Académie royale de Médecine de Belgique

|

22 mars 2017. Louis Ferrant: Médecine et diversité culturelle

La présence de personnes d'origine étrangère est un phénomène indéniable dans nos grandes villes. Actuellement, 73% des mères qui accouchent à Bruxelles ont des racines non-belges. Cette présence a et aura de grandes conséquences pour notre médecine, aussi bien dans la première ligne que dans nos hôpitaux.
Le premier défi consiste à parvenir à une communication interculturelle.
Quelle est la qualité de la médecine si, faute de compréhension des mots, on n’atteint pas le niveau élémentaire d’une communication entre deux personnes ?
Une deuxième condition est de comprendre que la culture est un élément constitutif de toute relation et surtout de la relation soignant-soigné. Notre culture nous semble aussi évidente que l’eau pour le poisson. Cependant, dans la relation avec une personne issue d’une autre culture, nous ressentons souvent la différence culturelle comme une barrière.
Dans les sociétés non-occidentales, les facteurs biologiques et sociaux prennent le pas sur les facteurs intra-psychiques et la perspective holistique « corps-esprit » y est importante, ce qui suggère qu’une approche bio-psycho-sociale de ces cultures est plus adaptée qu’une approche dualiste, psychologique ou médicale..
La qualité des soins proposés nous aide à éviter une médecine à deux vitesses et peut être garantie par la compétence culturelle du soignant. Nous nommons compétence culturelle, un ensemble de connaissances, de sensibilité culturelle, perception de soi-même en tant qu’ être culturel et des techniques permettant une communication ouverte.
Une approche qui tient toujours compte du fait que nombre de problématiques auxquelles les immigrés sont confrontés sont plutôt liées à leur situation socio-économique qu'à des raisons culturelles ou religieuses.

Inscription ici