Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de André Goffinet

 

(A pris part à la discussion : M. le Pr P. Maquet).

L’ÉVOLUTION DU CORTEX CÉRÉBRAL CHEZ LES AMNIOTES

par André GOFFINET (UCL), invité.     

Le cortex cérébral apparaît au cours de l’évolution chez les amniotes souches voici environ 300-320 millions d’années (Ma). Ces amniotes souches ont divergé rapidement en deux grandes branches appelées “synapsides”, qui ont donné naissance aux pré-mammifères puis aux mammifères, et “sauropsides”, actuellement représentés par les reptiles et les oiseaux.

En comparant l’anatomie et surtout le développement embryonnaire du télencéphale chez diverses espèces de mammifères, de reptiles et d’oiseaux, on constate que cette grande division des amniotes se retrouve aussi dans l’organisation du développent du télencéphale. De nombreux points sont communs aux lignages synapsides et sauropsides. C’est le cas de l’induction de la plaque neurale et de la fermeture du tube neural, de l’organisation du neuro-épithélium et des progéniteurs apicaux, ou encore de l’apparition des grandes divisions du téléncephale. Ces propriétés communes sont aussi largement présentes chez les amphibiens et définissent donc des homologies.

En revanche, certaines caractéristiques du cortex des mammifères ne sont jamais présentes chez les reptiles ou oiseaux. Il s’agit en particulier de la capacité du cortex à former des gyri. Alors que la présence d’un cortex plissé est observée chez des représentants de tous les lignages de mammifères, y compris les marsupiaux, et même chez les monotrèmes, le cortex de tous les reptiles et oiseaux, y compris ceux de grande taille, est toujours lisse. Il existe donc un ou des mécanismes génétiques propres aux synapsides, et jamais acquis chez les sauropsides.

L’identification et la compréhension de ces différences serait un progrès considérable dans nos connaissances de l’évolution cérébrale. Contrairement à la situation qui prévalait voici dix ou vingt ans, les progrès spectaculaires des technologies de génomique permettront probablement de résoudre ces questions dans un futur proche.