Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire soumis par M. Jules François, de Charleroi, sous le titre de : La maladie de Besnier-Boeck-Schaumann et les sarcoïdes hypodermiques de Darier-Roussy peuvent constituer une seule et même affection.

La Commission était composée de MM. G. Leboucq et H. Coppez, Rapporteur.

            M. J. François rapporte l’observation d’un malade qui présentait les nodosités sous-cutanées caractéristiques des sarcoïdes hypodermiques de Darier-Roussy. Mais, tandis que cette dernière affection est purement locale, M. François a noté dans son cas des lésions glandulaires, ganglionnaires et pulmonaires, telles qu’on les rencontre dans la maladie de Besnier-Boeck-Schaumann, affection que Pautrier considère cependant comme nettement différentes des sarcoïdes hypodermiques de Darier-Roussy.

            Au point de vue anatomique, les deux affections se différencient également : les sarcoïdes de Darier-Roussy s’accompagnent d’une altération inflammatoire et de lésions caractéristiques de la cellule adipeuse ; l’hypoderme participe activement au processus, tandis que les nodules de Besnier-Boeck se bornent à envahir passivement l’hypoderme, sans participation active au processus.

            Ce qu’il y a de remarquable dans le cas de M. François, c’est que l’aspect dermatologique est celui du type Darier-Roussy, tandis que les lésions générales et les préparations anatomopathologiques rappellent le type Besnier-Boeck.

            M. François croit pouvoir tirer de ses constatations la conclusion que, contrairement à l’opinion de M. Pautrier, les sarcoïdes hypodermiques de Darier-Roussy et la maladie de Besnier-Boeck-Schaumann peuvent constituer une seule et même maladie.

            M. François n’a retrouvé dans la littérature qu’un seul cas semblable au sien, celui publié en 1934 par M. Pautrier.

            L’observation rapportée par M. François est très complète et bien démonstrative. Les microphotographies sont nettes.

            Il convient toutefois de faire quelques réserves avant de rejeter définitivement l’opinion de M. Pautrier, basée sur une longue série de cas. Il est souhaitable que l’auteur ait encore l’occasion d’observations ultérieures qui lui permettront de renforcer son hypothèse.

            Les rapporteurs rappellent que M. François a déjà présenté plusieurs mémoires à l’Académie et qu’il est inscrit sur la liste des aspirants au titre de Correspondant.

            La Commission propose d’adresser des remerciements à l’auteur et de publier son mémoire dans le Bulletin de notre Compagnie. Toutefois, vu les circonstances, il y aurait peut-être lieu de réduire le nombre des figures.

            Ces conclusions sont adoptées.

            Séance du 31 mars 1945.