Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Gébrine El Khoury


(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs P. Coulie et St. Clément de Cléty).

LA RÉPARATION VALVULAIRE AORTIQUE

par Gébrine EL KHOURY (Département cardiovasculaire et thoracique - UCL), invité.                    

a) Background

1) Durant la dernière décennie, la régurgitation aortique sur bicuspidie ou maladie dégénérative de la média (Marfan, …) est devenue la principale cause d’insuffisance aortique chez le jeune patient. Parallèlement à cette évolution, et encouragés par les excellents résultats de la réparation valvulaire mitrale, des équipes de pionniers ont développé une chirurgie conservatrice de la valve aortique. Cette chirurgie révolutionnaire dans sa conception donne à ces jeunes patients le meilleur atout de qualité de vie et de longévité. 

2) Le traitement classique dans la majorité des centres pour cette pathologie est le remplacement valvulaire prothétique, qui est associé à une morbidité et mortalité non négligeable :

- une mortalité opératoire pour le remplacement valvulaire prothétique est de 2-6 %,

- le pourcentage de complications thrombo-emboliques dix ans après un remplacement valvulaire aortique prothétique est de 38 % (3,8 patients par année),

- le pourcentage de complications hémorragiques dix ans après un remplacement valvulaire prothétique est de 35 %  (3,5 patients par année),

- le pourcentage de complications infectieuses dix ans après l’intervention est de 10 % (1 patient par année),

- une ischémie cérébrale silencieuse secondaire à des micro-emboles.

3) Conservation de la valve native permet :

- la conservation d’une hémodynamique normale,

- un flux dans les artères coronaires normal,

- le pourcentage d’infection valvulaire postopératoire est identique à une valve normale puisque nous n’implantons aucun matériel prothétique,

- une absence d’accident thrombo-embolique ou hémorragique postopératoire étant donné l'absence d'anticoagulation.

4) Plusieurs techniques de conservation de la valve aortique et de la racine aortique ont été décrites avec des résultats plus ou moins encourageant suivant les sous-groupes. Ceci est principalement dû au polymorphisme de l’insuffisance aortique puisque celle-ci peut être due tant à un problème valvulaire isolé, qu’un problème de la racine isolée, ou un problème de l’anneau aortique. Le traitement idéal serait de corriger chaque anomalie et donc d’adapter le traitement chirurgical à chaque sous-groupe.

b) L’insuffisance aortique à Saint-Luc

Dans notre centre, 80 % des patients avec une insuffisance aortique bénéficient d’une réparation et donc conservation de leur valve aortique plutôt qu’un remplacement.

Nos résultats cliniques à moyen et long terme sont très encourageants.