Académie royale de Médecine de Belgique

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HOMMAGE ACADÉMIQUE, JEAN-LAMBERT PASTEELS (1934-2020),

Le professeur Jean-Lambert Pasteels est né à Uccle le 30 JANVIER 1934.

Après avoir effectué ses études à l’Université Libre de Bruxelles, il est proclamé Docteur en Médecine en 1958.  Ses années d’études ont été couronnées de nombreux prix ; à plusieurs reprises il fut récipiendaire du prix Fleurice Mercier, plus haute distinction pour les étudiants en Médecine à L’ULB ainsi que de la médaille d’or du Gouvernement alors jeune promu durant ses études secondaires. Il ne s’engagera pas dans la médecine clinique mais se passionnera pour une carrière de recherche fondamentale et d’enseignement.
Il a toutefois été consultant à l’Hôpital Érasme en anatomie-pathologique avec une expertise de haut niveau dans le domaine des tissus mous et ostéo-articulaires.

Il présente sa thèse de doctorat à l’ULB en 1964 et sera nommé chargé de cours la même année pour accéder au titre de professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de l’ULB en 1970.

Le Professeur Jean-Lambert Pasteels dirigea pendant de nombreuses années le laboratoire d’histologie de la faculté de Médecine de l’ULB. Il a débuté sa carrière de chercheur par des travaux sur l’hypophyse et tout particulièrement sur les cellules sécrétant la prolactine, il a été le premier à offrir la preuve de l’existence de la prolactine par dosage radio-immunologique. C’est en comparaison avec l’hypophyse de rat qu’il a posé l’hypothèse de l’existence de la prolactine en démontrant qu’il s’agissait d’une hormone distincte de l’hormone de croissance. Ensuite avec son équipe le Pr Jean-Lambert Pasteels a mis en évidence les mécanismes de régulation de la prolactine au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire.
Il a acquis une expertise des modèles animaux et des cultures cellulaires et il a collaboré avec des équipes internationales françaises, notamment celle du Professeur Courrier. De nombreux prix lui ont été attribués dont les prix Armand Kleefed, Empain, Albert-Jean-Dustin, Prix de l’Académie des sciences (Paris), De Cooman, Galien. Pour son curriculum exceptionnel il sera honoré du titre de Commandeur de l’ordre de Léopold en 2002.

Président de la Société belge d’Endocrinologie, il a également fondé la société européenne d’endocrinologie comparée et a participé au développement de la société internationale de Neuroendocrinologie.

Il a joué également un rôle important au niveau facultaire en tant que doyen de 1979 à 1982 et a occupé le poste de commissaire général à l’ULB de 1983 à 1987. Il s’est impliqué dans la vie facultaire avec l’honnêteté intellectuelle et la sagesse qui le caractérisait. Il évoquait souvent la mémoire de son père, Jean Jules Pasteels, anatomiste et embryologiste à l’ULB. On peut parler de transmission familiale dans l’importance et la dignité qu’il apportait aux missions qui lui étaient confiées. Comme le Pr. Jean-Lambert Pasteels le disait : il ne faut pas confondre l’importance de la fonction et celle de la personne qui l’exerce. C’est vrai qu’il ne se prenait pas au sérieux, modeste, intelligent et courtois.

Professeur d’histologie, il a enseigné les tissus et la cellule à de nombreuses génération d’étudiants. Calme, structuré, rigoureux, son cours comprenant des schémas magnifiques et explicites a donné à beaucoup de ses étudiants l’envie de comprendre ces structures extraordinaires qui constituent nos organes

Le Professeur Jean-Lambert Pasteels est élu Membre correspondant de l’Académie royale de Médecine de Belgique en 1977 et en 1988, Membre titulaire. Il présidera notre Compagnie en 1999, année durant laquelle avec le bureau et le secrétaire perpétuel, le Professeur A. de Scoville, il s’est efforcé de renforcer l’image de marque de notre Compagnie et son implication dans la vie sociale au sein du pays mais également au niveau de la communauté européenne. C’est la diversité des expériences qu’il aimait particulièrement partager à l’Académie.

Je terminerai par quelques mots sur l’homme dont la droiture et la générosité se traduisait par un enseignement bienveillant, teinté d’humour. Son épouse, Aline qui l’a secondé pendant de nombreuses années était toujours très présente souriante et attentive. Son refuge était l’Ardèche ou il se ressourçait en famille avec ses deux filles et aussi ses orchidées qu’il cultivait avec amour.

Chères Brigitte et Aline Pasteels, j’espère que ces quelques mots seront pour vous un partage durable du souvenir de votre père, un homme complet et remarquable qui a marqué nos institutions de son emptreinte.

Comme me le disait Brigitte Pasteels, sa fille, “Il s'en est allé particulièrement discrètement en cette période de menace et d'incertitudes, où notre vie quotidienne est chamboulée”.

Professeur Isabelle Salmon