Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire présenté par M. Pierre Rijlant, à Bruxelles et intitulé : "Contribution à l'étude du contrôle réflexe de la respiration"

M. C. Heymans, Rapporteur.

            Le travail de M. Rijlant est consacré à l’étude des influences de l’excitation centripète de différents nerfs sensitifs sur l’activité des centres des neurones moteurs de l’appareil respiratoire.

            A cet effet, M. Rijlant enregistre les oscillogrammes cathodiques correspondant à l’activité des fibres efférentes des nerfs récurrents et de divers nerfs intercostaux. Différents nerfs afférents furent excités afin de rechercher l’influence de ces excitations centripètes sur l’activité des centres moteurs des nerfs respiratoires. Ces expériences ont été effectuées chez le chien, le lapin et le chat anesthésiés et curarisés. M. Rijlant étudia successivement les influences réflexes sur l’activité des centres moteurs respiratoires de l’excitation afférente du nerf trijumeau et de ses branches nasales, du nerf sino-carotidien, du nerf laryngé supérieur, du nerf vague, du nerf phrénique et de ses racines, du sympathique thoracique et des nerfs intercostaux. Dans les différentes conditions expérimentales qu’il a réalisées, M. Rijlant observe que l’excitation, au cours de l’inspiration, de tous ces nerfs afférents respiratoires provoque, après une très brève latence, une inhibition réflexe transitoire, complète, de l’activité des centres inspirateurs ; cette inhibition réflexe pourrait être homologuée au contrôle réflexe proprioceptif. L’inhibition réflexe inspiratoire immédiate est complétée par une inhibition tardive qui est due à l’action réflexe des afférents respiratoires soit sur les neurones moteurs, soit sur le centre inspiratoire bulbaire et probablement aussi médullaire. Ces inhibitions immédiates et tardives sont de courtes durées et ne pourraient donc jouer un rôle dans la transformation d’une activité inspiratoire centrale continue (apneusis) en une activité respiratoire centrale rythmée.

            L’excitation des afférents respiratoires au cours de l’expiration provoque en général l’activation réflexe des neurones moteurs de l’expiration.

            A côté de l’influence réflexe inhibitrice de l’inspiration, l’excitation des afférents du nerf vague provoque également en dehors de l’inspiration une activation importante, rapide, de l’activité inspiratoire des neurones des fibres efférentes du nerf phrénique. Le même fait fut constaté exceptionnellement après l’excitation des fibres afférentes du nerf laryngé supérieur. A côté des fibres responsables des réflexes inhibiteurs de l’inspiration, certains nerfs afférents, particulièrement le nerf vague, contiennent donc également des fibres dont la stimulation centripète active au contraire l’inspiration. Remarquons que ces dernières observations au sujet des influences réflexes respiratoires de l’excitation centripète des nerfs vagues sont en accord avec des faits classiques qui eussent peut-être mérité d’être rappelés : il a été démontré par divers expérimentateurs (notamment par Hering et Breuer en 1868, par Léon Frédéricq en 1879, par Wedensky en 1881, etc.) que le vague contient des fibres centripètes dont la stimulation produit, selon les circonstances, des réflexes d’expiration.

            Les recherches que M. Rijlant expose dans son mémoire apportent une quantité importante d’observations expérimentales qui constituent des contributions très intéressantes au problème de l’étude détaillée des influences réflexes sur l’activité des différents neurones moteurs de la respiration. La Commission propose à l’Académie de présenter des félicitations à l’auteur et d’imprimer son mémoire dans le Bulletin.

            La Commission rappelle d’autre part à l’Académie que M. Rijlant figure déjà sur la liste des aspirants au titre de Correspondant.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 28 février 1942.