Académie royale de Médecine de Belgique

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Philippe DE WALS

Né à Braine-le-Château le 9 août 1951.

Elu Correspondant étranger le 22 octobre 2005.

Professeur et Directeur du département de médecine sociale et préventive à l'Université Laval (Québec).

Spécialité: Epidémiologie et Santé publique.

Philippe De Wals a entrepris des études de médecine aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur pour obtenir un diplôme de premier cycle en Sciences médicales en 1972. Par la suite, il a terminé un programme de deuxième cycle de Doctorat en médecine à l'Université catholique de Louvain en 1976. Durant son doctorat, il s'est intéressé à l'épidémiologie et s'est inscrit comme étudiant chercheur au Département d'Epidémiologie de l'U.C.L., discipline qu'il ne quittera plus. Sa carrière professionnelle en Belgique lui a permis de combiner une activité de chercheur et d'enseignant en épidémiologie à l'Ecole de santé publique de l'U.C.L. et de médecin généraliste dans son village natal. Durant son service militaire en 1978-1979, il a eu l'occasion de suivre une formation d'un an au Laboratoire de Bactériologie de l'Hôpital militaire de Bruxelles. En 1983, il a soutenu une thèse de Doctorat en Santé publique à l'U.C.L., sous la direction du Pr Michel Lechat. En 1990, il a été recruté par la Faculté de Médecine de l'Université de Sherbrooke au Canada pour prendre la direction du Département des Sciences de la Santé communautaire. Durant un congé sabbatique, en 1997-1998, il a été professeur invité à l'Ecole de Santé publique de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill. En 2002, il a pris la direction du Département de Médecine sociale et préventive de l'Université Laval, à Québec, poste qu'il occupe actuellement.

Son activité de recherche est centrée sur l'épidémiologie des maladies infectieuses, sur les anomalies de la reproduction, ainsi que sur l'évaluation des services de santé et des programmes de santé publique. En Belgique et ensuite au Canada, il a réalisé de nombreuses études sur l'épidémiologie et la prévention des infections méningococciques. Actuellement, il dirige un ambitieux programme de recherche portant sur l'évaluation du fardeau sociétal de plusieurs autres maladies transmissibles, les systèmes de surveillance épidémiologiques, l'efficacité des programmes d'immunisation et leur efficience économique. Il en est résulté des publications majeures suit on influencé les politiques de santé et la pratique médicale et lui ont assuré une réputation internationale. Régulièrement, il est appelé comme consultant par des gouvernements, des organismes internationaux et des compagnies pharmaceutiques. Il est considéré comme le père des recommandations prophylactiques pur la prévention des infections méningococciques en milieu de garde et les écoles, les calendriers de vaccination à un dose (au lieu de 3) contre le méningocoque et à trois doses (au lieu de 4) contre le pneumocoque.

L'épidémiologie des anomalies de la reproduction et du développement est un autre de ses intérêts de recherche. De 1980 à 1990, il a ssuré la coordination du réseau des registres de malformation congénitale en Europe (Projet EUROCAT). Ces recherches se sont poursuivies après son arrivée au Canada et elles portent principalement sur l'épidémiologie et la prévention des anomalies de fermeture du tube neural. En 1997-1999, il a été membre d'un comité de l'Institute of Medicine des Etats-Unis chargé de définir une politique de prévention basée sur l'enrichissement de la chaîne alimentaire en acide folique et la promotion de la consommation de suppléments vitaminiques par les femmes en âge de procréer. Actuellement, il dirige un important projet de recherche multicentrique subventionné par les Instituts canadiens de recherche en santé. Les résultats de ses travaux ont démontré de façon convaincante l'échec relatif des campagnes de promotion et l'efficacité de la stratégie industrielle d'enrichissement de la chaîne alimentaire en acide folique.

Ces dernières années, il s'est intéressé aux structures et aux processus de prise de décision en santé publique, ainsi qu'au rôle des études économiques et des facteurs psychosociaux sur les décisions politiques. Le cadre conceptuel qu'il a développé avec un étudiant pour l'évaluation de l'utilité sociétale des nouveaux vaccins fait référence.

Après une carrière de près de trente ans en recherche, il est l'auteur de plus d'une centaine d'articles scientifiques et d'une dizaine de livres et chapitres de livres. Durant la période 2001-2005, il a publié 30 articles dans des revues avec comité de lecture, dont 10 à titre de premier auteur. La qualité des journaux choisis est considérable, avec un facteur d'impact total de plus de 100. Depuis son arrivée au Canada, en 1990, il a été le récipiendaire de subventions de recherche et d'infrastructure pour un montant global de plus de 8 millions de dollars.

En plus de ses responsabilités administratives à l'université et dans plusieurs hôpitaux et centres de recherche, il mène une intense carrière de professeur, enseignant l'épidémiologie, les méthodologies quantitatives en évaluation et la médecine préventive. En moyenne, il dirige une demi-douzaine d'étudiants gradués chaque année. Conférencier apprécié, il est régulièrement invité à des congrès et des cours internationaux. Il est professeur titulaire à l'université Laval, professeur associé à l'université de Sherbrooke et chargé de cours invité à l'U.C.L. Il est médecin-conseil auprès de l'Institut national de Santé publique et de l'Agence canadienne de Santé publique. Il a été membre du Comité consultatif national canadien sur l'immunisation et est président du Comité sur l'Immunisation au Québec. En 1990, il a été le récipiendaire du prix Jean Van Beneden de la Société belge de Médecine sociale.