Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Etienne Sokal

(Séance du 14 juillet 2001)

L’HÉPATITE B CHEZ L’ENFANT : HISTOIRE NATURELLE ET THÉRAPEUTIQUE    

par E. SOKAL (UCL - Chef de Clinique associé, Unité de Gastro-entérologie pédiatrique), invité.     

Malgré l’avènement d’une vaccination efficace il y a plus de 20 ans, l’hépatite B reste endémique avec environ 350 millions de porteurs de par le monde, dont la majorité en Asie.  Elle est la neuvième cause de mortalité et le risque vital au long cours pour un enfant infecté à la naissance est de 50 % pour l’homme, et de 20 % pour la femme.  Les hépatites B acquises durant l’enfance comptent pour 42 % des hépatites chroniques de l’adulte, et l’hépatite B, conjointement à l’hépatite C, est la première cause de transplantation hépatique en Europe.  Le vaccin contre l’hépatite B est le premier vaccin prévenant le cancer.

L’évolution naturelle se fait sur plusieurs décennies, et on estime que plus ou moins 30 % des enfants infectés resteront porteurs chroniques.  L’indication de traitement chez l’enfant est posée lorsque le caractère chronique est démontré, les transaminases sont altérées et la réplication virale active.  Il n’y a pas d’urgence de traiter et le meilleur moment se situe vraisemblablement en préadolescence.  L’interféron est un traitement relativement lourd ; susceptible d’augmenter le taux de séroconversion pour l’antigène HBe de 11 à 26 % à 1 an et 33 % à 18 mois. Les meilleurs résultats sont obtenus chez les sujets féminins dont les transaminases sont deux fois supérieures aux valeurs normales, et l’ADN modérément élevé.

Actuellement, de nouvelles classes de médicament sont testées chez l’adulte et chez l’enfant : les analogues de nucléotides, qui agissent en tant que « terminateur de chaîne d’ADN » au niveau de la réplication virale.  Leur tolérance est excellente, mais l’efficacité reste insuffisante en raison notamment de l’apparition de souches virales résistantes.  Des combinaisons de traitement seront sans doute nécessaires à l’avenir.  Finalement, les adolescents porteurs chroniques doivent également faire l’objet d’une prise en charge globale dans le cadre du risque de transmission et de ses répercussions sur le propre vécu du patient.

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