Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le travail de M. Lams, intitulé : Recherches sur la vascularité de certains épithéliums. Le neuroépithélium olfactif chez les Mammifères.

M. P. Gérard, Rapporteur.

            Le but principal du travail de M. Lams est de montrer que, chez les Mammifères, le neuro-épithélium des fosses nasales (et celui de l’organe de Jacobson) possède un lacis propre de capillaires ; ceux-ci y pénètrent, entourés de quelques filaments collagènes et de rares cellules conjonctives. Les documents photographiques joints au mémoire ne laissent aucun doute sur la réalité de cette disposition et contredisent formellement les assertions antérieures de Vallette.

            Mais, au cours de son exposé, l’auteur est amené à émettre sur la nature de ce neuro-épithélium, des considérations qui nous paraissent moins bien fondées. Pour lui, le neuro-épithélium olfactif serait de nature nerveuse, et correspondrait à une partie détachée du télencéphale, qui s’est incluse secondairement dans l’épiblaste. Pour soutenir cette thèse, l’auteur se base sur des travaux d’embryologie descriptive tout récents, mais peu démonstratifs de Groth, dont les conclusions sont en contradiction avec les données classiques de l’embryologie descriptive et celles de l’embryologie expérimentale : on sait que ces deux disciplines font provenir le neuro-épithélium d’une placode purement épiblastique. Il invoque aussi à l’appui de sa thèse un argument d’ordre histologique, déjà mis en lumière par Renaut : l’existence d’une vascularisation intra-épithéliale, dont la structure rappelle celle existant au niveau du système nerveux. L’auteur eût pu donner plus de force à cet argument s’il eût montré l’existence de cette vascularisation du neuro-épithélium dans toute la série des Vertébrés.

            D’autre part, la vascularisation intra-épithéliale n’est pas propre au système nerveux, car on la rencontre dans un organe qui n’a rien de commun avec lui : l’organe adamantin. De ce fait, l’argumentation de l’auteur se trouve singulièrement affaiblie.

            Mais, une fois admise l’origine nerveuse du neuro-épithélium, M. Lams se voit forcé en quelque sorte d’y reconnaître les deux éléments constitutifs propres au système nerveux : cellules nerveuses et cellules de névroglie.

            La morphologie des cellules sensorielles olfactives est trop connue que pour retenir l’attention de l’auteur. Quant aux cellules névrogliques, elles correspondent, d’après lui, aux cellules de soutien des classiques : il les compare aux cellules épendymaires, et les nomme, pour rappeler cette parenté, épendytiques.

            Les arguments en faveur de la nature de la nature névroglique des cellules épendytiques sont assez faibles : présence de vacuoles et de grains de sécrétion, de fibrilles, et – pour les cellules basales – de prolongements par lesquels celles-ci s’anastomosent : autant de caractères que possèdent bien des cellules épithéliales, et que ses illustrations mettent peu en valeur.

            Mais de plus, l’auteur est acculé à attribuer une origine nerveuse aux glandes mucipares de Bowman, dont le canal excréteur déverse le produit de sécrétion à la surface du neuro-épithélium : conclusion quelque peu révolutionnaire si elle s’avérait exacte.

            En somme, le travail de M. Lams comporte deux parties bien distinctes : l’une, de faits, constitue une documentation précieuse par sa précision ; l’autre, d’inférences et d’hypothèses, sujette à discussion, ne manquera pas de susciter de nouvelles recherches. Aussi votre Commission vous en propose-t-elle la publication dans le Bulletin de la Compagnie.

            Ces propositions sont adoptées.

Séance du 24 février 1940.