Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé Dominique Lamy, membre associé

(Ont pris part à la discussion : MM les Prs L. Hue et Ch. Delloye).

ASSUÉTUDES : RÉDUCTION DES RISQUES OU TRAITEMENT DE SUBSTITUTION, LES PORTES D’ENTRÉE DE L’ACCOMPAGNEMENT

par Dominique LAMY (UCL), membre associé.                  

L’entrée en toxicomanie n’est pas une affaire simple et anodine, tant le problème est pluriel, global et finalement humain. La première rencontre avec le produit est peut-être accidentelle, opportune mais survient en contexte particulier. Le Pr Olivenstein a, dans les années 70, modélisé cette rencontre sous la forme d’un triangle dont les pointes représentent l’individu, le produit et le contexte, les trois étant nécessaires pour créer la dépendance. Nous ne sommes pas tous égaux devant les produits. Et pourtant, l’être humain est formaté pour la dépendance. Tabac, alcool, drogues, jeu, internet, médicaments psychotropes,... la liste est longue des molécules et situations agissant directement ou non sur nos récepteurs cérébraux. Le circuit de la récompense est au centre des mécanismes neurobiologiques du modèle cérébral de l’addiction.

L’entrée en demande d’aide et de soins n’est pas plus aisée. La personne dépendante peut se présenter chez un intervenant de première ligne, soit seul, soit accompagné, soit envoyé, voire poussé par une injonction judiciaire. Il faut savoir saisir la balle au bond, accepter l’inconnu, le risque pour réduire les risques d’infections ou d’overdose.

Les portes d’entrée de l’accompagnement, en Belgique, sont multiples et libres. De nombreux acteurs de première ligne défendent la nécessité du maintien de ces portes, accessibles, décentralisées et réparties sur tout le territoire, celles de la médecine générale. A côté d’elles se trouvent d’autres entrées de première ligne : des centres ambulatoires, d’orientation, de traitement bas-seuil, de traitement de substitution, d’échanges de seringues, et de seconde ligne : des services résidentiels et des services hospitaliers, sans oublier la « case prison ». Les circuits de soins sont propres à chaque usager et nécessiteront d’aiguiser la communication interdisciplinaire pour améliorer l’aide, seul moyen de construire ou de reconstruire une vie, chacun à son rythme.