Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire présenté par MM. M. Florkin et R. Crismer sous le titre de : Contributions à l'étude des glucuronoconjugués et de la glucuronoconjugaison.

Dosage photométrique des glucuronoconjugués urinaires du type éther-oxyde.

 

            M. Bigwood, Rapporteur.

            Les auteurs rappellent tout d’abord ce qu’est la fonction antitoxique de la glycuronoconjugaison. Ils rappellent aussi que les conjugués de l’acide glycuronique peuvent être classés en deux catégories suivant que la conjugaison se fait par une liaison du type étheroxyde ou du type ester entre l’oxhydyle du groupement pseudoaldéhydique de l’acide glycuronique et un groupement OH ou COOH de la substance avec laquelle la conjugaison se produit.

            Ils constatent que le problème de la glycuronoconjugaison est encore mal connu à cause des difficultés techniques concernant le dosage global des glycuronoconjugaison qui se trouvent toujours en mélange dans l’urine. Ils passent en revue les méthodes proposées jusqu’ici pour ce dosage et en dénoncent les imperfections, soit que les procédés préconisés ne permettent pas de doser tous les conjugués du mélange avec exactitude, soit que l’interférence de substances étrangères fausse les résultats du dosage.

            Les auteurs ont étudié dans le présent mémoire la mise au point d’une méthode de dosage du seul groupe de conjugués du type étheroxyde. Cette méthode est basée : 1° sur le fait que les conjugués du type ester se décomposent en milieu alcalin, tandis que ceux du type étheroxyde sont stables dans ce milieu ; 2° sur la réaction colorée de Tollens entre l’acide glycuronique et la naphtorésorcine qui se produit à chaud, en présence d’acide chlorhydrique. Le principe coloré est extrait dans l’éther et la coloration bleu-violette que prend la solution de ce complexe dans l’éther, est soumise à un dosage photométrique au moyen du photomètre de Pulfrich.

            La méthode de Florkin et de Crismer a ceci de particulier, c’est que l’urine est soumise d’abord à une défécation à l’hydrate cuivrique en milieu alcalin (Ca[OH]2 à pH supérieur à 11). Ce procédé de déglucidation de l’urine est celui de Van Slyke. Mais les auteurs constatent que, pour éviter la précipitation concomitante des conjugués à doser, les concentrations du sel de cuivre et de la chaux doivent être maintenues en dessous d’un seuil au-dessus duquel des pertes par précipitations des conjugués risquent de se produire. Les auteurs ont établi la valeur de ce seuil pour le dosage de l’acide bornéolglycuronique. La question de savoir si ce même seuil est valable pour tous les conjugués du même groupe n’a pas été vérifiée. Les auteurs signalent cependant que l’acide pregmandiol-glycuronique est également dosable par leur procédé.

            L’urine subit ensuite une deuxième défécation à l’acétate mercurique en vue de l’élimination du pigment qui donnerait une coloration rouge lors de l’ébullition subséquente en présence deHCl.

            Etant donné que la défécation au cuivre précipite les sucres et l’acide glycuronique libre et que l’alcalinité due à la chaux entraîne l’hydrolyse à froid des conjugués du type ester, la méthode préconisée par Florkin et Crismer est proposée comme procédé de dosage des seuls conjugués du type étheroxyde. Ces auteurs n’ont cependant pas pu vérifier si cette hydrolyse alcaline laisse entièrement intacts tous les conjugués du groupe étheroxyde. Cette vérification a été faite dans le cas de l’acide bornéolglycuronique, conjugué du type étheroxyde, dont le dosage est quantitatif, même en présence d’acide benzoylglycuronique, conjugué du type ester complétement éliminé du champ de la réaction lors de la défécation alcaline au cuivre. Ainsi que nous l’avons déjà dit, les auteurs ont constaté qu’un autre conjugué du type étheroxyde, l’acide pregnandiolglycuronique peut également être dosé par leur méthode. Quant à la question de savoir si tous les conjugués du type ester sont complètement hydrolysés à froid par la chaux à Ph 11 et si leur élimination en bloc est donc toujours intégrale, les auteurs n’en apportent pas la preuve. Ils constatent cependant qu’il en est bien ainsi pour l’acide benzoylglycuronique et pour le conjugué glycuronique de l’acide acétylsalicylique.

            En ce qui concerne la mesure photométrique elle-même, la détermination de l’extinction avec le filtre coloré approprié est faite par comparaison avec la même urine préalablement déglycuronidée par une hydrolyse acide et déféquée ensuite par le même procédé au cuivre puis au mercure. L’étalonnage de la courbe d’extinction obtenue est fait par comparaison avec la courbe d’extinction que donne une solution titrée de glycurone, le lactone de l’acide glycuronique.

            Les auteurs montrent que cet étalonnage doit être répété extemporanément chaque fois qu’un dosage est effectué. Ils constatent, en effet, que l’extinction de la même solution de glycurone traitée de la même façon que l’urine, avec les mêmes réactifs, peut varier beaucoup d’un jour à l’autre.

            L’exactitude de la méthode proposée par Florkin et Crismer est justifiée par cinq résultats de dosages de l’acide bornéolglycuronique, dont la quantité trouvée varie entre 87.5 et 100 %.

            Votre Commission estime que le mémoire de MM. Florkin et Crimer est fort intéressant et qu’il sera apprécié par tous ceux qui ont étudié le métabolisme de l’acide glycuronique. Il leur donne le moyen d’aborder cette étude par une nouvelle méthode.

            La Commission propose d’adresser des remerciements aux auteurs et d’insérer leur travail dans le Bulletin. Elle rappelle, en outre, que le nom de M. Florkin est déjà inscrit sur la liste des aspirants au titre de Correspondant.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 27 janvier 1940.