Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le travail présenté par M. Léon Ectors, Bruxelles, sous le titre : "Contribution à l'étude clinique et radiologique du neurinome de l'acoustique".

            La Commission était composée de MM. P. Van Gehuchten, rapporteur, et L. Van Wildenberg, Membres titulaires.

            Le neurinome de l’acoustique est formé aux dépens du nerf vestibulaire et bien que celui-ci n’ait qu’une longueur de 2 centimètres, une localisation très exacte de la lésion est possible.

          Après Cushing, qui a opéré 176 cas de neurinome de l’acoustique, M. Ectors, se basant sur 14 cas opérés de la même affection, montre que ces tumeurs occupent en partie le conduit auditif interne.

           La portion distale du nerf, c’est-à-dire la partie qui se trouve dans le rocher, serait d’après l’auteur, obligatoirement le point de naissance de la tumeur et déterminerait inévitablement une altération du conduit auditif interne.

       En effet, M. Ectors a constaté, au cours de toutes ses interventions pour neurinome de l’acoustique, un élargissement avec une irrégularité des bords du conduit auditif interne. D’autre part, des radiographiques, plus suggestives que celles qui figurent dans la volumineuse monographie de 1917 de Cushing, décèlent ces lésions, en même temps qu’elles montrent une décalcification du rocher, qui disparaît endéans l’année qui suit l’ablation de la tumeur. Ces radiographies ont été faites d’après une position particulière imaginée par l’auteur et qu’il dénomme « position front-nez-plaque ».

            L’étude de la structure histologique du nerf vestibulaire que l’auteur reproduit en belles coupes longitudinales, permet de préciser le siège d’origine de ces tumeurs. En effet, dans sa portion centrale, il a une structure analogue au nerf optique, alors que dans sa portion distale, cette structure est celle des nerfs périphériques avec gaîne de Schwann. La jonction est située au niveau du trou auditif interne et est le siège d’une véritable anarchie cellulaire. C’est la portion distale du nerf qui doit être le point de départ de la tumeur, parce qu’elle seule a la structure du nerf périphérique.

            D’après l’auteur, il importe de ne pas accorder une valeur exclusive aux résultats des épreuves vestibulaires instrumentales. Parmi les 11 cas soumis à ces épreuves, le labyrinthe n’a été trouvé inexcitable que dans trois cas ; dans un quatrième cas l’excitabilité calorique seule était diminuée.

              Par contre, l’épreuve du fil à plomb de Barré s’est révélée positive dans tous les cas. Dans tous ceux-ci on a noté un nystagmus horizontal spontané, plus accentué lorsque le regard était orienté vers la lésion.

            L’atteinte du nerf VII par un neurinome de l’acoustique présente en général l’aspect clinique d’une paralysie flasquo-spasmodique. Pour rendre compte de la parésie spasmodique, l’auteur pense pouvoir admettre que les fibres nerveuses, partiellement lésées par le processus tumoral, ont une hyperexcitabilité qui rend compte des spasmes et des contractures.

            Le neurinome détermine 30% des cas un syndrome pyramidal qui peut être homolatéral, hétéro-latéral ou bilatéral. Le syndrome homolatéral est dû au refoulement du pédoncule cérébral du côté opposé contre l’arête libre de la tente du cervelet ; il est toujours associé à un syndrome d’hypertension intracrânienne par oblitération de l’aqueduc. Ces symptômes pyramidaux n’ont aucune valeur localisatrice.

            L’évolution symptomatique du neurinome de l’acoustique n’est pas stéréotypée ; elle peut débuter soit par un syndrome d’hypertension, soit par un symptôme d’atteinte d’un des nerfs de l’angle ponto-cérébelleux.

            L’intérêt de ce travail, qui n’a pas la prétention de passer en revue toute la symptomatologie des tumeurs de l’acoustique, réside essentiellement dans une mise au point plus précise de certains détails de cette symptomatologie. D’autre part la technique radiographique préconisée par l’auteur permettra souvent d’affirmer le diagnostic dans des cas douteux.

            Nous avons l’honneur de proposer à l’Académie d’adresser des remerciements à l’auteur et d’autoriser la publication de son travail dans le Bulletin de la Compagnie.

            Ces conclusions sont adoptées.

            Séance du 25 janvier 1947.