Académie royale de Médecine de Belgique

|

Résumé Marie-Paule Defresne

(Séance du 27 janvier 2001)

LES ÉTATS PRELEUCÉMIQUES : D’UN MODÈLE EXPÉRIMENTAL MURIN AUX SYNDROMES MYÉLODYSPLASIQUES HUMAINS         

par Mme M-P. DEFRESNE (ULg), invitée par le Bureau en vertu de l’art. 84 du Règlement, et C. HUMBLET, A. THIRY, coll., J. BONIVER, correspondant national.

L’étude de la période précédant l’apparition de leucémies expérimentales chez la souris (période préleucémique) a montré que le développement des tumeurs dépend d’interactions entre des cellules prénéoplasiques (cellules préleucémiques) et leur microenvironnement tissulaire, lui-même fonctionnellement altéré.  Un rétablissement des propriétés de cet environnement par des cytokines inhibe le développement de la leucémie.

Les syndromes myélodysplasiques (SMD) humains sont un groupe d’affections de la moelle osseuse dont la fréquence augmente avec l’âge.  Ils sont caractérisés par une cytopénie périphérique, contrastant avec une moelle le plus souvent riche, mais produisant des cellules morphologiquement et fonctionnellement anormales.  Ils évoluent fréquemment en leucémie myéloblastique aiguë et sont donc considérés comme des états préleucémiques.  Leur traitement est très décevant.  Les mécanismes qui sous-tendent l’évolution de cette maladie sont mal compris : tout comme dans les leucémies murines, l’environnement tissulaire pourrait jouer un rôle clé.  Etant donné l’absence de modèle in vivo permettant d’analyser les relations entre des cellules hématopoïétiques humaines et des cellules stromales, également d’origine humaine, cette hypothèse n’a pas encore été vérifiée.  Actuellement, nous mettrons au point un modèle destiné à étudier l’hématopoïèse humaine chez des souris NOD/SCID qui reçoivent une greffe de fragments osseux humains.  Nous espérons ainsi élucider le rôle de l’environnement médullaire dans les SMD et mettre au point des traitements permettant de moduler ses fonctions.

______________________