Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion du rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire reçu pour participer au concours pour les prix anonymes, dits "de l'épilepsie" 1937-1940.

M. P. Govaerts, Rapporteur.

            La Commission était composée de MM. J. Bordet, L. Plumier et P. Govaerts, Rapporteur.

            Un seul mémoire a été présenté. Il est intitulé : L’épilepsie essentielle, sa pathogénie et son traitement par l’hyperallergisation transcutanée bacillaire (H.T.B.).

            L’auteur déclare que, depuis dix ans, il a défendu dans une série ininterrompue de travaux les thèses suivantes :

            1°) L’équilibre fonctionnel de nos humeurs, tissus et organes, est intimement en rapport avec leur équilibre biologique. Cet équilibre est assuré d’une part, par les facteurs vitaux essentiels du milieu extérieur (O, aliments, ondes ou radiations physiques), d’autre part, par un double appareil de régulation, psychique et somatique, à influence réciproque.

            2°) L’hyperallerginothérapie transcutanée bacillaire (H.T.B.), en régularisant et dynamisant nos appareils de régulation biologique, est la méthode de traitement de choix des états dyscrasiques purs, organisés et amorcés par une épine organique.

            L’énoncé de ces thèses indique clairement le caractère du mémoire qui nous a été soumis. L’auteur n’expose à aucun moment l’enchaînement des idées qui l’ont conduit à appliquer aux épileptiques le traitement qu’il préconise. Il ne se base ni sur une augmentation logique, ni sur des recherches expérimentales. Il se contente de formuler une série de propositions dont certaines sont des pétitions de principes, d’autres des manifestations de pur verbalisme.

            Il en est ainsi par exemple lorsque l’auteur écrit :

            «  Nous avons établi que les troubles dyscrasiques primaires, constitutionnels ou diathésiques, relèvent d’une perturbation d’ordre bio-physico-chimique, mais à des degrés différents, de nos appareils de régulation biologique et particulièrement de l’appareil somatique réflexe (centres végétatifs hypothalamiques, systèmes vago-sympathique et endocrinien). »

            De même, les raisons de l’efficacité du traitement sont expliquées comme suit :

            « Dès 1930, nous avons fait connaître que l’H.T.B., non seulement exerce sur notre organisme une action allergique spécifique et hétéro-allergique focale électrique, mais de plus et surtout, par son action para-allergique, elle stimule et coordonne d’une manière particulièrement efficace nos appareils somatiques de régulation biologique. Cette action porte d’une façon élective et tout à fait marquante sur la glande hypophysaire et la réflectivité conditionnelle cérébrale. »

            A maintes reprises, des cliniciens ont eu l’impression qu’il était possible d’influencer la fréquence des manifestations épileptiques à l’aide de méthodes empiriques basées sur l’introduction dans l’organisme de protéines étrangères ou de produits d’origine microbienne. Le mémoire qui nous est soumis n’ajoute rien à ces constatations dépourvues d’une base logique ou expérimentale.

            Dans ces conditions, notre Commission n’estime pas que l’Académie puisse attribuer un prix à ce mémoire ni accepter de le publier.

            Ces conclusions sont adoptées.

            Séance du 31 mai 1941.