Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Renaud Louis (Séance du 3.09.2011)

 

INFLAMMATION BRONCHIQUE DANS L’ASTHME : VINGT ANS DE RECHERCHE CONDUISANT DE L’INTÊRÉT ACADÉMIQUE A L’INTÊRÉT CLINIQUE

par  R. LOUIS (U.Lg.), invité.      

C’est à la jonction des années 80 et 90 que les premières études de l’inflammation bronchique dans l’asthme ont été entreprises. Elles s’appuyaient sur l’analyse du lavage broncho-alvéolaire et des biopsies bronchiques réalisées au cours d’une endoscopie bronchique. Ces études ont démontré que l’asthme, même dans ses formes légères à modérées, était caractérisé par une inflammation bronchique dont les  éléments principaux étaient un accroissement du nombre et du degré d’activation des éosinophiles et des mastocytes. Cet aspect inflammatoire s’est avéré être dépendant d’une orientation particulière du système immunitaire muqueux qualifié de profil Th2 en raison d’une augmentation du nombre de lymphocytes CD4 secrétant des cytokines telles que l’interleukine-4, l’interleukine-5 ou l’interleukine 13. Dans le courant des années 90 la technique de l’induction d’expectorations par liquide salin à l’aide d’un nébuliseur ultrasonique a entraîné une accélération de la recherche sur l’inflammation dans l’asthme. L’analyse cytologique permise par cette technique est à l’origine du concept des phénotypes inflammatoires dans l’asthme, concept important dans la mesure où la réponse au traitement par corticoïdes semble être dépendante ce ces phénotypes. A côté de l’analyse cytologique des expectorations, la mesure du monoxide d’azote exhalé (NO), marqueur de l’inflammation éosinophilique bronchique, s’est révélée être un outil intéressant dans l’aide au diagnostic de l’asthme. Ainsi en l’espace d’une vingtaine d’année la mesure de l’inflammation bronchique (inflammométrie) dans l’asthme a cessé d’être d’un sujet purement académique pour devenir un pilier sur lequel le praticien peut organiser sa démarche diagnostique et thérapeutique.

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