Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de M. E. Renaux sur le mémoire manuscrit présenté par Mme Quersin-Thiry et M. Daniel Dekegel sour le titre : "Recherche des anticorps antipoliomyélitiques chez les sujets normaux en Belgique"

La Commission était composée de MM. R. Bruynoghe et E. Renaux, rapporteur.

            Le but des auteurs est, avant tout, de rechercher chez des personnes saines, n’ayant jamais présenté de symptômes de poliomyélite, l’existence d’une immunité plus ou moins développée à l’égard des virus I, II, et III ou de l’un d’eux.

            On comprend l’importance d’une telle expérience au moment où dans certains pays, les Etats-Unis par exemple, on poursuit des essais d’immunisation par vaccination.

            Les auteurs exposent la méthode de culture sur tissus qu’ils ont utilisée suivant une technique déjà éprouvée à l’étranger.

            Les essais ont porté sur 91 cas répartis par groupes d’âge. Quatre-vingt-deux sujets ont été reconnus immunisés plus ou moins sérieusement contre un ou plusieurs types de virus.

            Notons au passage que les auteurs semblent admettre que, lorsque les sujets ne sont pas porteurs d’anticorps, cela signifie qu’ils n’ont pas été en contact avec le virus poliomyélitique, ce qui ne nous paraît nullement certain. On ne peut affirmer, en effet, que le contact avec le virus doit nécessairement, s’il ne détermine pas la maladie, provoquer la formation d’anticorps.

            Comparant les courbes qu’ils ont établies avec celles publiées dans d’autres pays, ils montrent les différences et les analogies des graphiques, ce qui les incite à se poser la question de savoir si ceux-ci sont influencés par les conditions de vie plus ou moins favorables des populations étudiées.

            A ce propos, peut-être la comparaison des graphiques eût-elle été plus commode si les auteurs les avaient présentés chacun isolément. La lecture de la figure 2 est, en effet, assez laborieuse.

            Les auteurs pensent que, au cours de la vie, le titre d’anticorps s’élève dans une certaine mesure, ce qui indiquerait que l’immunité se renforce par suite des contacts répétés avec le virus.

            En effet, le pourcentage des sujets dont le titre d’anticorps est important est plus grand chez les adultes que chez les enfants quoique l’on puisse trouver parfois des titres élevés chez de jeunes enfants. Mais une interprétation valable ne peut être donnée en raison du nombre de cas trop faible.

            Mme Quersin et M. De Kegel apportent une contribution fort intéressante à l’étude d’un problème dont la connaissance peut suggérer des mesures susceptibles de favoriser la lutte contre la poliomyélite.

            Certes (et ils le signalent eux-mêmes) le nombre de cas soumis à leurs examens n’est pas suffisant pour que des conclusions formelles puissent être tirées de leur travail. Pourtant, il constitue un appoint fort appréciable à l’ensemble des travaux élaborés dans divers pays sur cette redoutable maladie.

            La Commission propose de remercier les auteurs, d’insérer leur travail dans le Bulletin de la Compagnie et de les engager à poursuivre leur enquête.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 17 juillet 1954.