Académie royale de Médecine de Belgique

|

Discours Augustin Ferrant, Secrétaire perpétuel 2011-2016

Monsieur le Président honoraire,

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire perpétuel élu,

Chères collègues, chers collègues,

D'abord, merci Messieurs les Présidents pour ces paroles élogieuses, exagérées, presque dithyrambiques.

Au bout de ce mandat de Secrétaire perpétuel, il me plaît de vous dire que j'ai fort apprécié d'avoir pu faire davantage connaissance avec vous collègues académiciens et avec d'autres personnes que je n'aurais jamais pu rencontrer si vous ne m'aviez pas élu à ce poste. Occuper ce lieu remarquable et rempli d'histoire fut aussi un élément de satisfaction.

Nonobstant, ces activités étaient un peu en parallèle à mon modèle de la profession.

J'ai été fort soutenu par les membres des Bureaux, et surtout par les Présidents, et beaucoup d'entre vous méritent plus de remerciements et de reconnaissance, mais il serait trop long de citer tous parmi vous qui avez contribué au fonctionnement de notre Académie durant ces dernières années. Je vous en suis très reconnaissant.

L'ambiance était largement constructive. Vos propositions ont été entendues, mais j'ai le regret de ne pas avoir pu les faire réaliser toutes.

Merci aussi à Mr Buchet et son équipe administrative pour son aide, mais je pense que devant mon manque d'adaptation aux situations locales, il doit être soulagé de me voir quitter.

Situons maintenant l'Académie de Médecine. Depuis 1841, plusieurs autres instances d'avis ont été  mises en place: le Conseil supérieur de la Santé, l'Institut de Santé publique, le KCE, sans oublier l'apparition des sociétés scientifiques.

Il faut avouer que nous ne sommes pas équipés pour concurrencer ces organisations, et que pour faire entendre notre voix, nous ne pouvons compter que sur une participation active de nos membres.

Nous représentons l'excellence en soins de santé et en sciences médicales, mais notre Académie capte trop peu l'intérêt de la société et de nos dirigeants. Nous sommes encore perçus comme un club de vieillards qui se rassemblent occasionnellement autour d'un café pour commenter des événements scientifiques ou autres.

Puis il y a l'assiduité médiocre de nos membres. Le peu d'enthousiasme à donner du temps à l'Académie pourrait être excusé par des activités professionnelles, scientifiques ou autres académiques très prenantes. Il est décevant que seulement  un tiers des membres se réserve régulièrement du temps et de l'énergie à l'Académie. L'absence de réactivité au projet de réforme de l'article 78, qui implique 3/4 des membres de notre Compagnie, est à ce propos exemplative et désolante.

Bien entendu, il est toujours de bon ton d'avoir été élu à l'Académie, mais nourrir son index H et d'autres occupations respectables semblent avoir la priorité pour beaucoup de collègues.

Pour terminer, l'ARMB est une institution publique, nous fonctionnons avec un budget public, nous occupons ce remarquable bâtiment public lui aussi, et le personnel administratif qui nous est confié est à charge de la collectivité.

Nous avons donc des devoirs envers la société et la Communauté française.

Tenant compte des activités des autres instances d'avis gouvernementales, un créneau d'intérêt pourrait être, par exemple, des matières où l'Académie serait à l'interface entre la société et les soins de santé.

Rappelons ici que la prévention est une compétence des communautés, et des initiatives dans ce domaine devraient aussi être envisagées.

Je suis heureux de passer le témoin à Jean-Michel Foidart, qui a une remarquable formation et expérience dans le domaine biomédical, et qui a cette large voilure, qui, avec votre souffle que j'espère puissant, permettra de faire progresser notre Compagnie à belle vitesse.

Sur ce, dans un autre ordre allégorique, je reprends l'écrit sur le bas relief  au fond de notre salle de réunion où figurent des anciens Secrétaires perpétuels de l'Académie de médecine: "Et quasi cursores, vitae lampada tradunt", citation qui est de Lucrèce, en traduction: "Et semblables aux coureurs, ils se transmettent le flambeau de la vie".

A mon tour, je transmets le flambeau, et la parole, à Jean-Michel Foidart.