Académie royale de Médecine de Belgique

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Hiroshi NAKAJIMA

Né à Samukawa, Chiba-Shi (Japon) le 16 mai 1928.

Elu Membre honoraire étranger le 24 novembre 1990.

Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé à Genève (Suisse).

Spécialité : Neuropsychopharmacologie.

Décédé le 26 janvier 2013.

Hiroshi Nakajima devient Docteur en médecine du Tokyo Medical College en 1955, il vient en France l'année suivante à la faveur d'une bourse d'étude. Il se spécialise alors en neurophychopharmacologie et travaille à Sainte-Anne comme chercheur à l'INSERM, de 1958 à 1967 dans le laboratoire de pharmacologie, rattaché à la Clinique universitaire du Pr Delay. Il a découvert un test pharmacologique chez les souris valseuses qui permettait de sélectionner les neuroleptiques par rapport aux tranquillisants et aux hypnotiques. Après la retraite de son chef de laboratoire, il est obligé de regagner son pays. C'est alors qu'il prend la direction de la recherche de la filiale nippone des Laboratoires Roche à Tokyo, de 1967 à 1973. A cette date il devient expert scientifique à l'OMS, chargé de l'évaluation et du contrôle des produits pharmaceutiques, de 1973 à 1976. Il poursuit à partir de cette date une carrière internationale à Genève dans le cadre de l'OMS. En 1978, il devient directeur régional de l'OMS pour la région du Pacifique occidental, où il se préoccupe essentiellement de la formation médicale des médecins. Enfin, le 21 juillet 1988, il est élu directeur général de l'OMS.

Il entra au lycée national de la ville de Urawa où il reçut une éducation générale en sciences biologiques. Il étudia la médecine au Tokyo Médical College de 1950 à 1954 et, en 1955, après avoir accompli un an d’internat, a obtenu son diplôme de Docteur en médecine ; le Ministère de la Santé et des Affaires sociales du Japon lui accordèrent l’homologation en tant que praticien. En 1955, il fut nommé assistant au département de neuropsychiatrie du Tokyo Medical College, et il y reçut une formation en neuropsychiatrie. En 1956, il obtint une bourse de spécialisation du gouvernement français, et entre 1956 et 1958, il suivi une formation en neuropsychiatrie au département de neuropsychiatrie de la Faculté des Sciences médicales de l’Université de Paris. A la même époque, il reçut une formation pratique en pharmacologie à l’Institut de pharmacologie de la Faculté de médecine de l’Université de Paris. En 1958, il fut nommé chercheur à l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale dépendant du Ministère français de la santé, sous la direction du Pr E. Aujaleu, Directeur Général de l’Institut. En 1960, il obtint son Doctorat en Sciences médicales du Tokyo Médical College. En 1967, il prit son dernier poste à l’Institut, celui de chargé de recherche et responsable de la gestion technique du nouveau centre de recherche (y compris la planification et la construction). La même année, il fut désigné Directeur du département de recherche et développement de Nippon Roche K.K., puis Directeur de la recherche et de l’administration. Ses responsabilités ont porté sur la planification, la construction, l’organisation et la gestion du centre de recherche Roche à Kamakura, au Japon, jusqu’à 1973. Au cours de cette période, il donna de nombreuses conférences dans le domaine de la pharmacologie et de la neuropsychiatrie. Entre autre il fut le conférencier principal au Séminaire du sud-est asiatique sur les médicaments psychotropes, organisé par l’Université d’Indonésie en 1970 et par l’Université de Malaya en 1973. Il fut également président de section au 5e Congrès mondial de psychiatrie à Mexico en 1971, et fut membre et coordonnateur du Comité de Sécurité des produits pharmaceutiques de l’Association de l’industrie pharmaceutique japonaise ; il travailla en étroite collaboration avec le Bureau des affaires pharmaceutiques auprès du ministère japonais de la Santé pour l’instauration de normes et de critères de sécurité pour les médicaments, et sur les méthodes d’évaluation clinique des nouveaux médicaments. Membre fondateur de la Société japonaise d’éducation médicale, il fut l’un des membres du groupe d’étude des méthodes d’évaluation de l’éducation médicale. En janvier 1974, il fut désigné Conseiller scientifique à l’unité d’Evaluation et de surveillance des médicaments au siège de l’OMS à Genève ; il travailla dans le domaine de l’évaluation préclinique et clinique de la sécurité et de l’efficacité des médicaments. En 1974, il fit partie du secrétariat du groupe scientifique chargé d’élaborer les directives pour l’évaluation des médicaments à usage humain. En 1976, suite à la réorientation du programme de la division des substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques au siège de l’OMS, il fut désigné médecin responsable de l’unité des politiques et de la gestion pharmaceutiques ; il fût responsable à ce titre de la coopération technique avec les Etats membres et entre pays en développement dans le domaine des politiques et de la gestion pharmaceutiques. Il mit au point en un laps de temps assez court le programme sur les politiques et la gestion pharmaceutique, plus particulièrement la composante « médicaments essentiels ». Il fut secrétaire du Comité d’experts sur les médicaments essentiels réuni à Genève en octobre 1977. Il fut membre du groupe de travail sur la médecine traditionnelle au siège de l’OMS, et membre du groupe d’action intersecrétariat OMS/ONUCED/ONUDI dans le secteur pharmaceutique. Il fut également membre du Secrétariat mixte OMS/FISE sur la production pharmaceutique. Il joua un rôle décisif quant au développement du programme interpays sur les politiques et la gestion pharmaceutique dans le Région du Pacifique occidental. En plus des projets par pays dans la Région du Pacifique occidental, il lança le programme régional de coopération technique en matière de politique et de gestion pharmaceutiques entre pays en développement dans le région du sud-est asiatique ; des projets par pays ont été formulés au Bangladesh, en Birmanie, en Indonésie, au Népal et au Sri Lanka ; il furent mis en œuvre avec succès par la production et la distribution nationales de médicaments essentiels.

Il fut élu au poste de Directeur du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour le Pacifique occidental. Pour répondre le mieux possible aux demandes qui lui étaient faites, il visita tous les Etats membre de la région. Le Bureau régional s’est révélé le pionnier de nombreux programmes d’aide multilatérale mis en œuvre au sein du système des Nations Unies. C’est pour cette raison que le Bureau régional du Pacifique occidental a été invité par le PNUD, le FISE et d’autres agences à être l’agence exécutante de leurs programmes. Un mécanisme officiel a été mis en place pour le développement et la revue de programmes avec le FISE notamment.

Il fut membre de l’INSERM, de l’Académie nationale de Médecine de France, de l’Académie de Pharmacie de Paris, de l’Académie européenne des Sciences, des arts et des Lettres, du Collegium international neuropsychopharmacologicum, des Sociétés japonaises de neuropsychiatrie, pharmacologie, éducation médicale et sciences pharmaceutiques, de la Société française de thérapeutique.

Il fut chevalier de l’Ordre du Mérite de la république polonaise et fut décoré d’une médaille de Vermeil de la ville de Paris.