébrales post arrêt cardiaque est le contrôle de la température corporelle, avec l’utilisation de l’hypothermie (à 33-36°C) dans la phase initiale, suivie par un normothermie stricte 37-37.5°C), en évitant la fièvre pour au moins 72 heures.

L’appréciation des performances cérébrales à distance de l’évènement représente aussi un enjeu majeur. L’utilisation d’une combinaison de plusieurs outils, biologiques, d’imagerie ou électrophysiologiques, permets de mesurer avec précision l’ampleur des séquelles neurologiques, même si cela devient possible que 4-5 jours après l’arrêt cardiaque.