Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Luc Tappy

(Séance du 27 octobre 2001)

OBESITÉ : ASPECTS PHYSIOPATHOLOGIQUES        

par L. TAPPY (Institut de Physiologie, Université de Lausanne), invité.

Un gain de poids résulte invariablement d’un apport alimentaire excessif par rapport aux dépenses énergétiques de l’individu.  Il existe une hiérarchie dans l’oxydation des aliments qui aboutit à une oxydation préférentielle des protéines et des glucides ingérés, entraînant par conséquent un stockage préférentiel de lipides en cas d’excès alimentaires.  Un gain pondéral peut théoriquement résulter d’une diminution des dépenses énergétiques ou d’un apport alimentaire excessif, ou encore des deux mécanismes.  Les mesures des dépenses énergétiques effectuées chez des patients obèses n’ont, à ce jour, pas permis de mettre en évidence de défaut du métabolisme énergétique d’une ampleur suffisante pour expliquer un gain pondéral important.  Certaines composantes des dépenses énergétiques totales de l’individu restent cependant difficiles à explorer et pourraient être impliquées dans le gain pondéral.  Plusieurs indices suggèrent qu’un apport alimentaire excessif est responsable du développement de nombreuses obésités.  L’excès pondéral est généralement associé à une alimentation riche en graisse, à haute densité calorique.  De rares cas d’obésité héréditaire, secondaire à un défaut du système de rétrocontrôle de la prise alimentaire, ont été décrits.  Enfin, il apparaît que certains polymorphismes génétiques touchant le récepteur MC-4, récepteur aux mélanocortines impliqués dans le contrôle de la prise alimentaire au niveau du système nerveux central, sont fortement associés à l’obésité.  L’ensemble de ces éléments nous oriente vers un déséquilibre des facteurs neuro-hormonaux responsables du contrôle de la prise alimentaire à l’origine de l’excès pondéral.

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