Académie royale de Médecine de Belgique

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14 avril 2016. Anabelle Decottignies: La Fontaine de jouvence se cache à l'extrémité de vos chromosomes : une histoire sans fin

 

 

Les télomères protègent les extrémités chromosomiques des cellules en division, leur permettant d'éviter l'entrée en sénescence. Le maintien des télomères est crucial lors du développement embryonnaire et, après la naissance, pour maintenir la jeunesse des cellules souches, chevilles ouvrières du renouvellement tissulaire. Avec l'âge cependant, nos télomères s'érodent et le capital de division de nos cellules souches s'épuise. C'est ce qui explique par exemple les problèmes d'immunité ou l’apparition de cheveux gris. On sait également depuis peu que certaines maladies, baptisées téloméropathies, sont liées à un défaut de maintien des télomères, ce qui entraine un vieillissement prématuré chez ces patients.
L’érosion des télomères est-elle inéluctable ? Peut-on espérer les protéger en adaptant notre hygiène de vie ? Ces questions sont débattues à l’heure actuelle et je me propose de les passer en revue dans la première partie du cours.
D'autre part, la plupart des cellules cancéreuses parviennent à retrouver la capacité de maintien de leurs télomères qui caractérise les cellules souches embryonnaires. Cette acquisition assure à la tumeur un capital de division illimité et, ironiquement, une « jeunesse éternelle ». Sans surprise, cette découverte, couronnée par un Prix Nobel de Médecine en 2009, a tracé le chemin vers le développement de nouveaux traitements anti-tumoraux ciblant les télomères, véritables talons d'Achille des tumeurs. Dans la deuxième partie du cours, je présenterai les derniers résultats des thérapies ciblant le maintien des télomères, notamment dans le traitement des cancers du sang.
Les télomères : amis ou ennemis ? Nous en débattrons.