Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner la note déposée par M. P. Moureau, de Liège, et intitulée : "A propos de la lecture faite par MM. R. Bruynoghe, J. Hoet, J. Van Den Broucke, P. De Somer sur le facteur Rh et maladies du foetus et du nouveau-né"

La Commission était composée de MM. R. Bruynoghe, rapporteur, et E. Renaux.

            Les constatations cliniques ont établi l’importance du facteur Rh dans les maladies du fœtus et du nouveau-né et il était dès lors tout naturel d’admettre que l’immunisation anti-Rh de la mère devait intervenir pour réduire sa progéniture.

            Ce fait résultait, de l’avis des auteurs, d’une façon évidente des pourcentages de procréateurs Rh + et Rh – de 71 familles nombreuses avec au moins 8 enfants.

            En effet, dans ces familles :

            59 fois le père et la mère étaient Rh + ;

            2 fois le père et la mère étaient Rh - ;

            9 fois le père était Rh – et la mère Rh + ;

            et une fois le père était Rh + et la mère Rh -.

            L’immunisation anti-Rh est intervenue pour réduire la progéniture dans les familles où la mère est Rh – et le père Rh + : une dans ces 71 familles contre 9 dans les familles père Rh – et mère Rh +.

            MM. R. Bruynoghe, J. Hoet, etc. n’avaient pas un instant admis que le pourcentage constaté dans les familles nombreuses pouvait être un effet du hasard en ce qui concerne l’unique famille de huit enfants dont le père était Rh + et la mère Rh - .

            M. P. Moureau, dans une étude statistique très intéressante, arrive à la même conclusion.

            Tant par la méthode binomiale que par celle de l’écart quadratique, il établit que le hasard n’a qu’une chance sur 148 d’après la première méthode et une sur 216 d’après la seconde pour fournir la proportion trouvée dans notre statistique sans l’intervention de l’immunisation anti-Rh.

            Nous remercions M. Moureau de son intéressante étude statistique dont nous sommes heureux de proposer l’insertion dans le Bulletin de l’Académie. Nous rappelons en outre que le nom de M. Moureau figure déjà sur la liste des aspirants au titre de Correspondant.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 21 décembre 1946.