Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Denis Franchimont et Edouard Louis (Séance du 27 novembre 2010)

 

GÉNÉTIQUE ET MALADIES INFLAMMATOIRES DE L’INTESTIN  

par D. FRANCHIMONT (U.L.B.) et E. LOUIS (U.Lg.), invités.       

De la génétique à l’étiologie.

Les maladies inflammatoires de l’intestin, la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, résultent d’une réponse immunitaire inappropriée vis-à-vis de la flore microbienne intestinale chez un individu génétiquement susceptible. Plusieurs évidences expérimentales et épidémiologiques ont démontré le rôle essentiel de la flore microbienne dans le développement et la perpétuation de l’inflammation intestinale. L’approche génétique s’est d’abord basée sur la recherche de gènes candidats, dont le choix était motivé par une hypothèse biologique, puis s’est accélérée grâce à une recherche systématique informatisée et globale, grâce à l’utilisation de micro puces génomiques (les genome wide arrays, GWAs). Ces nouveaux outils de recherche ont permis l’identification de plusieurs dizaines gènes et une meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux de ces maladies. C’est ainsi que plusieurs des gènes identifiés jusqu’à présent sont des gènes impliqués dans la reconnaissance ou la défense anti-bactérienne.   

De la génétique à la clinique.

Les études menées jusqu’à ce jour nous enseignent le rôle partagé de ces gènes dans l’expression hétérogène de la maladie mais aussi le développement d’autres maladies inflammatoires. L’impact trop faible des découvertes génétiques récentes dans l’expression de ces maladies inflammatoires suggère en partie le rôle prédominant de l’environnement. Il apparaît évident que l’approche des GWAS sera très vite limitée par la complexité des mécanismes de régulation du génome et des voies de signalisation biologiques. Ces études génétiques ont encore un faible impact clinique pour une médecine préventive mais permettent la découverte de nouvelles thérapies ciblées.

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