Académie royale de Médecine de Belgique

|

Discussion du rapport de la Commission chargée d'examiner la demande d'avis du Gouvernement concernant les propositions formulées par la "Kamer der Geneesheeren"

et tendant à soumettre à un examen médical et psychotechnique obligatoire ceux qui se destinent à la carrière médicale.

            La Commission était composée de MM. Nolf, Gérard, Duesberg, Heymans et Bruynoghe, Rapporteur.

            Après une discussion, à laquelle prennent part, outre M. le Président et M. le Secrétaire perpétuel, MM. Debaisieux, De Beule, Renaux, Govaerts, D’Hollander, Wattiez, Rodhain et Verhoogen, le rapport est approuvé tel qu’il est reproduit ci-après :

            La Commission a pris connaissance des propositions formulées dans la lettre adressée au Département de l’Instruction Publique le 8 septembre 1942 et communiquée à l’Académie par ce Département le 20 novembre suivant. Après les avoir étudiées, elle a formulé son avis comme suit :

            Pour autant qu’il puisse y avoir opportunité de modifier actuellement la législation sur la collation des grades académiques – point de vue qu’elle n’a pas examiné – la Commission estime :

            1°) Que la pléthore n’est pas aussi générale que tendrait à le faire croire l’afflux considérable des étudiants de première année, afflux qui trouve sa cause dans les circonstances actuelles. En effet, bien des débouchés sont ouverts aux médecins. La spécialisation de plus en plus grande de la pratique médicale permet d’ailleurs d’utiliser un plus grand nombre de médecins par rapport au chiffre de la population.

            2°) Que l’examen médical ne peut guère exclure ceux qui seront éventuellement atteints de tuberculose dans l’avenir ; que l’examen médical volontairement subi est déjà organisé dans les universités et qu’il y a lieu d’intensifier la propagande en sa faveur, cet examen ayant déjà donné des résultats très encourageants.

            Le nombre des examens volontairement consentis augmente d’année en année. A l’Université de Liège, le nombre des étudiants qui se sont présentés à l’examen médical a augmenté dans une proportion considérable. Il est passé d’une trentaine à la période du début à plus de 600 en 1941-42 et ce chiffre est déjà largement dépassé cette année. A Louvain 469 étudiants ont été examinés en 1936-37 ; en 1941-42 il y a eu 1725 examens médicaux.

            Pour ce qui concerne la propagation de la tuberculose, le danger peut être plus grand dans les professions non médicales parce que les personnes qui les exercent se trouvent des fois dans un milieu éminemment réceptif (membres du corps enseignant parmi les élèves).

            La Commission fait remarquer, à propos des chiffres produits par la « Kamer der Geneesheeren » concernant la fréquence de la tuberculose parmi les élèves du 3ème doctorat en médecine de l’Université de Gand, que ces chiffres n’ont pas la signification que l’on voudrait leur attribuer. Il est plus que probable que si l’on avait soumis à l’examen médical lors de leur entrée à l’université les élèves actuellement atteints de tuberculose, ils eussent été reconnus bien portants et que c’est au cours de leurs études qu’ils se sont infectés. Les statistiques norvégiennes ont établi que les jeunes gens venant de milieux tout à fait indemnes de tuberculose et de ce fait non allergisés font contre cette infection.

            3°) Que si l’examen psychotechnique est utile pour orienter les élèves sortis de l’enseignement primaire, la Commission ne conçoit pas l’utilité d’un semblable examen pour une sélection à faire parmi les candidats à la profession médicale.

-  Le rapport sera transmis à M. le Secrétaire Général du Ministère de l’Instruction Publique.

Séance du 17 avril 1943.