Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion de la communication faite par MM. L. Brull, L. Dubois et M. J. Op de Beeck et intitulée : "Etudes sur l'assimilation des constituants du pain intégral et du son"

M. le Président. – La parole est à M. Brull.

            M. L. Brull. – J’ai reçu le compte rendu sténographique de la dernière séance, concernant ma communication sur l’assimilation des constituants du son. M’étant aperçu que je n’ai peut-être pas répondu à toutes les questions posées, je me permets de revenir un instant sur ce problème.

            D’après le travail de Trémolières et de ses collaborateurs, l’azote du son serait d’autant moins assimilé qu’on le donne pendant un temps plus long. Au bout de sept à dix jours, cet azote ne serait plus aussi bien assimilé et l’excès fécal irait en augmentant.

            Ceci est tellement en contradiction avec les nombreux faits que j’ai observés et signalés depuis la guerre que je ne comprends pas les résultats de l’auteur et que je ne puis les discuter.

            Quant à la moins bonne conservation du pain intégral par rapport au pain blanc, question qu’a soulevée M. Heymans dont je regrette l’absence, notre Collègue a sans doute lu dans les travaux qu’il a cités que la farine blanche se conserve mieux que la farine intégrale. Ceci est exact, parce que la farine intégrale contient beaucoup de lipides, quand on les conserve. Mais le grain, le seigle, le blé ne rancissent pas tant qu’ils ne sont pas moulus. De même, le pain ne rancit pas pendant la période de conservation. Ce n’est que si  l’on conserve longtemps la farine ou le grain moulu qu’il y a rancissement. Mais je sais par expérience que l’on peut conserver de la farine intégrale pendant plusieurs semaines, voire même pendant deux mois, sans que le rancissement soit appréciable au goût.

            La question de conservation n’est donc pas un argument contre le pain intégral, quelques semaines de latitude étant suffisantes pour permettre la distribution du blé moulu.

            J’avais promis à M. Heymans de lui apporter un échantillon de pain intégral datant de dix jours. C’est ce que j’ai fait. Je regrette de ne pouvoir en couper des tranches devant vous, soucieux que je suis de ne pas gaspiller du pain actuellement. J’ai fabriqué ce pain intégral, uniquement de seigle, jeudi de la semaine dernière. Vous pouvez constater qu’il est toujours parfaitement présentable. S’il en est parmi vous qui conçoivent des doutes, je les invite à déjeuner avec moi : je leur en offrirai une tartine ! (Sourires.)

            M. le Président. – Plus personne ne demandant la parole, nous passons à l’objet suivant de l’ordre du jour.

            Séance du 25 mars 1944.