Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Gérard Slama

(Séance du 24 février 2001)

LE PATIENT DIABÉTIQUE, PARIA OU PARADIGME EN MATIÈRE DE MODÈLE NUTRITIONNEL ?         

par G. SLAMA (Service de Diabétologie, Hôtel-Dieu – Paris), invité.

Depuis la nuit des temps l’alimentation a une place dans « le traitement » des maladies.  On peut qualifier cette fonction de magique, de symbolique, de cathartique…

Cela a abouti dans le diabète à tout dire sur le rôle des glucides, mais également des lipides et des protides, donc à se contredire à l’infini et sans aucune base expérimentale.  L’abord réellement scientifique est vieux d’un peu plus d’un siècle et est indiscutablement dû au Pharmacien-Médecin de l’Hôtel-Dieu de Paris : Apollinaire Bouchardat, qui a démontré le rôle des glucides alimentaires dans le contrôle du diabète sucré.  Son influence reste encore (trop) sensible aujourd’hui.  D’énormes progrès ont été réalisés ces vingt dernières années sur le rôle de l’alimentation dans la prise en charge de l’équilibre métabolique des diabétiques.  Tout n’est pas encore, bien sûr, dit, mais nous semble-t-il l’essentiel l’a été.  Parmi ces acquis, on peut dire que de paria de la famille, un empêcheur de « manger en rond », de mauvais convive, le sujet diabétique a toutes raisons d’être promu au rôle de modèle pour les autres membres de la famille et pour toute personne qui, consciente de sa santé et son maintien, désire mieux manger.  En ce sens, le diabète sucré devient un modèle quasi expérimental d’accélération d’un processus qui touche tout un chacun à des degrés divers et que nous essayons tous de ralentir : le vieillissement à travers les maladies de civilisation.  L’étude du diabète sucré nous apprend à mieux comprendre le rôle des glucides complexes, des glucides simples, des protéines, de différents types de graisses alimentaires, des fibres, des antioxydants dans la santé.

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