Académie royale de Médecine de Belgique

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28 oct. 2015 Théophile Godfraind. De l’hominisation à l’humanisation du vivant

 

 

Mercredi 28/10/2015 – 18h00


Hominisation et humanisation et ne sont pas synonymes.
L'hominisation est relative à homo sapiens. Ce terme fut utilisé pour la première fois par Pierre Teilhard de Chardin en 1923 dans un texte à faible diffusion, la première formulation publiée a été celle d'Edouard Le Roy dans l'ouvrage intitulé Les origines humaines et le développement de l'intelligence rapportant son cours du Collège de France entre 1927 et 1928. L'hominisation peut être définie comme l'ensemble des modifications qui ont amené l'évolution des espèces vivantes vers un être qui présente des attributs morphologiques et psychologiques qui le caractérisent et l'individualisent. Cet être de la classe des mammifères est Homo sapiens, apparu à la fin de l'arbre évolutif des hominidés. Pour le biologiste, Homo sapiens s'inscrit dans un processus évolutif commun à tous les êtres vivant sur notre planète.
L’humanisation de la nature fut une thèse marxiste, forgée par Karl Marx lui-même ainsi que la rapporte Hans Jonas  dans son ouvrage "Le principe responsabilité". Karl Marx considérait que le travail de l'homme est une activité transformatrice de la nature, menant à l'aliénation à laquelle l'humanité la soumettait prenant pour exemple la culture du sol. La définition actuelle considère que l’humanisation est l’action de modifier un environnement en vue du bien-être de l’homme.  Dans le domaine de la recherche biomédicale, l’humanisation consiste à introduire du matériel humain dans un être vivant. Si ce matériel est de nature génétique et qu'il s'exprime chez son récepteur, il peut en résulter un changement des caractéristiques morphologiques et/ou fonctionnelles de ce dernier qui devient de la sorte un être original qui n’existait pas jusqu'alors dans la nature. La science biomédicale ouvre par cette réalisation des perspectives nouvelles à l’humanité.
L'hominisation et le développement récent de l'humanisation des êtres vivants font l'objet de cette leçon. Selon Darwin au cours successif des âges, de lentes et progressives transformations nous échappent jusqu’à ce que la main du temps les ait marquées de son empreinte. Ces transformations nous amènent à notre présent. C'est leur connaissance, c'est à dire le savoir sur l'évolution du vivant qui peut nous aider à comprendre la vie qui nous entoure. C'est pourquoi j'examinerai le décours de l'hominisation afin de tenter d'éclairer les conséquences de l'humanisation du vivant. L'objet de ce cours peut se comprendre comme l'histoire commune des humains au regard de l'évolution darwinienne. Cette histoire a commencé il y a 9 à 10 millions d'années quand la lignée menant aux humains s'est séparée de la lignée menant aux grands singes. J'ai choisi d'en aborder quelques étapes qui m'ont paru essentielles.
L'exposé porte sur des périodes qui permettent l'analyse de l'évolution biologique ainsi que celle de l'évolution culturelle, sont envisagés:
L’évolution des espèces et les fossiles
L’hominisation et la colonisation du monde
La révolution intellectuelle du néolithique
La révolution génétique du 20ième siècle
L’ingénierie génétique et les médicaments
Le futur de l’humanisation du vivant et celui de la transhumanisation

Participation gratuite mais inscription obligatoire sur le site de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique