Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Alim Louis Benabid

 

(Ont pris part à la discussion : Mme le Pr Y. Bleyenheuft, MM. les Prs A. Dresse et J. Brotchi).

STIMULATION CÉRÉBRALE PROFONDE DANS LE TRAITEMENT DE LA MALADIE DE PARKINSON

par Alim Louis BENABID (CHU-Grenoble), membre étranger.

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative caractérisée au plan biologique par une diminution du taux de dopamine au niveau du striatum et cliniquement par une altération multi-symptomatique de la motricité, conduisant progressivement à un handicap sévère. Le traitement est principalement substitutif par administration de la levodopa, précurseur de la dopamine, qui , elle, va se fixer sur les récepteurs dopaminergiques du striatum.

L’efficacité de ce traitement est remarquable, mais après plusieurs années, l’altération du fonctionnement de ces récepteurs, est responsable de mouvements anormaux incontrôlables aussi handicapants que la maladie elle-même.

Dans ces cas de formes sévères, il est nécessaire de trouver des alternatives thérapeutiques (greffes neuronales, délivrance localisée d'agonistes dopaminergiques, thérapie génique,…), pour beaucoup encore expérimentales ou insuffisamment efficaces. Dans cette perspective, et dans un contexte de Sérendipité, nous avons découvert les effets paradoxaux de la stimulation électrique à haute fréquence (SHF) qui mime les effets de la destruction des cibles où elle est appliquée, mais cet effet inhibiteur paradoxal est complètement réversible, ce qui assure une très faible morbidité de la méthode.

Appliquée dans différentes cibles des noyaux gris centraux, elle est devenue la méthode chirurgicale de référence dans le traitement de la maladie de Parkinson.

Elle s'avère de surcroît être un outil remarquable pour explorer de nouvelles cibles dans d'autres maladies et les applications actuelles de la SHF débordent la maladie de Parkinson, concernent l'épilepsie, les algies vasculaires de la face, les dystonies,. Elle a surtout permis de réouvrir le champ de la psycho chirurgie avec des résultats remarquables dans les troubles obsessifs compulsifs, les dépressions sévères rebelles, les troubles de l'alimentation (anorexie, obésité). Les mécanismes d'action sont encore incomplètement déchiffrés, et il semble que les effets, dans les maladies maintenant explorées, restent symptomatiques et n'altèrent pas l'évolution des maladies, notamment de la maladie de Parkinson. Dans la perspective d'une approche qui soit plus que symptomatique mais surtout neuroprotectrice, sans dire curative, nous avons cherché des méthodes différentes capables d'antagoniser les effets de la dégénérescence neuronale au niveau des mitochondries des cellules dopaminergiques.

Nos travaux récents étudient les effets de l'irradiation intracérébrale dans le proche infrarouge, qui interfère avec les photos-accepteurs mitochondriaux  tels que la cytochrome C oxydase.

Nos résultats expérimentaux chez la souris, le rat, et le singe sont très significatifs, et nous ont conduits à développer un prototype implantable et à envisager rapidement les essais cliniques, chez des malades parkinsoniens au début de la maladie, afin de ralentir, voire d'arrêter, le processus dégénératif à des stades très précoces.