Académie royale de Médecine de Belgique

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Présentation de Jean-François Arnal


Présentation du Professeur Jean-François ARNAL (Physiologie médicale et Cardiologie Université Paul Sabatier Toulouse 3- INSERM – France), membre étranger.

Après des études médicales à Toulouse, une spécialisation en cardiologie et une thèse de science à Paris, puis un post-doc à Atlanta, Jean-Francois ARNAL est depuis 2000 professeur de physiologie médicale à l’Université de Toulouse. Il a constitué une équipe de recherche INSERM composée actuellement d’une vingtaine de personnes travaillant à améliorer la santé des femmes d’un point de vue endocrinien. En effet, l'arrêt de la production endogène d'œstrogènes à la ménopause entraîne souvent un cortège de troubles fonctionnels impactant la qualité de vie mais aussi une moindre protection artérielle, métabolique et osseuse. Cependant, les risques du traitement hormonal (TH) de la ménopause en termes de cancer du sein et de thrombo-embolisme en  limitent l’usage.

Avec l’aide de nombreuses collaborations (P. Chambon, J.-M. Foidart, G. Flouriot, D. Henrion, J. et B. Katzenellenbogen,…), nous avons développé des modèles de souris transgéniques uniques ciblant les récepteurs des oestrogènes (ER). Nous avons notamment pu démontrer : 1) Le rôle prédominant de ERα, et non ERβ, pour la plupart des actions protectrices artérielles et métaboliques des estrogènes. 2) Les mécanismes d’action in vivo du ERα, en particulier le rôle de ses actions sur l’expression des gènes cibles des estrogènes, mais aussi celui des effets extra-nucléaires/membranaires/rapides des œstrogènes, grâce une mutation de Erα, empêchant son adressage membranaire. 

La combinaison de ces approches génétiques et d’approches pharmacologiques, unique à ce jour, offre un nouvel éclairage sur : i) les mécanismes cellulaires et moléculaires responsables de la tissu-spécificité des effets des estrogènes et des modulateurs sélectifs du ERα (SERMs) ; ii) des effets bénéfiques [artériels, métaboliques (obésité, diabète de type II), osseux] et des effets indésirables/délétères sur les cibles de la reproduction (endomètre et glande mammaire) et sur le risque thrombo-embolique (impliquant notamment les facteurs de la coagulation d’origine hépatique). 

Cela devrait permettre de contribuer à mieux utiliser : 1) un SERM comme le tamoxifène dans la prise en charge globale du TH du cancer du sein ; 2) le foeto-œstrogène Estetrol (E4), qui se distingue des autres estrogènes (E2 et E3) en ce sens qu’il inhibe l’ERα membranaire, et aux doses étudiées, est dépourvu d'effets sur les facteurs de coagulation d’origine hépatique, et pourrait donc ne pas augmenter le risque thrombo-embolique. Notre ambition finale est ainsi de contribuer au renouveau du TH de la ménopause dont de nombreuses femmes sont actuellement privées en raison d’un rapport bénéfice/risque insuffisamment favorable.