Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Olivier Michel

 

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs R. Louis, G. Casimir et E. Wespès).

LE RÔLE DE L’EXPOSITION À L’ENDOTOXINE DANS L’ASTHME

par Olivier MICHEL (ULB), invité.   

Les endotoxines sont libérées par les bactéries Gram négatives ; elles sont présentes de manière ubiquitaire dans l‘environnement et ont de puissantes propriétés pro-inflammatoires et immuno-modulatrices. D’une part, elles sont capables d’activer les cellules impliquées dans la réponse immune innée (comme les macrophages et les neutrophiles) ainsi que les cellules de revêtement épithélial ; d’autre part, elles modifient la réponse immune adaptative (par l’intermédiaires des cellules dendritiques). Ainsi, dans l’asthme, l’exposition à l’endotoxine pourrait entraîner des effets paradoxaux.      

L’asthme est une maladie inflammatoire le plus souvent médiée par des mécanismes impliquant les IgE, dépendant de facteurs génétiques et environnementaux. Dans cette perspective, l’exposition (précoce dans la vie) à des agents microbiens (comme les endotoxines) pourrait jouer un rôle protecteur, en modulant la réponse immune adaptative par l’intermédiaire des cellules dendritiques.  C’est ainsi que les progrès de l’hygiène médicale et publique depuis le début du 20ème siècle pourraient avoir contribué à l’épidémie de maladies allergiques qui s’est développée en trois phases, à partir des années cinquante (épidémie de rhume des foins, suivi par des asthmes allergiques  et plus récemment des allergies alimentaires, en particulier chez l’enfant).

D’autre part, depuis les années soixante, le rôle de l’exposition aux endotoxines est démontré dans plusieurs maladies respiratoires professionnelles, comme la byssinose (coton), et les éleveurs industriels (poulets, porcs). Par analogie, l’hypothèse d’une action pro-inflammatoire de l’endotoxine de l’environnement domestique fut proposée comme facteur aggravant dans l’asthme.

L’exposé passera en revue les données disponibles soutenant cette dernière hypothèse. Ces données reposent, entre autres, sur l’évaluation de la réponse inflammatoire systémique et locale à l’exposition contrôlée à l’endotoxine, chez le volontaire sain et l’asthmatique, incluant l’identification de facteurs génétiques prédisposants et l’évaluation de traitements bloquants. Le site de déposition bronchique et/ou pulmonaire de l’endotoxine détermine la réponse inflammatoire. Des études environnementales ont montré le rôle aggravant de l’exposition naturelle à l’endotoxine dans l’asthme allergique. Une proposition de « réconciliation » du rôle protecteur de l’endotoxine (l’hypothèse hygiéniste) et de son action pro-inflammatoire, aggravante dans l’asthme, sera discutée.

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