Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire déposé par M. Z. M. Bacq, de Liège, et intitulé : "Réactions des toxiques de guerre avec les groupes thiols des protéines, du glutathion et de la cystéine"

La Commission était composée de M. H. De Waele, Membre titulaire, et de deux Correspondants : MM. J. La Barre, rapporteur, et M. Florkin.

            Faisant suite à une précédente étude publiée par l’auteur et ses collaborateurs, au sujet de l’action des toxiques de guerre et de leur pathogénie, M. Z. M. Bacq avait eu l’attention attirée dès 1940 sur la possibilité de réactions entre ces corps toxiques et les groupes thiols du glutathion et des protéines.

            L’intérêt de ce problème fut confirmé lorsque l’auteur fut amené à constater que la chloropicrine, l’isosulfocyanante d’allyle, la cétophénone et la sulfone de l’ypérite réagissent en perdant leur toxicité au contact d’une série de corps variés présentant la propriété commune de posséder des groupements –SH.

            Dans le travail approfondi et minutieux qu’il a entrepris à ce propos, M. Bacq nous apporte la preuve d’une réaction rapide intervenant entre les vésicants et toxiques de guerre et les groupes sulfhydryles des protéines dénaturées. Il a pu montrer que la chloropicrine, la bromopicrine, le phosgène, le sulfure de chloréthyle et d’autres corps réagissent avec les groupes SH des protéines alors que le sulfoxyde de dichloréthyle, la cantharidine, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone et le tribromfluorméthane ne présentent pas cette propriété. Les réactions des corps du premier groupe avec le glutathion et la cystéine sont notablement moins rapides.

            L’importance des faits révélés par M. Z. M. Bacq ne peut échapper aux chercheurs qui ont tenté d’interpréter l’action des vésicants et des toxiques de guerre sur les tissus vivants.

            La Commission, vu l’intérêt des résultats expérimentaux exposés par M. Z. M. Bacq, propose à l’Académie d’insérer l’ensemble de ce travail dans son Bulletin et rend hommage aux efforts réalisés par l’auteur pour donner une explication satisfaisante de l’action nocive des corps toxiques dont il a entrepris l’étude.

            Ces conclusions sont adoptées.

            Séance du 27 avril 1946.