Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Eric Constant

MUSIQUE, COMPOSITEURS ET PSYCHOPATHOLOGIE : REGARDS DU PSYCHIATRE  

par E. CONSTANT (U.C.L.), membre ordinaire.      

Il y a plusieurs bonnes raisons pour le psychiatre de s’intéresser à la musique, mais aussi aux musiciens, à leurs vies, leurs oeuvres. Tout d’abord, il convient d’examiner le lien existant entre maladie psychique et créativité. Il est en effet judicieux, comme le fit Aristote, de se demander si la maladie, qu’elle soit psychique ou somatique, a exercé une influence sur la créativité d’un artiste accompli dont le génie est universellement reconnu, ainsi en est-il de nos jours pour Robert Schumann. Nous examinerons en particulier les liens réciproques entre créativité et la psychose maniaco-dépressive (appelée, de nos jours, trouble bipolaire). Des recherches récentes, utilisant l’imagerie cérébrale essayent d’étudier ce lien entre structure et fonctionnement cérébral et créativité. Dans d’autres cas, comme dans celui de Maurice Ravel, il convient de s’interroger sur les retentissements d’une potentielle maladie neurologique dégénérative (à définir) sur son activité créatrice. Enfin, il y a une autre bonne raison pour le psychiatre de s’intéresser à la musique : c’est celle qui touche à la discrimination des émotions musicales dans une perspective neuropsychologique cette fois. Ainsi, dans des pathologies psychiatriques marquées par des dysfonctionnements de la cognition sociale, comme dans la schizophrénie, des troubles de la reconnaissance émotionnelle non seulement visuelle (visages, scènes contextuelles) mais également auditive (prosodie, musique) ont été mis en évidence.

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