Académie royale de Médecine de Belgique

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21 nov. 2017. Patrice Forget: Faut-il craindre l'anesthésie ?

à 18 h. au Palais des Académies, 1 rue Ducale

Inscriptions ici

Si l'utilisation des opiacés naturels, comme l'opium, est plus que millénaire, l'histoire des morphiniques de synthèse commence après la Deuxième Guerre mondiale. Elle part du constat que de nombreux soldats américains, à Pearl Harbor, ne survécurent pas à la salle d'opération, où ils ne purent bénéficier des techniques d'anesthésie dites « modernes ». En 1962, en Belgique, l'utilisation du fentanyl, premier opioïde de synthèse utilisable en anesthésie, est décrite. Par la suite, l'utilisation des morphiniques à hautes doses, pendant la chirurgie, s'est banalisée. Cependant, ces vingt dernières années, de nombreux travaux sont venus questionner cette pratique, mettant en évidence les nombreuses inconnues quant aux effets secondaires de ces molécules, une meilleure connaissance de la physiologie de la douleur, l'observation que la douleur postopératoire était paradoxalement plus importante après l'utilisation de hautes doses de morphiniques, et la crainte d'effets secondaires spécifiques des molécules à durée d'action ultra-courte.

Lors de ce cours, les thématiques suivantes seront abordées :

- Un rappel de la physiologie de la nociception chez l’humain, après un bref rappel historique des découvertes qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale

- Une description des concepts de douleur et de nociception, en particulier pendant le coma ou l'anesthésie générale

- Une approche générale des liens qui existent entre morphiniques et réponse immunitaire face au traumatisme, chirurgical ou non

- Une explication des mécanismes sous-tendant le fait que les morphiniques peuvent avoir des effets à long terme opposés à leur effet antalgique de courte durée

- Une illustration de quelques techniques qui améliorent la gestion de la douleur en péri-opératoire, et qui peuvent rendre l'utilisation des morphiniques inutile pendant la chirurgie.