Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Ernst F. Pfeiffer

(Séance du 17 décembre 1983)  

PANCRÉAS ENDOCRINE ARTIFICIEL ET POMPES A INSULINE : PASSÉ, PRÉSENT et AVENIR  

par Ernst F. PFEIFFER (Université de Ulm et Directeur de l’Institut de Diabétologie), invité.

Dans un passé qui n’est pas très lointain, le pancréas endocrine a permis de réaliser automatiquement la normalisation de l’hyperglycémie diabétique par l’injection intraveineuse de quantités limitées d’insuline, strictement proportionnées aux augmentations de la glycémie.  En d’autres termes, le rétablissement de la régulation « feed-back » entre glycémie et niveau de l’insuline dans le sang circulant a suffi pour restaurer l’équilibre normal du métabolisme glucidique et, en même temps, cette administration continue d’insuline a aussi entraîné la normalisation du système hormonal de contre-régulation et des autres métabolismes.

L’application de l’appareil à la clinique a réduit considérablement les risques que comportait pour le diabétique instable les périodes critiques : opérations, accouchements, crises de céto-acidose, etc… Mais le volume considérable de la machine exclut le traitement ambulatoire.

L’époque présente se singularise par les tentatives de transférer l’acquis de l’infusion d’insuline, développée par le pancréas endocrine artificiel, à l’administration continue d’insuline par de simples pompes portables. Le principe d’un traitement chronique consiste en une infusion continue basale avec addition, au moment des repas, d’injections rapides de quantités plus importantes.  Par ce procédé, la régulation de la glycémie et du métabolisme est supérieure aux résultats de la thérapeutique insulinique conventionnelle.  Cependant, il comporte des défauts insurmontables, tel le développement d’hypoglycémies qui peuvent être fatales.  En effet, il manque à la simple pompe le « glucose-sensor » qui, de façon permanente, mesure le taux de la glycémie.

En ce qui concerne l’aveir du pancréas endocrine artificiel et des pompes à insuline, on peut prévoir le développement d’un « glucose-sensor » implantable, permettant avant tout la prévention de l’hypoglycémie et assurant en outre la régulation automatique de la glycémie, d’une manière identique à celle qui, dès maintenant, est opérationnelle dans le pancréas endocrine artificiel installé à l’hôpital.

L’emploi d’un pancréas endocrine artificiel ainsi complété sera illimité, tant du point de vue médical, pour prévenir les complications du diabète, que du point de vue du confort du malade, libéré des piqûres nécessitées par le traitement insulinique conventionnel.