Académie royale de Médecine de Belgique

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7 mars 2017: Marc Van Montagu: Sciences, idéologie et vie quotidienne

à 17h00

Nos connaissances en biologie végétale, sur le développement des plantes dans leur environnement, a progressé de manière prodigieuse depuis que l’ingénierie génétique végétale est apparue. Cette technologie, développée à partir de l’étude d’une bactérie, Agrobacterium tumefaciens, capable de transférer une partie de son propre ADN dans le génome d’une cellule végétale, a permis au chercheur de disposer d’un moyen naturel de transfert génétique. La transformation génétique s’est révélée un outil précieux en recherche fondamentale mais aussi un moyen innovant d’améliorer les plantes cultivées.
Aujourd’hui, plus de 25 ans après la première commercialisation de plantes OGM, aucun danger pour la santé de l’homme ou des animaux ou pour l’environnement n’a pu être démontré. Cela n’empêche pas qu’en Europe plus de 2/3 de la population préfèrent que ces cultures ne se fassent pas chez eux.
Les ONG à la pointe du combat anti-OGM qui connaissent bien ces faits, ont demandé que des arguments sociaux et économiques soient utilisés pour empêcher l'utilisation des OGM. Ce n'est en effet pas parce que quelque chose est possible qu'il doit être utilisé. Ce n'est pas à la science de dire à la société ce qu'elle doit faire. Mais ce n'est certainement pas non plus à la société de dire quelle science est vraie et laquelle ne l'est pas. Il est urgent de prêter attention à la place des sciences dans la société. Si ce n'est pas le cas, nous allons abandonner des avancées importantes à cause de décisions basées sur les émotions. Dans les pays riches, l'équilibre des forces économiques est tel que cela n'a pas d'incidences immédiates sur la qualité de la vie. Par contre, dans les pays en voie de développement, il est essentiel que les sciences et les technologies puissent être utilisées pour combattre la faim, la pauvreté ou la dégradation de l'environnement.Ce ne sera que par la coopération et une compréhension mutuelle qu’il sera possible de développer le potentiel de cette technologie.

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