Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé André J. Scheen

(Séance du 27 octobre 2001)

OBÉSITÉ : ASPECTS PHYSIOPATHOLOGIQUES        

par A.J. SCHEEN (Service de Diabétologie, Nutrition et Maladies métaboliques.  Département de Médecine – CHU Sart Tilman – Liège), correspondant.

Le traitement de l’obésité vise à établir une balance énergétique négative prolongée, en réduisant les apports et/ou en augmentant les dépenses énergétiques.  En pratique, trois approches peuvent être envisagées : les modifications du style de vie, les traitements pharmacologiques et les méthodes chirurgicales.  Les interventions diététiques imposent une restriction calorique modérée (déficit relatif de 500 à 600 kcal/jour) ou très sévère (diètes à moins de 800 kcal/jour, riches en protéines), dont l’efficacité à long terme est souvent décevante par manque d’observance.

L’exercice physique paraît surtout important pour éviter une reprise de poids après un amaigrissement.  Deux médicaments, l’orlistat, un  inhibiteur des lipases intestinales entraînant un déficit de résorption des graisses alimentaires, et la sibutramine, un régulateur central de l’appétit inhibant la recapture neuronale de la sérotonine et de la noradrénaline, ont démontré leur efficacité, - réelle mais limitée – et leur bonne tolérance dans de longues études contrôlées, durant un à deux ans.

Enfin, les méthodes chirurgicales, de type gastroplastie ou dérivation gastrique, sont capables d’induire une perte pondérale soutenue importante et représentent une alternative chez certains patients avec obésité morbide réfractaire.  Les traitements anti-obésité doivent être jugés à long terme – en termes d’efficacité/sécurité – sur la perte de poids, l’évolution des facteurs de risque associés et, si possible, la morbi-mortalité.  La prise en charge de l’obésité requiert idéalement une approche multidisciplinaire (médicale, diététique et psychologique) et sa prévention constitue une objectif prioritaire.

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